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Rien ni personne n'est supérieur à la vérité

Un cas d'enfant présentant trop de plomb dans le sang relevé à proximité de Notre-Dame

Publié par wikistrike.com sur 4 Juin 2019, 16:08pm

Catégories : #Santé - psychologie

Un cas d'enfant présentant trop de plomb dans le sang relevé à proximité de Notre-Dame

L'incendie de Notre-Dame de Paris est à l’origine d’une pollution au plomb aux abords de la cathédrale, rapporte l'AFP. L'Agence régionale de santé d'Ile-de-France se penche sur le cas d'un enfant présentant un taux de plomb anormal dans le sang.

L'Agence régionale de santé d'Ile-de-France a fait savoir, ce 4 juin, que les familles avec des jeunes enfants et les femmes enceintes vivant sur l'Ile de la Cité à Paris étaient invitées à faire doser le plomb présent dans leur sang, après l'identification d'un cas d'enfant présentant un taux supérieur au seuil réglementaire.

L'Agence régionale, qui surveille les conséquences des retombées de plomb après l'incendie de Notre-Dame de Paris, a déclenché une «enquête environnementale» pour identifier, dans les lieux de vie de cet enfant, «la ou les causes de cette imprégnation et vérifier qu’elle n'est pas liée à d'autres facteurs que l'épisode exceptionnel» du sinistre survenu le 15 avril.

L'enfant présente un taux supérieur au seuil réglementaire de 50 microgrammes par litre. Ce taux de plombémie (dosage du plomb dans le sang) «impose de s'assurer que les facteurs d'exposition ont bien disparu et de suivre régulièrement la santé de l’enfant» mais «il n'implique pas de prise en charge thérapeutique particulière», précise l'agence régionale de santé dans un communiqué.

Toutefois, «par précaution», les familles ayant des enfants de moins de 7 ans et les femmes enceintes habitant l'Ile de la Cité, sont invitées «à consulter leur médecin traitant, qui pourra leur prescrire une plombémie». Pour les personnes qui le souhaitent, une consultation de dépistage sera mise en place sur rendez-vous au Centre de diagnostic de l'Hôtel Dieu à partir du 4 juin.

L'incendie de Notre Dame de Paris à l’origine d’une pollution locale au plomb

L'incendie de Notre Dame de Paris est à l’origine d’une pollution au plomb aux abords de la cathédrale. Les prélèvements effectués à partir du 17 avril par le Laboratoire central de la préfecture de police ont montré qu'il n'y avait pas de risque associé à la qualité de l'air mais que des valeurs hétérogènes, pour certaines élevées, étaient constatées dans les sols à proximité et dans certains locaux administratifs.

Face à ce constat, les sols en question ont été interdits d'accès au public. Leur dépollution va commencer dans les prochains jours.

Pour les logements des riverains et afin d'éviter l'éventuelle ingestion de poussières de plomb, en particulier par les enfants, l'Agence a diffusé des conseils de prévention visant à opérer un nettoyage humide efficace des appartements.

L'ARS procède à des prélèvements dans les appartements de familles vivant à proximité de la cathédrale, pour s'assurer de l'efficacité des opérations de nettoyage effectuées.

L'ARS va informer cette semaine individuellement les familles des résultats des prélèvements dans leur logement et les conseiller dans les gestes à adopter pour prévenir d'éventuelles réintroductions de poussières dans les logements.

Source

Pollution au plomb après l’incendie de Notre-Dame : un risque réel pour la santé ?

 

L’Agence régionale de Santé a révélé la présence "très importante" de plomb dans les sols et sur les surfaces, sous forme de poussières, aux abords de la cathédrale. Des niveaux au-dessus des seuils réglementaires qui ont fait vivement réagir plusieurs associations environnementales et de familles de victimes du saturnisme

Lundi 3 juin 2019, l'agence régionale de santé d'Ile-de-France (ARS) a fait savoir qu'elle avait identifié un cas d'enfant présentant un taux de plomb dans le sang supérieur au seuil réglementaire de 50 microgrammes par litre. Elle a également indiqué avoir ouvert une "enquête environnementale" pour identifier, dans les lieux de vie de cet enfant, "la ou les causes de cette imprégnation et vérifier qu'elle n'est pas liée à d'autres facteurs que l'épisode exceptionnel" de l'incendie de la cathédrale le 15 avril. S'il ne devra pas bénéficier d'une prise en charge thérapeutique particulière, l'enfant devra faire l'objet d'une surveillance.

