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Remaniement: Sans surprise, Castaner à l'Intérieur

Publié par wikistrike.com sur 16 Octobre 2018, 08:51am

Catégories : #Politique intérieure

15 jours de tractations pour ça

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Emmanuel Macron et Édouard Philippe ont décidé de ne pas reconduire Jacques Mézard (Cohésion des territoires), Stéphane Travert (Agriculture), Françoise Nyssen (Culture) et Delphine Gény-Stephann (secrétaire d'État à l'Économie).

 

Redessinée, l'équipe gouvernementale annoncée ce mardi voit quatre membres du gouvernement perdre leur portefeuille ministériel.

● Jacques Mézard quitte la Cohésion des Territoires

Après Gérard Collomb, c'est un historique de plus de la campagne qui s'en va. Jacques Mézard n'aura jamais trouvé sa place au sein du gouvernement. Très tôt, il étale en privé ses états d'âme. Le sénateur du Cantal, ex-président du groupe radical de gauche au Sénat, peine à travailler en bonne intelligence avec Matignon, qu'il trouve trop technocrate et déconnecté des réalités rurales. Il n'empêche: fidèle à Emmanuel Macron, il appliquera loyalement la politique de restriction budgétaire sur le logement et lancera l'opération «Cœur de villes» pour relancer les villes moyennes, grandes oubliées des politiques publiques.

Présent dans les réunions en petit comité à l'Élysée, il alerte le chef de l'État sur le malaise croissant dans les campagnes, et la coupure entre Paris et les territoires ruraux. «Vous finirez par nous jeter des cacahuètes à travers les grillages dans nos territoires», maugréait-il dans les cénacles de l'exécutif. À 71 ans, «il ne s'est pas battu pour rester», résume un proche, malgré plusieurs entretiens téléphoniques et un tête-à-tête avec le président le week-end dernier.

● Stéphane Travert quitte l'Agriculture

Lui aussi fait partie des soutiens de la première heure. Rapporteur thématique du projet de loi Croissance du ministre de l'Économie Emmanuel Macron, en 2015, ce socialiste, tendance «frondeur», s'est rapidement rapproché du futur candidat d'En marche!. Il a toutefois dû attendre la constitution du gouvernement «Philippe II» pour devenir ministre, à la faveur du jeu de chaises musicales déclenché par le départ de Richard Ferrand, en juin 2017, et le transfert de Jacques Mézard vers la Cohésion des territoires.

Le Normand est alors nommé à l'Agriculture, dont il n'est pas un expert. À son actif, il a notamment porté les États généraux de l'Alimentation (Egalim), qui a débouché sur la loi Alimentation. Au quotidien, ses rapports avec Nicolas Hulot ont été houleux depuis le début du quinquennat. Se définissant souvent comme l'élu de la «circonscription la plus nucléarisée de France» (elle héberge les centrales nucléaires de Flamanville et le futur EPR), il a souvent été égratigné par ses détracteurs pour son peu d'appétence pour la transition écologique.

● Françoise Nyssen quitte la Culture

La fin du calvaire. Alors que le départ de Françoise Nyssen fut maintes fois annoncé par les commentateurs, Emmanuel Macron l'avait maintenue à son poste jusqu'à présent. Nommée au début du quinquennat, l'éditrice s'est rapidement attiré de solides critiques à cause de son manque de sens politique, sa réticence à communiquer et ses lacunes en matière d'audiovisuel et d'industrie du cinéma. Affaiblie par de nombreux scandales liés à des aménagements immobiliers de son ex-maison d'édition Actes Sud (à Arles et dans l'antenne parisienne de l'entreprise), la ministre avait en outre vu son périmètre d'action réduit par un décret l'obligeant à se déporter sur les dossiers liés à l'édition.

Pour l'épauler au quotidien, Emmanuel Macron avait multiplié le recours à des personnalités extérieures connues pour s'occuper de secteurs particuliers, comme Erik Orsenna pour les bibliothèques, la romancière Leïla Slimani pour la Francophonie, ou l'animateur Stéphane Bern pour le patrimoine. Le premier ministre Édouard Philippe militait depuis plusieurs mois pour son départ.

● Delphine Gény-Stephann quitte Bercy

Elle n'est pas parvenue à s'imposer. Inconnue du grand public avant sa nomination au poste de secrétaire d'État auprès de Bruno Le Maire (Économie et des Finances), il y a moins d'un an, Delphine Gény-Stephann n'a pas su gagner en notoriété depuis son entrée au gouvernement. Diplômée de Polytechnique et des Ponts et chaussées, cette ingénieur est passée par différents conseils d'administration avant de rejoindre Saint-Gobin et Thales.

C'est à ce moment-là qu'elle s'est rapprochée d'Édouard Philippe et de son entourage. Cette proximité a d'ailleurs poussé le premier ministre à appeler lui-même la secrétaire d'État, en début de semaine dernière, pour la prévenir qu'elle risquait de quitter le gouvernement. Aussi discrète que précieuse à Bercy, Delphine Gény-Stephann a largement contribué aux travaux sur la loi Pacte, adoptée à l'Assemblée la semaine dernière. Mais elle n'a occupé le devant de la scène médiatique qu'à une seule occasion: lorsque L'Obs a révélé qu'elle était la ministre la plus riche du gouvernement, avec plus de 16 millions d'euros de patrimoine.

 

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