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La Franc-maçonnerie égyptienne

Publié par wikistrike.com sur 22 Juin 2019, 08:42am

Catégories : #Culture - médias - Livres - expos - rencontres, #Religion - pensées, #archéologie - Histoire - Préhistoire - Patrimoine

La Franc-maçonnerie égyptienne

L’influence de l’Egypte antique sur la Franc-maçonnerie à de nombreuses et diverses sources: les écrits des anciens auteurs grecs et romains, les traités astrologiques, magiques, kabbalistiques, gnostiques et alchimiques qui fleurirent au moyen-âge (« Corpus hermeticum » de Marsile Ficin en 1450), et qui furent longuement commentés au cours du seizième et dix-septième siècle par les hermétistes ; puis sont intervenues la campagne d’Italie de Napoléon et la découverte de la stèle bilingue de Rosette par Jean-François Champollion, découverte qui permit de donner vie au monde de l’Egypte antique en accédant aux écrits authentiques et en restituant sa grammaire et sa langue.

L’initiation maçonnique et, tout particulièrement les épreuves par les quatre éléments, seraient en grande partie inspirées par celle pratiquées par les Esséniens, eux-mêmes  ayant vraisemblablement emprunté aux prêtres de l’ancienne religion, aux courants judaïques d’Alexandrie et aux gnostiques. La sagesse d’Egypte fut ainsi transmise en orient, traduite et commentée par les philosophes grecs, puis par les philosophes arabes, recueillie par les chevaliers chrétiens, transmise aux Rose-Croix et enfin à la franc-maçonnerie opérative.

La survivance des symboles hérités de la terre du Sphinx dans le temple maçonnique est évidente: le culte de la Lumière solaire que nous retrouvons en permanence dans nos rituels, la figure d’un œil d’où partent trois rayons (l’œil d’Osiris, père de la Lumière) qui correspond au delta lumineux, les tabliers, sautoirs et bijoux, la canne du maître des cérémonies, la voûte étoilée, la pierre cubique (statue cube du scribe), le cabinet de réflexion reflet moderne des cryptes des mystères d’Isis et d’Osiris Oscar Wirth rapporte que la veuve dont les maçons se disent fils est Isis, mère universelle, en tant que personnification de la nature, qu’Isis serait l’équerre mesurant l’épais et Osiris le compas mesurant le subtil, et que la légende d’Osiris trahi par son frère Seth et vengé par son descendant Horus aurait inspiré  le mythe d’Hiram.

L’un des premiers rites égyptiens de la franc-maçonnerie fut l’Ordre des Architectes ou Frères Africains (africains=égyptiens) ; il fut créé à Berlin, vers 1767, sous les auspices de Frédéric II Le Grand, à partir du livre « Crata Repoa » (forces souterraines) qui est inspiré des textes antiques évoquant l’initiation de l’Egypte antique. Ce rite est organisé en 7 classes et fut pratiqué en Allemagne jusqu’en 1806. Il fut introduit en France en 1770 avec une structure composée de onze grades regroupés en triade (Osiris, Isis, Horus) et dont les appellations sont directement reliées à l’Egypte antique (Ex. : « initié aux secrets égyptiens », « Maître des secrets égyptiens », « disciple des égyptiens », « Porte de la mort »). Ce rite permettait de révéler les secrets de l’antique Egypte avec un aperçu sur l’alchimie, l’art de décomposer les substances et de combiner les métaux.

De la rencontre de l’art sacerdotal avec l’art royal sont nés les degrés hermétiques qui ont marqué singulièrement le mouvement rosicrucien du XVIIe et XVIIIe, puis les divers rites maçonniques et, tout particulièrement certains hauts grades écossais.  C’est ainsi que la « Societatis rosae et aurea crucis » (Société de la Rose et de la Croix d’Or) fut créée vers 1756 à Francfort, inspiré du récit mystico-hermétique : les « noces chimiques de Christian Rosencreuz. Au sein de ce rite, un système de neuf grades hermétiques virent le jour (junior, théoricien, praticien, philosophe, adepte mineur, adepte majeur, magister, mages). Ces degrés se retrouvent dans diverses maçonneries égyptiennes.

Un autre rite égyptien fut créé par Cagliostro vers 1780 ; il se nommait « la haute maçonnerie égyptienne pour l’Orient et l’Occident », avec pour Père Enoch et Elie. L’allusion à l’alchimie, à la magie et à l’astrologie y est constante ; pour être initié il fallait avoir la maîtrise des degrés écossais symboliques ; ce rite comportait une Loge d’adoption. Le caractère égyptien donné aux travaux de la Loge « la sagesse triomphante » se rapprochait de l’église chrétienne copte et employait un système qui rappelle celui des « Elus Cohen » de Martinez de Pasqualis (conduire à la régénération corporelle et spirituelle) ; la plupart des dénominations des grades avait une forte connotation égyptienne.

