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Remous en haut de l'état: Benalla, Israël, et le passeport diplomatique

Publié par wikistrike.com sur 28 Décembre 2018, 10:25am

Remous en haut de l'état: Benalla, Israël, et le passeport diplomatique

Alors que l'Elysée précisait ces derniers jours qu'Alexandre Benalla n'était «pas un émissaire officiel ou officieux de la présidence de la République» après un voyage au Tchad, Mediapart révèle qu'il possèderait un passeport diplomatique.

Nouveau rebondissement dans l'affaire Benalla qui semble de plus en plus se transformer en «affaire d'Etat», comme l'écrit Mediapart, qui révèle ce 27 décembre qu'Alexandre Benalla voyagerait depuis plusieurs mois avec un passeport diplomatique. Ce dernier porterait la référence 17CD09254 et aurait été délivré le 24 mai 2018, soit près de trois semaines après des violences le 1er mai dont il est accusé, lui valant plusieurs mises en examen, une mise à pied de 15 jours en mai et un licenciement officiel en juillet. Selon le journal en ligne, il aurait utilisé ce passeport pour se rendre dans différents pays africains et en Israël ces derniers mois.

Néanmoins, dans un communiqué du 25 décembre, l'Elysée s'était étonné de voir Alexandre Benalla précéder Emmanuel Macron au Tchad au mois de décembre, précisant qu'«il n'[était] pas un émissaire officiel ou officieux de la présidence de la République».

Or, Mediapart précise que le passeport est valide jusqu’au 19 septembre 2022 et porte la certification usuelle : «Nous, ministre des affaires étrangères, requérons les autorités civiles et militaires de la République française et prions les autorités des pays amis et alliés de laisser passer librement le titulaire du présent passeport et de lui donner aide et protection.»

Contacté par Mediapart, un ancien membre des cabinets ministériels s'étonne d'ailleurs de la détention par Alexandre Benalla d'un passeport diplomatique, y compris pour un conseiller de l'Elysée : «Quand vous voyagez officiellement avec le président, vous n’avez même pas besoin de passeport diplomatique. On vérifie juste que vous êtes sur la liste de la délégation et vous échappez aux contrôles à l’arrivée.»

L’entourage d’Alexandre Benalla a assuré à LCI le 26 décembre qu'Alexandre Benalla avait fait des dizaines de déplacements en Afrique ces dernières semaines et avait rencontré plusieurs présidents africains.

Fin juillet, le Quai d'Orsay avait réclamé la restitution des passeports diplomatiques de Benalla

Selon la porte-parole du ministère des Affaires étrangères Agnès von der Mühll, le Quai d'Orsay avait réclamé la restitution des passeports diplomatiques d'Alexandre Benalla fin juillet. «Toute utilisation depuis lors de ces passeports aurait été faite en dépit des engagements pris par l'intéressé», a déclaré Agnès von der Mühll. «A la vue des informations de presse tendant à indiquer que M. Benalla aurait continué à utiliser ces documents, le ministère (...) examine les suites à donner, y compris judiciaires».

 

 

Les réactions fusent

 

Après que Mediapart a révélé qu'Alexandre Benalla continuait à voyager en Israël et dans plusieurs pays africains avec un passeport diplomatique, les critiques politiques se multiplient... et gagnent même les rangs de la majorité présidentielle.

C'est un fait assez rare pour être souligné : une députée La République en marche (LREM) a directement mis en cause l'Elysée ce 28 décembre, après la révélation la veille par le journal en ligne Mediapart de ce qui apparaît comme un nouveau rebondissement dans l'affaire Benalla, en l'occurrence la possession par l'ancien garde du corps d'Emmanuel Macron d'un passeport diplomatique.

La députée de la majorité Cendra Motin a en effet commenté cette nouvelle information en la qualifiant de «faute» et en dénonçant un «dysfonctionnement» des services de l'Élysée. «Il y a une faute des services de l'Élysée [...], il y a un dysfonctionnement grave», a-t-elle déclaré sur Franceinfo, car il n'est selon elle «pas normal que deux passeports diplomatiques ne soient pas trouvables». 

«Cette remise en question de l'Élysée, qui est en cours depuis plusieurs mois, est importante», a ajouté la députée de l'Isère. «Une action plus forte aurait été nécessaire», juge-t-elle, avant d'ajouter : «il faut renforcer la procédure.»

Un autre député LREM, Bruno Questel, s'est montré plus mesuré, tout en estimant qu'il fallait selon lui «une enquête administrative du ministère des Affaires étrangères». «Je crois que monsieur Benalla, qui n'a pas 30 ans, a touché la lumière ou le ciel [...]. Il a connu les sommets de l'État et je pense qu'il est en train de se brûler tout simplement», a-t-il ajouté.

Les Républicains demandent que la justice soit saisie

Dans le même temps, Gilles Platret, porte-parole des Républicains (LR), a demandé que la justice soit saisie des rebondissements de l'affaire Benalla qui sont, selon lui, «la continuation de l'opacité» dont Emmanuel Macron aurait «entouré certaines pratiques». «Il y a des faits qui peuvent être assimilés à des faits délictueux, c'est pourquoi nous souhaitons que la justice s'en empare», a-t-il affirmé sur l'antenne de RTL.

«On ne peut pas avoir un pouvoir à l'Élysée qui cache des choses, qui organise des polices privées pour la protection du président de la République et qui aujourd'hui donne l'impression – je suis prudent dans mes affirmations – qu'il n'a pas coupé les liens avec quelqu'un qui a travaillé pour lui dans la proximité et qui, comme par hasard, se retrouve sur les chemins du président de la République quelques jours avant qu'il n'y viennent lui-même», a conclu l'élu LR.

On ne peut pas avoir un pouvoir à l'Élysée qui cache des choses

Du côté du Parti socialiste (PS), on déplore la possibilité que l'affaire Benalla ne devienne  «danger pour la République». Sur Europe 1, le premier secrétaire du PS Olivier Faure a évoqué l'implication d'Alexandre Benalla «dans des affaires de ventes d'armes un peu partout dans le monde», s'inquiétant de voir que «le pouvoir a cherché à relativiser l'importance de l'affaire». «C'est profondément inquiétant, soit sur l'amateurisme de cette présidence, soit sur le double langage qu'elle continue d'avoir», a-t-il ajouté.

Selon un article de Mediapart publié le 27 décembre, Alexandre Benalla continuerait de voyager avec un passeport diplomatique renouvelé le 24 mai, après sa mise à pied liée aux violences du 1er mai. Ce passeport a été «utilisé ces dernières semaines pour entrer dans différents pays africains ainsi qu'en Israël», selon le média en ligne qui cite «des sources sécuritaires».

Contacté par Mediapart, un ancien membre des cabinets ministériels s'étonnait de la détention par Alexandre Benalla d'un passeport diplomatique, jugée exceptionnelle, y compris pour un conseiller de l'Elysée : «Quand vous voyagez officiellement avec le président, vous n’avez même pas besoin de passeport diplomatique. On vérifie juste que vous êtes sur la liste de la délégation et vous échappez aux contrôles à l’arrivée.»

 

https://francais.rt.com/france/57290-affaire-benalla-deputee-lrem-denonce-faute-elysee-lr-justice-saisie

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