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Big data, multiplication des antennes et des ondes : bienvenue dans le monde merveilleux de la 5G

Publié par wikistrike.com sur 11 Avril 2019, 10:33am

Catégories : #Science - technologie - web - recherche

Big data, multiplication des antennes et des ondes : bienvenue dans le monde merveilleux de la 5G

C’est un nouvel eldorado pour les opérateurs de téléphonie et la Commission européenne. Celle-ci y voit la promesse d’une forte croissance et de centaines de milliers d’emplois d’ici 2025. La 5G fait fantasmer, avec son débit ultra-rapide, la possibilité de développer des millions d’objets connectés « intelligents », et les milliards de données qu’elle permettra de collecter. Au delà de la mise en scène marketing, son utilité et ses retombées économiques réelles n’ont rien d’une évidence. Pour déployer le réseau, les antennes-relais devront être bien plus nombreuses, avec toutes les interrogations que suscitent les effets sanitaires d’une densification des ondes. Le collectif de journalistes Investigate Europe, partenaire de Basta !, a mené l’enquête.

Un véhicule blanc, futuriste, apparaît à l’écran. Madame Martin, cheveux longs et roux, T-shirt noir, tient le volant. Son mari est assis à sa droite et ses deux enfants sur le siège arrière. Une voix off indique : « Grâce à la 5G, la voiture est connectée en permanence à la maison des Martin. » À distance, la mère de famille « peut éteindre la lumière oubliée dans la chambre des enfants » et téléphoner à la grand-mère en vacances, sur un autre continent. Mme Martin peut même lâcher le volant, la voiture entièrement autonome évite les obstacles et les bouchons... Le véhicule futuriste se conduit tout seul.

Bienvenue dans le monde rêvé de la 5G. Rêvé parce qu’il n’existe pas encore, comme la famille Martin d’ailleurs, qui ne sont que les personnages animés d’un clip produit par Orange. Rêvé aussi parce que la 5G, la 5ème génération de standards pour la téléphonie mobile promise pour 2020, nourrit tous les fantasmes. Avec un temps de latence inférieur à une milliseconde, mille fois plus de données transmises, et un débit cent fois supérieur, cette technologie ouvre la voie du téléchargement éclair, des voitures autonomes, des villes intelligentes, des opérations chirurgicales à distance, des usines dirigées par des robots, connectées H24. La nouvelle génération promet aussi la démocratisation de « l’internet des objets », avec ses frigidaires qui indiquent les aliments périmés, ses poubelles informant les éboueurs qu’il faut les vider et l’éclairage public qui s’adapte à la position du soleil.

La compétition fait rage entre les géants de la téléphonie mobile

En 2025, 34 milliards de ces objets pourraient être en fonction : autant de données personnelles en provenance de nos bracelets, nos maisons, nos voitures ou nos hôpitaux connectés, transmises aux géants des télécommunications grâce au méga-débit de la 5G. Un monde digne d’un scénario de fiction – déjà esquissé par Alain Damasio dans son nouveau roman Les furtifs à paraître le 18 avril [1] – à la portée de ceux qui en auront les moyens. Les industriels des télécoms se frottent déjà les mains.

Tous entrevoient les gigantesques perspectives économiques qui s’ouvrent devant eux. Notamment ces millions de « téléphones 5G » qui vont s’écouler à travers le monde – les premiers sont attendus en 2019. Depuis plusieurs mois la compétition pour le marché de la 5G fait rage entre les géants de la téléphonie mobile. Ils multiplient les démonstrations publiques, plus spectaculaires les unes que les autres. En novembre 2018, l’hologramme du PDG de Vodaphone Allemagne a ainsi donné une interview dans un bus en marche. Telecom Italia a de son côté fait voler des drones livreurs de médicaments à Turin. En France, cet été, Bouygues Telecom a fait des démonstrations de pilotage à distance à Bordeaux, et Orange a diffusé des vidéos en réalité virtuelle à Marseille.

Guerre froide technologique entre les États-Unis, l’Union européenne et la Chine

La compétition est telle qu’elle a gagné le terrain diplomatique. Si l’on en croit le journaliste spécialisé du Monde, Charles de Laubier, elle serait même devenue « un enjeu géopolitique majeur ». Non seulement les États veulent défendre les intérêts économiques de leurs entreprises nationales, mais aussi éviter que leurs données sensibles qui transiteront via la 5G ne se retrouvent à l’étranger. Dans ce contexte, le constructeur chinois, Huawei, un des plus avancé sur la 5G, est devenu l’ennemi à abattre.

La montée en puissance de la firme de Pékin inquiète les États-Unis et l’Union européenne. En Pologne, un ingénieur du constructeur chinois soupçonné d’espionnage, a été arrêté le 13 janvier dernier. S’en est suivi une déclaration du ministre de l’Intérieur appelant l’UE à envisager l’exclusion de Huawei des marchés publics. L’Australie a déjà passé le pas, en l’évinçant de ses appels d’offres sur les réseaux 5G.

Le 29 janvier dernier, la France a elle aussi voulu couper les ailes au géant en déposant un « amendement Huawei » devant le Sénat, visant à soumettre à autorisation préalable l’exploitation des réseaux, notamment de 5ème génération. Le texte a été rejeté mais le gouvernement n’a pas dit son dernier mot. Le 20 février, le groupe LREM a déposé devant l’assemblée, une proposition sur la sécurité de la 5G, une loi que tous disent « taillée contre Huawei » [2]. Le texte est débattu au parlement à partir du 10 avril. Une escarmouche de plus dans la guerre froide technologique qui se livre depuis des mois.

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