Le rite des « Parfaits initiés d’Egypte » fut fondé en 1785 à Lyon par Eteilla, anagramme d’Aliette, révélateur des secrets numériques du tarot qu’il nomme le « Livre de Thot » Ce rite s’éteignit rapidement à la fin du siècle.

Si le rite de « Misraïm » a été créé en Italie (à Venise) en 1788, par un groupe de sociniens (secte protestante) qui demanda une patente à Cagliostro de passage à Trente (tout  en créant leur propre système avec 90 degrés) , c’est Gad Bédaride qui le créa au début du XVIIIe; il fut introduit en France, entre 1810 et 1813, par ses trois fils dont Marc Bédaride qui en fut le premier Grand Conservateur ,. D’après ce rite dont de nombreux grades proviennent de ceux du REAA, Adam en aurait été le premier possesseur. En 1816, le suprême conseil du REAA le condamna, et fut dissout en 1816 mais la majorité des frères refusèrent de se faire reconnaître par le Grand Orient. Ragon claqua alors sa porte, n’ayant pu recevoir les grades terminaux du 88è au 90è. ; en 1822, Ragon qui travaillait au ministère de l’intérieur et qui avait rejoint le Grand Orient, commenta le rite en indiquant que ce rite comportait de nombreux points communs avec le REAA bien qu’il ait 90 degrés et que c’est à partir du 67è qu’il montre sa spécificité judaïque. Il tomba dans la clandestiné pendant 18 ans, est restauré en 1838, redissout en 1841 et sorti de nouveau de sa clandestiné en 1853. Il s’est uni au grand Orient en 1862, sur décision de l’Empereur Napoléon III. Pour Robert Ambelain, ce rite serait né de la fusion de divers courants maçonniques autour d’une survivance gnostico-hermétique, associée à la Franc-maçonnerie que Gérard de Nerval rencontra.

Si , en 1816, les deux rites Menphis et Misraîm ont le même Grand Maître, c’est en 1881 qu’ils proclamèrent comme Grand Hièrophante ad vitam, pour le monde entier, Guiseppe Garibaldi, mais ce n’est qu’en 1899 que leur fusion s’opéra

Un long travail reste à réaliser pour les historiens maçonniques; l’étude des nombreux  rituels, retrouvés et existants, de grades ayant une connotation égyptienne devrait nous permettre de mieux analyser les sources de certains grades du REAA et de découvrir les aspects encore méconnus de la Franc-maçonnerie égyptienne qui tentent de poursuivre les rites des Egyptophiles.

A la suite de cet exposé, une riche discussion s’est instaurée permettant à de nombreux intervenants de préciser certains points:

-. la Grande Loge de Misraîm aurait actuellement  trois cents membres ; c’est une obédience mixte. Son temple est décoré de dessins égyptiens naïfs.

-. dans le temps, il y eut un ordre unificateur ; aujourd’hui, et à la suite de nombreuses scissions, il est quelque peu difficile de se retrouver dans les soixante-dix groupes ou obédiences qui se prévalent de l’Egypte antique. Leurs temples s’inspirent de l’architecture égyptienne (Exemple le temple de Bruxelles et celui de Poissy)

– . le symbole de l’œil doit être analysé davantage comme celui de la création que comme celui d’un Oudjat ou d’Osiris

-.  les trois piliers de la franc-maçonnerie égyptienne reposent sur l’alchimie, l’astrologie et la magie

-. si Maritnez a eu des rapports avec la magie angélique, Papus  a été influencé par la tradition égyptienne

-. la tradition copte a eu une influence sur l’hermétisme à travers la magie ; fondée sur l’étude des psaumes, les  prêtres coptes, souvent hermétistes et mystiques, l’ont véhiculée par des transmissions uniquement individuelles et non collectives (différence avec la franc-maçonnerie)

-. le succès de la tradition égyptienne résulte de l’importance et de la richesse de ses décors et de ses contenus, ainsi que de son environnement mystérieux.

Le travail de cette réunion était présenté par notre Frère Bernard NISSE

(1) Les personnes intéressées à approfondir ce sujet pourront utilement se reporter au livre rédigé par notre frère « Les civilisations contemporaines : l’Islam » aux éditions Revue d’Etudes DEMOS)

source:http://www.ledifice.net/CH12-1.html

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