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Normal ? Loup Bureau accueilli comme un otage à son arrivée en France

Publié par wikistrike.com sur 17 Septembre 2017, 08:55am

Catégories : #Culture - médias - Livres - expos - rencontres

Normal ? Loup Bureau accueilli comme un otage à son arrivée en France

Le journaliste français -et étudiant de l'IHECS- Loup Bureau, détenu durant plus de 50 jours dans une prison turque avant d'être expulsé, est arrivé dimanche matin à Paris, a annoncé l'organisation Reporters sans frontières.

 

"L'avion Air France en provenance d'Istanbul avec le reporter à son bord a atterri à Roissy", l'aéroport parisien Charles-de-Gaulle, a tweeté Christophe Deloire, secrétaire général de Reporters sans frontières (RSF).

L'avion s'est posé à 06H45 GMT. Loup Bureau a été transporté du tarmac au pavillon d'honneur en minibus. Sa famille, ses amis et la ministre de la Culture Françoise Nyssen sont sortis pour l'accueillir. Cette arrivée a donné lieu à des scènes d'accolades et d'embrassades, selon une journaliste de l'AFP sur place.

A Istanbul, "les autorités aéroportuaires turques ont fait embarquer Loup Bureau directement sur le tarmac, pour éviter tout contact avec les médias", a précisé le responsable de RSF.

Le reporter indépendant de 27 ans, accusé par Ankara d'appartenance à "une organisation terroriste armée", est sous le coup d'une mesure d'expulsion.

Loup Bureau, dont la libération a été annoncée vendredi, est resté détenu 51 jours à Sirnak, ville du sud-est de la Turquie. Cette libération, intervenue dans la foulée d'une visite du chef de la diplomatie Jean-Yves Le Drian à Ankara, est "un grand soulagement", s'était "réjoui" le président Emmanuel Macron. Interrogé sur une éventuelle contrepartie à cette libération, l'avocat du journaliste, Martin Pradel, avait déclaré: "Je n'ai aucune raison de le penser". "Simplement faire comprendre aux autorités turques tout le tort qu'elles se faisaient en persistant à emprisonner un journaliste français (...) a pu être suffisant", avait-il dit.

Le journaliste avait été interpellé le 26 juillet à la frontière turco-irakienne, après la découverte en sa possession de photos le montrant en compagnie de combattants kurdes syriens des YPG (mouvement considéré comme une émanation du PKK et donc comme "terroriste" par Ankara). Ces images datent, selon sa défense, d'un reportage sur les conditions de vie des populations syriennes réalisé en 2013 et diffusé sur TV5 Monde.

Loup Bureau "a toujours au-dessus de lui un risque de condamnation, une condamnation extrêmement grave puisque cela voudrait dire que Loup est un terroriste", a rappelé l'avocat.

La Turquie occupe la 155e place sur 180 au classement 2017 de la liberté de la presse établi par Reporters sans frontières, une situation qui s'est particulièrement dégradée depuis le coup d'État raté de juillet 2016. Quelque 170 journalistes sont détenus dans le pays, selon le site spécialisé P24. Les journalistes turcs sont de loin les plus touchés, mais leurs confrères étrangers ne sont pas épargnés. En mai, Mathias Depardon, un photojournaliste français, était lui aussi arrêté dans le sud-est de la Turquie, soupçonné de "propagande terroriste" pour le compte du PKK pour avoir diffusé sur les réseaux sociaux des photos prises lors d'un reportage. Il avait été expulsé après un mois de détention et une importante mobilisation.

 

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