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Pétain de m... revoilà Macron

Publié par wikistrike.com sur 8 Novembre 2018, 08:24am

Catégories : #Politique intérieure

Pétain de m... revoilà Macron
Pétain de m... revoilà Macron

L'hommage au général de la Première guerre devenu visage de la collaboration sous la Seconde était pourtant une "mauvaise polémique" courue d'avance.

POLITIQUE - C'était une polémique courue d'avance. En défendant ce mercredi 7 novembre l'hommage militaire qui va être rendu à huit maréchaux, dont Philippe PétainEmmanuel Macron a provoqué une pluie de commentaires indignés dans l'opposition qui lui reproche de participer à la réhabilitation du chef de l'Etat français, frappé d'indignité nationale en 1945.

"Le Maréchal Pétain a été pendant la Première Guerre mondiale un grand soldat" même s'il a ensuite "conduit des choix funestes" pendant la Seconde, a rappelé le président de la République devant la presse alors qu'on l'interrogeait sur la cérémonie d'hommage aux Maréchaux programmée ce samedi aux Invalides. S'il ne participera pas lui-même à cet événement annuel, Emmanuel Macron y sera représenté par son chef d'Etat major particulier. "La vie politique comme l'humaine nature sont parfois plus complexes que ce qu'on voudrait croire", a-t-il ajouté, revendiquant avoir "toujours regardé l'histoire de notre pays en face".

Mais aux yeux des détracteurs du chef de l'Etat, les états de services militaires de Philippe Pétain en 14-18 n'excusent pas ses actions ultérieures. Désigné comme le premier complice de la déportation des Juifs en France pendant la Seconde guerre mondiale, Philippe Pétain avait obtenu son bâton de Maréchal au terme de la Grande Guerre en s'imposant comme un des principaux artisans militaires de la victoire. C'est auréolé de son statut de commandant en chef des forces françaises qu'il est appelé à prendre le pouvoir en 1940 pour signer l'armistice avec l'Allemagne nazie, avant de s'enfermer dans une politique de collaboration antisémite.

"L'indignité nationale" imprescriptible de Pétain

Un itinéraire sanctionné par une peine "d'indignité nationale" à la fin de la guerre et qui justifie aujourd'hui le refus de certains historiens et responsables politiques que tout hommage ne lui soit rendu, y compris dans le cadre du centenaire de la Première guerre mondiale.

Le président du Conseil représentatif des institutions juives (Crif) Francis Kalifat s'est notamment dit choqué par les propos du président de la République, estimant qu'il ne voulait retenir de Pétain qu'une seule chose: "C'est qu'en 1945 il a été frappé d'indignité nationale ce qui le rend inéligible à un quelconque hommage". "La dégradation nationale fait partie des peines afflictives et infamantes qui entraîne notamment la perte de certains droits dont la perte du rang dans les forces armées", souligne encore le Crif.

Dans la classe politique, les critiques sont encore plus lapidaires. "Pétain est un traître et un antisémite. Ses crimes et sa trahison sont imprescriptibles", a dénoncé dans un tweet le chef de file de la France insoumise Jean-Luc Mélenchon. "En 1945, la République a frappé Pétain 'd'indignité nationale'. Il est impensable que celui qui est garant des institutions ne respecte pas cette sentence et entreprenne de le réhabiliter", a renchéri Ian Brossat, le chef de file du Parti communiste aux élections européennes.

 

 

 

Cet angle d'attaque réconcilie autant le Parti socialiste que Les Patriotes de Florian Philippot pour qui tout honneur réhabilitant Pétain est "une impossibilité morale et historique". "Pétain ne peut pas avoir été accusé de haute trahison, condamné à l'indignité nationale et à mort en 1945 et 'en même temps' bénéficier d'un hommage national en 2018", tranche le député PS Boris Vallaud. "Honorer Simone Veil au Panthéon ET EN MÊME TEMPS le traître antisémite Pétain aux Invalides. Rien ne justifie une telle honte", a encore attaqué l'ancien candidat à la présidentielle Benoît Hamon.

 

 

 

Quand De Gaulle rendait hommage à Pétain

 

Avant même les commémorations de la fin de la Première guerre mondiale, l'entourage du chef de l'Etat avait identifié le piège mémoriel posé notamment par la personne de Philippe Pétain. "La mémoire ce n'est pas tout à fait l'histoire. Il n'y a pas un président de la Ve République qui n'a pas su éviter, contourner les problèmes posés par cette mémoire particulière", avait expliqué un conseiller pour justifier l'absence d'Emmanuel Macron lors de la cérémonie militaire de ce samedi.

Sentant monter une "mauvaise polémique" selon les termes du porte-parole du gouvernement Benjamin Griveaux, l'Elysée a rapidement tenté de déminer la dispute ce mercredi en diffusant une vidéo des propos d'Emmanuel Macron, insistant sur le fait que le président n'avait pas occulté la dimension obscure de la seconde carrière du Maréchal Pétain.