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Les permis d’exploration minière menacent désormais 3000 km2 de forêt guyanaise

Publié par wikistrike.com sur 20 Février 2019, 07:24am

Catégories : #Ecologie - conso - biodiversité - énergie

Les permis d’exploration minière menacent désormais 3000 km2 de forêt guyanaise

Iamgold, Goldinvest, Sudmine, projet de la Montagne d’or... Depuis 2017, le gouvernement français ne cesse d’accorder de nouveaux permis d’exploration à des sociétés minières en Guyane. Au point que 300 000 hectares de forêts tropicales y sont désormais menacés de destruction, soit l’équivalent d’un département comme le Rhône. Une politique non seulement contraire aux engagements de la France, mais aussi combattue par les populations locales et par les ONG. « Il ne sert à rien de faire de nouvelles mines d’or, alerte pourtant un ingénieur. C’est une pure logique d’enrichissement des entreprises qui obtiennent ces concessions. »

Une partie de la Guyane va-t-elle se transformer en gruyère, au gré des forages et de l’implantation de sites d’extraction minière ? Depuis son arrivée au pouvoir, le gouvernement ne cesse d’accorder des permis d’exploration minière en Guyane. Dès le 27 juillet 2017, il autorise la société minière canadienne Iamgold à y rechercher de l’or, de l’argent, du cuivre ou du zinc. Le 17 novembre de la même année, c’est cette fois la société Goldinvest, filiale d’un groupe immobilier, qui se voit attribuer un permis similaire.

Depuis, la liste s’est encore allongée : le 8 août 2018, Iamgold obtient un autre permis exclusif pour la recherche d’or. Puis le 11 septembre, le ministre de l’Économie et des finances attribue le « permis de Kourou » à la société Sudmine, une petite holding basée dans le Loiret [1]. Il s’agit d’un permis de recherche concernant plusieurs métaux : le tantale (un minerai utilisé dans l’électronique), le niobium (un métal rare présent dans de nombreux alliages), le lithium (pour les batteries), le béryllium (pour l’industrie nucléaire), l’étain, le tungstène, le titane et l’or.

Un territoire grand comme le département du Rhône livré à l’exploration minière

L’attribution du permis à Sudmine « nous fait dépasser, en "Amazonie Française" la surface record de 300 000 hectares de forêts tropicales humides sous cloche du lobby minier industriel », s’insurgent les collectifs Or de question et Sauvons la forêt, mobilisés en particulier contre le projet d’une mine d’or gigantesque en Guyane : la Montagne d’or (lire notre article qui lui est consacré). 300 000 hectares, c’est l’équivalent du département du Rhône qui pourrait ainsi être ravagé par l’extraction minière. Les deux collectifs décident alors de remette à Emmanuel Macron - qui a été désigné « champion de la terre » par le programme des Nations-Unies pour l’environnement - le titre de « champion du cynisme décomplexé ! »En octobre 2018, Total décroche un nouveau Graal : une autorisation d’ouverture de travaux miniers pour la réalisation de cinq forages d’exploration pétrolière au large des côtes guyanaises.

« Ce projet est en totale contradiction avec l’Accord de Paris, la loi Hulot pour la sortie des hydrocarbures et les prescriptions du groupe d’experts pour le climat (GIEC) qui nous enjoint à maintenir les énergies fossiles dans le sol pour éviter l’emballement du réchauffement climatique », s’indigne le collectif Stop pétrole offshore Guyane [2]. Ce permis minier fait d’autant plus débat que l’enquête publique réalisée pendant l’été a recueilli 99,86 % d’avis défavorables [3] ! Total pourrait déposer une demande de permis d’exploitation d’ici le 1er juin 2019.

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