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Sibeth Ndiaye : la nouvelle porte-parole du gouvernement est-elle saine d'esprit ?

Publié par wikistrike.com sur 1 Avril 2019, 13:26pm

Catégories : #Politique intérieure

Macron n'a-t-il plus que des fous et des folles comme ami(e)s ?

Macron n'a-t-il plus que des fous et des folles comme ami(e)s ?

Alors que le fameux SMS qui lui a été attribué sur la mort de Simone Veil - "Yes, la meuf est dead" - était déjà resté dans les mémoires, la nouvelle porte-parole du gouvernement, Sibeth Ndiaye, a réenclenché dès sa nomination les reproches sur son langage en se fendant sur Twitter d'un message bien léger au sujet de son "nouveau job".

Une place au gouvernement, est-ce vraiment un travail comme les autres ? A peine nommée porte-parole de l'exécutif dimanche, Sibeth Ndiaye, qui a pris ses fonctions ce lundi 1er avril, a fait vrombir les critiques avec le tweet inaugurant sa nouvelle fonction : "Vous informer et expliquer ce que fait le gouvernement pour votre quotidien : c’est mon nouveau job (merci Emmanuel Macron et Edouard Philippe pour leur confiance !), et ça commence tout de suite. Je vous dis à demain pour mon premier compte-rendu du conseil des ministres", a envoyé la nouvelle secrétaire d'Etat âgée de 39 ans. Décontraction un brin artificielle et usage d'un anglicisme guère valorisant pour sa position, le tout a produit une impression de désinvolture du plus mauvais effet.

"Ce n'est pas un 'nouveau job', c'est une responsabilité politique de premier plan, a tancé l'ancien préfet Gilles Clavreul. Ce qui vaut pour une entreprise ne vaut pas nécessairement pour l’Etat. La trivialisation de la parole de ses représentants affaiblit son autorité". Un constat appuyé à droite par le député LR Eric Ciotti : "Etre porte-parole du gouvernement n'est pas un simple job, c'est une mission au service de l'Etat".

Non @SibNdiaye, être porte-parole du Gouvernement n'est pas un simple job, c'est une mission au service de l'Etat. Visiblement on ne peut pas en espérer autant d'une femme qui assume mentir à la presse et qui pense que la grande #SimoneVeil est "une meuf" https://t.co/X2V6D48RAX
— Eric Ciotti (@ECiotti) April 1, 2019Mais également par des critiques, légitimes celles-ci, concernant les méthodes de l'ancienne conseillère en communication à l'Elysée. Pourtant dévolue à un rôle discret, Sibeth Ndiaye s'était alors fait remarquer à plusieurs reprises, et pas vraiment pour de bonnes raisons. D'après Le Canard enchaîné, en août 2017, après l'annonce du décès de Simone Veil, la communicante avait confirmé l'information auprès d'un journaliste en lui envoyant : "Yes, la meuf est dead" par SMS. Des mots déplacés qu'elle a toujours nié.

"DEAD", SIMONE VEIL ?

L'ex-conseillère presse de Claude Bartolone et d'Arnaud Montebourg (à Bercy, où elle a connu Emmanuel Macron quand celui-ci a pris les rênes du ministère de l'Economie) aurait pourtant dû prévoir qu'elle serait attendue au tournant du langage. La discrétion de son rôle de conseillère en communication à l'Elysée depuis l'élection d'Emmanuel Macron ne l'a pas empêchée de laisser cette phrase à la postérité : "Yes, la meuf est dead", envoyée d'après Le Canard enchaînéen août 2017 à des journalistes après l'annonce du décès de Simone Veil. Des mots évidemment peu appropriés, qu'elle a toujours niés.
Autre phrase qui n'a pas manqué de revenir comme un boomerang à la nouvelle porte-parole, confiée à L'Express en juillet 2017 : "J'assume parfaitement de mentir pour protéger le président". De quoi jeter un doute sur la valeur de sa parole future au nom du gouvernement… "Avec la menteuse professionnelle Sibeth Ndiaye comme porte-parole du gouvernement, la Macronie assume enfin qu'elle passe son temps à diffuser des fake news. Ça risque d'être compliqué de nous faire la morale maintenant", a ricané le sénateur RN Stéphane Ravier. "Avec les pratiques de ce gouvernement, elle semble effectivement être taillée pour le poste de porte-parole", a également raillé Ian Brossat, tête de liste PCF aux européennes.

 

 

 
Sibeth Ndiaye a d'ailleurs mis en pratique ce mantra il y a quelques mois, aux débuts de l'affaire Benalla. Avec Ismaël Emelien, la cheffe du service presse de l'Elysée est alors missionnée pour organiser la "riposte" de l'exécutif et distiller l'idée qu'Alexandre Benalla, sur la vidéo qui le voit asséner des coups à deux jeunes manifestants, réagissait en réalité à des violences. D'après une enquête du Monde, Emelien et Ndiaye décident de faire diffuser des vidéos par des comptes militants sur les réseaux sociaux ; le compte @frenchpolitic reçoit alors, par l'intermédiaire d'Ismaël Emelien, des images qu'Alexandre Benalla a lui-même obtenues via un fonctionnaire de la préfecture de police de Paris. Deux vidéos sont mises en ligne par @frenchpolitic le 19 juillet : or, si la première montre bien les deux jeunes manifestants lancer des projectiles sur les forces de l'ordre, la deuxième, qui voit un individu poursuivre un policier une chaise à la main, a été tournée à un autre moment et ne concerne pas le jeune homme molesté par Alexandre Benalla. Qu'importe, tout est bon pour défendre le président. Les deux vidéos sont mises en ligne, et le compte Twitter y ajoute la légende : "OK, même si ce n’était pas à #Alexandre Benalla de le faire, ne faisons pas passer cet étudiant pour un garçon bien sous tous rapports. C’était un individu violent qui était sciemment venu place de la Contrescarpe pour casser du flic." Sibeth Ndiaye, qui se trouve alors en compagnie d'Emmanuel Macron à Périgueux, conseille les journalistes présents sur place, rapporte Le Monde : "Va voir un compte qui s’appelle “French Politic”. Tu verras que Benalla n’est pas celui qu’on dit"…

Lors de son discours de passation de pouvoir avec Benjamin Griveaux ce lundi, Sibeth Ndiaye a prôné un porte-parolat transformé en ministère "de l'écoute". Peut-être lui faudrait-il déjà commencer par entendre ce conseil : à trop vouloir la jouer branchée, on finit par avoir l'air déconnecté.

 

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