"Par précaution", les familles ayant des enfants de moins de 7 ans et les femmes enceintes habitant l'île de la Cité sont invitées "à consulter leur médecin traitant, qui pourra leur prescrire une plombémie". Pour les personnes qui le souhaitent, une consultation de dépistage a été mise en place depuis mardi sur rendez-vous au centre de diagnostic de l'Hôtel-Dieu.

Le 3 mai 2019, dans une tribune publiée dans le quotidienLibération, l'historienne Judith Rainhorn fustigeait l'absence quasi-totale de communication des pouvoirs publics au sujet d'un éventuel risque de contamination au plomb après l'incendie de Notre-Dame. Un cri d'alerte qui faisait écho à ceux poussés par plusieurs associations environnementales – Robin des Bois, l'Association des familles victimes du saturnisme (AFVS) et l'Association Henri Pézerat –, au lendemain du drame. Car si fort heureusement, les flammes n'ont fait aucune victime, on ne pourrait, selon ces organisations, peut-être pas en dire de même du plomb, dont quelque 400 tonnes contenues dans la toiture, la flèche, les peintures ou encore certains vitraux de la cathédrale sont parties en fumées ou ont fondu en l'espace de quelques heures dans la soirée du 15 avril 2019.

Des seuils de toxicité dépassés

Ce n'est que deux semaines après l'incendie, le 29 avril, que les autorités se sont enfin exprimées sur la question du danger que pourrait présenter ce métal lourd toxique libéré en masse, essentiellement sous forme de poussière. Dans un communiqué, la Préfecture de police de Paris a admis que "les valeurs enregistrées mettaient en évidence la présence de plomb dans certaines zones". Et a ainsi appelé les riverains de Notre-Dame à "procéder au ménage de leur habitation ou local et de leurs meubles et objets, à l'aide de lingettes humides". Sans beaucoup plus de précisions. "En cas de doute", il leur a été préconisé de "demander conseil à leur médecin traitant".

Le 9 mai, soit près d'un mois après l'incendie, l'Agence Régionale de Santé (ARS) francilienne a dévoilé des mesures locales chiffrées : si dans l'air, les valeurs recensées sur l'Île de la Cité sont "inférieures au seuil réglementaire de 0,25 µg/m3", il n'en va pas de même pour les poussières qui se sont déposées un peu partout aux abords de la cathédrale. "Sur le parvis, et sur la voirie avoisinante, [a été enregistrée] une présence ponctuelle très importante de plomb dans les sols, à des niveaux d'environ 10 à 20 g/kg de sol, par comparaison à la valeur repère du Haut conseil de santé publique de 0,3 g/kg (1)."

Des risques limités pour les riverains

Des poussières toxiques que l'ARS localise également "dans les étages supérieurs de locaux administratifs donnant sur la cathédrale". Faut-il comprendre là que ces fines particules de plomb ne se seraient aimablement déposées que dans des locaux administratifs, et non chez les habitants et commerçants à proximité ? En préconisant aux personnes occupant des appartements à proximité de la cathédrale ou fréquentant régulièrement ses abords de suivre des "mesures d'hygiène simples", comme l'emploi d'une serpillière humide pour nettoyer son logement, un lavage des mains régulier ou le nettoyage des jouets d'enfants, l'ARS sème le trouble. "La présence de plomb, dans des quantités supérieures aux seuils réglementaires, ne peut avoir un impact sur la santé qu'en cas d'ingestions répétées", précise-t-elle aussi. Mais les particuliers vivant au quotidien dans des appartements qui ont été empoussiérés ne risquent-ils pas justement "l'ingestion répétée" 

