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Incendie de Notre Dame: les travaux n'avaient même pas commencé, les protections à leur plus haut niveau. Les experts dubitatifs sur l'origine du sinistre

Publié par wikistrike.com sur 17 Avril 2019, 16:39pm

Catégories : #archéologie - Histoire - Préhistoire - Patrimoine, #Culture - médias - Livres - expos - rencontres

Incendie de Notre Dame: les travaux n'avaient même pas commencé, les protections à leur plus haut niveau. Les experts dubitatifs sur l'origine du sinistre

TÉMOIGNAGE. Alors que le ministre de la Culture Franck Riester affirmait ce matin que la structure de la cathédrale Notre-Dame de Paris était "sauvée", "rien n'est fini", selon l'ancien architecte en chef des Monuments historiques Benjamin Mouton, en charge de l'édifice religieux jusqu'en 2013.

 

Au lendemain d'un incendie qui a englouti une grande partie des toitures et l'intégralité de la flèche de la cathédrale Notre-Dame, les inquiétudes ne retombent pas. Ce matin sur Franceinter, le ministre de la Culture Franck Riester a affirmé que "la structure principale [était] sauvée" mais que des inquiétudes demeuraient du côté des architectes sur place, en lien avec les quantités d'eau déversées sur la structure pour venir à bout de l'incendie.

En tant qu'architecte en chef des Monuments historiques, Benjamin Mouton a été en charge de la cathédrale Notre-Dame de 2000 à 2013, pour laquelle il a piloté le lourd chantier de la détection incendie. Ce dernier n'a pas encore pu se rendre à l'intérieur de l'édifice, mais redoute déjà l'impact de l'incendie et de l'effondrement des charpentes sur la stabilité globale de l'édifice. 

 

Reprenant les propos de son successeur Philippe Villeneuve, avec qui il est en contact, Benjamin Mouton affirme auprès de Batiactu que ce dernier était "totalement incrédule" face à cet incendie qui aurait pu partir du chantier de rénovation, et que les soupçons pourraient se porter sur la "noue", où se croisent la nef et le transept de la cathédrale.

 

 

"Rien n'est fini, tout commence" 

 

"L'ensemble des charpentes effondrées, cela ne fera pas de bien aux voûtes, et cela crée un choc mécanique important", craint Benjamin Mouton. Et d'attirer notamment l'attention sur l'état des pierres qui composent la voûte, "calcinées" par l'incendie, et qui constituent la partie "la plus importante" de la structure.

 

 

"La protection incendie mise en place dans la cathédrale était à son plus haut niveau"

 

"Les pierres vont se transformer en chaux, et les jets d'eau lancés par les pompiers créent un deuxième choc thermique. L'incendie est peut-être terminé mais rien n'est fini, tout commence", confie-t-il, voix grave. 

 

Lors d'un point presse commun aux côtés de Franck Riester, le secrétaire d'Etat à l'Intérieur Laurent Nunez a confirmé des "points de vulnérabilité" constatés sur la voûte, en partie détruite par la chute de la flèche de 96 mètres de haut. Le pignon du transept nord et une partie du beffroi sud sont également surveillés de près. Des travaux d'urgence de sécurisation dureront 48 heures.

 

 

Un important dispositif de détection et protection des incendies 

 

"En 40 ans d'expérience, je n'ai jamais connu un incendie de la sorte", affirme celui qui estime que la protection incendie mise en place dans la cathédrale était à son plus haut niveau. 

 

"Lorsque je me suis occupé de la détection incendie, qui a été un dispositif très onéreux, il fallait très peu de minutes pour qu'un agent aille faire la levée de doute, nous avons fait remplacer de nombreuses portes en bois par des portes coupe-feu, nous avons limité tous les appareils électriques, qui étaient interdits dans les combles", affirme-t-il auprès de Batiactu.

 

"Il faut une vraie charge calorifique au départ pour lancer un tel sinistre. Le chêne est un bois particulièrement résistant." 

 

Le mystère sur les causes de l'incendie reste donc entier. Un expert du secteur de la construction, confie également son incompréhension auprès de Batiactu : "L'incendie n'a pas pu partir d'un court circuit, d'un simple incident ponctuel. Il faut une vraie charge calorifique au départ pour lancer un tel sinistre. Le chêne est un bois particulièrement résistant."

 

Source: Batiactu

L'entreprise spinalienne Aubriat a travaillé sur la charpente de Notre-Dame de Paris, l'an dernier. Le patron témoigne.

La charpente de Notre-Dame de Paris, une entreprise vosgienne a pu la découvrir et travailler dessus. La société spinalienne Aubriat a été chargée de traiter le bois, contre les insectes et les champignons l'an dernier.

Elle est intervenue pendant deux semaines dans les combles en février 2018. Pour le gérant, Edouard Aubriat, toutes les conditions de sécurité pour éviter un incendie étaient réunies :

"J'ai eu le privilège d'entrer dans cette charpente. On entend beaucoup depuis 24 heures que la sécurité n'était pas optimale, moi ce que j'ai pu constater, c'est une sécurité renforcée et très importante, plus importante que ce que je n'ai jamais vu. Quand j'entends dire que tout n'a pas été fait, moi à l'époque, j'ai constaté une sécurité plus qu'accrue."

Source: Magnum la radio

 

Les enquêteurs annoncent rester prudents sur la cause

 

 

Les enquêteurs chargés des investigations sur l'incendie apparemment accidentel qui a ravagé Notre-Dame restent prudents sur la cause précise du sinistre.

Pour l'heure, une trentaine de personnes ont été entendues par les policiers de la Brigade criminelle. Il s'agit notamment des ouvriers des quatre entreprises impliquées dans la restauration de l'édifice et présents sur le chantier lundi, avant que l'incendie ne démarre en début de soirée, et des personnels de sécurité de Notre-Dame intervenus ce soir-là.

La piste accidentelle privilégiée
Mardi, le procureur de la République de Paris Rémy Heitz a indiqué que la piste accidentelle était "privilégiée", assurant que "rien ne va dans le sens d'un acte volontaire".

Tous les scénarios restent envisageables à ce stade: court-circuit, "point chaud" provoqué par une soudure au chalumeau, etc. Pour assurer les travaux autour de la flèche, désormais disparue, un échafaudage électrifié avec ascenseurs et éclairage aux néons avait été installé autour du toit et de son immense charpente en bois de chêne, tous deux engloutis par les flammes.

Aucune constatation sur place n'a encore pu avoir lieu en raison des restrictions d'accès à la cathédrale décidées pour des raisons de sécurité, ont souligné des sources proches du dossier. Des vulnérabilités ont en effet été identifiées, notamment au niveau du pignon du transept nord, entraînant l'évacuation de cinq immeubles voisins.

Une première alerte à 18h20
Selon l'une de ces sources, une première alerte informatique a eu lieu vers 18h20 lundi grâce à un détecteur de fumée, entraînant l'évacuation de l'édifice où quelques fidèles assistaient à la messe tandis que les derniers visiteurs arpentaient l'édifice. Une personne de la sécurité se rendait alors dans les combles, mais ne constatait rien à l'endroit indiqué par son collègue chargé du contrôle. Environ un quart d'heure plus tard, l'employé découvrait les flammes après s'être rendu à un second endroit.

Une enquête a été ouverte lundi soir par le parquet de Paris pour "destruction involontaire par incendie". Le ministre de l'Intérieur, Christophe Castaner, a affirmé mardi que 50 enquêteurs étaient mobilisés.

 

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