"Non, si la poussière a été retirée. Une bonne session de ménage suffit, mais en prenant des précautions bien particulière : ne pas utiliser un aspirateur si celui-ci ne dispose pas de filtre HEPA – ce qui est très souvent le cas –, et préférer le ménage humide [lingettes, serpillières...] pour éviter l'ingestion de ces poussières", répond le Dr Jérôme Langrand, chef de service du Centre Antipoison et de Toxicovigilance de Paris. "Bien sûr, il faudrait déterminer le niveau d'empoussièrement pour évaluer le risque de contamination." Les parents d'enfants en bas âge et les femmes enceintes, plus sensibles à cette toxicité, devront également "veiller à bien évacuer ces poussières, en prenant ces précautions particulières donc, et à laver régulièrement les jouets des enfants, très sujets au contact main-bouche". 

Interrogés par Le Parisien, certains riverains assurent néanmoins n'avoir constaté "aucun dépôt de poussière dans les jours qui ont suivi l'incendie."

Parisiens et touristes assistant à l'incendie depuis les quais de Seine (Geoffroy VAN DER HASSELT/AFP).

Pour le trio d'associations, ces recommandations de l'ARS n'en restent pas moins "inadmissibles""Il n'y a pas de petite intoxication au plomb", s'est indignée le Dr Mady Denantes, médecin généraliste à Paris et membre de l'AFVS. "Ce métal n'a pas d'effet seuil. La plombémie idéale, c'est zéro. Toute contamination est toxique pour le cerveau." Là encore, le Dr Jérôme Langrand nuance les choses : "Certes, mais les poussières restantes hors du périmètre de sécurité ne suffisent probablement pas à entraîner une intoxication aiguë." Ni prolongée donc, à moins de ne jamais faire la poussière.

"Le plomb, c'est l'histoire de Paris"

Les appartements, cafés et boutiques de souvenirs ne sont pas les seuls lieux de vie dans le périmètre de la cathédrale concernés par cet empoussièrement. Des espaces verts situés à quelques centaines de mètres de l'édifice sinistré et ouverts au public, comme le square René-Viviani, au pied de Saint-Julien-le-Pauvre, ou encore le petit square André Lefèvre – deux jardins dans lesquels jouent tous les jours de jeunes enfants –, pourraient tout aussi bien être couverts de résidus de plomb, selon les associations.

Jacky Bonnemains, porte-parole de l'association Robin des Bois, va jusqu'à s'inquiéter d'une contamination du jardin des Tuileries, du potager de l'Élysée, et même de la Seine et de sa faune, dans l'axe du panache de fumée généré par le feu. "Il va falloir se pencher sur les teneurs en plomb de la Seine jusqu'à l'estuaire. Nous sommes certains que la signature de l'incendie sera visible jusque dans les poissons et les crustacés de la baie de Seine." Une inquiétude qui fait sourire le Dr Langrand. "Le plomb, c'est l'histoire de Paris. Il y a en a partout. Dans les immeubles, dans l'aménagement public ancien, dans la Seine..."

Pour les professionnels du bâtiment, une surveillance nécessaire

Pour le spécialiste, le réel enjeu se situe du côté des professionnels qui seront mobilisés sur le chantier de Notre-Dame des mois, voire des années. "C'est un chantier qui va mobiliser énormément de monde sur de longues périodes. Le véritable risque lié au plomb se présentera probablement quand on n'en parlera plus." Ainsi, la mise en place et le respect d'un protocole précis d'assainissement du chantier, obligatoire et soumis aux professionnels de la prévention des risques au travail, sera indispensable pour écarter tout danger d'intoxication. Et quid des pompiers qui ont parfois respiré de grandes quantités de poussières, plusieurs heures durant, le soir de l'incendie ? "Nous avons déjà reçu beaucoup d'entre eux au centre afin d'effectuer des plombémies", rapporte le Dr Langrand. "À ce jour, on n'a pas encore de drame." 

De leur côté, les associations réclament "une campagne de prélèvements aux abords de la cathédrale, couplée à une cartographie de ces prélèvements", mais aussi un recensement des victimes potentielles de cette pollution au plomb, similaire à celui mené à New York... après l'effondrement des tours du World Trade Center.

 

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