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Un policier en T-shirt de la violente police militaire brésilienne durant l’hommage à Steve

Publié par wikistrike.com sur 8 Août 2019, 15:40pm

Catégories : #Social - Société

Un policier en T-shirt de la violente police militaire brésilienne durant l’hommage à Steve

Des photos d'un policier arborant un t-shirt floqué du logo d'une unité brésilienne connue pour ses interventions musclées a fait réagir sur la toile. Si ce comportement ne tombe pas sous le coup de la loi, il soulève néanmoins des questions.

Plusieurs clichés ayant émergé sur les réseaux sociaux montrent ce que les internautes décrivent comme un policier en service, arborant un tee-shirt comportant le sigle d’une unité controversée de la police militaire brésilienne : la Batalhao de Operaçoes Especiais (BOPE). Ces photographies ont suscité de vives contestations sur internet. «Lors du rassemblement en mémoire de Steve, un policier en civil portait un t-shirt qui m'a intrigué. Il s'avère qu'il ressemble énormément à l'insigne de la BOPE, une unité militaire surnommée "l'escadron de la mort" à Rio tant elle est mortifère. Tout va bien», s’est indigné un internaute sur Twitter.

Composé d’une tête de mort, de deux pistolets et d’un couteau, le tout entouré d’un cercle rouge, ce logo est visible sur la tenue de l’homme en question. Contacté par nos confrères de 20 minutes, la préfecture de police de Paris affirme que celui-ci est «un policier en civil en service».

Une vidéo mise en ligne sur Facebook par le média Radio Tongossa confirme la présence du gardien de la paix devant les locaux de l’IGPN le 2 août, alors que des manifestants se réunissaient pour protester contre les violences policières après la mort de Steve Maia Caniço en marge de la fête de la musique.

Un logo n’entrant «pas dans le champ des interdictions prévues»

Si le policier portait bien un insigne proche de celui de la BOPE, la préfecture de police de Paris précise, toujours auprès de 20 minutes, que «le port d’un tel insigne sur un tee-shirt n’entre pas dans le champ des interdictions prévues par l’article 645-1 du code pénal». L’article porte sur les sanctions prévues dans le cas où cet insigne serait celui d’une organisation criminelle ou accusée de crimes contre l’humanité.

Est prohibé le port, sur la tenue d’uniforme, de tout élément, signe ou insigne en rapport avec l’appartenance à une organisation politique

Néanmoins, l’article 113-18 du Règlement général d’emploi de la police nationale prévoit qu’«est prohibé le port, sur la tenue d’uniforme, de tout élément, signe ou insigne en rapport avec l’appartenance à une organisation politique, syndicale, confessionnelle ou associative. Cette même interdiction s’applique à la tenue civile durant le temps de service». Contacté par le quotidien gratuit, le ministère de l’Intérieur n’a fait aucun commentaire.

Unité controversée

Mais au-delà de savoir si le fonctionnaire était autorisé à arborer un tel insigne, la référence au groupe d'intervention d'élite de la police militaire de l'Etat de Rio de Janeiro peut surprendre. Dans un rapport daté de 2005, Amnesty International décrit un «lourd passé de violence et de discrimination», citant les chants virulents entonnés par les membres de la brigade composée d’un demi-millier de membres. «Un bandit de la favela / Ça s’élimine pas au balai / Ça se nettoie à la grenade / Au fusil et à la mitraillette12», chantaient-ils lors de leurs entraînements, d’après le rapport.

Par ailleurs, un rapport sur les exécutions extrajudiciaires publié en 2005 par la New York University School of Law accusait la BOPE d’avoir été impliquée dans l’assassinat de plusieurs personnes qu’elle pensait être des trafiquants. «Les officiers de la BOPE ont falsifié la scène du crime pour incriminer les victimes dans l'espoir de les faire paraître comme membres d'un gang de trafic de drogue. Aucune arme n'avait été trouvée sur les victimes, et aucun d'entre eux n'avait d'antécédents criminels», était-il rapporté.

Sur les réseaux sociaux, des vidéos montrent la violence des interventions de la BOPE qui multiplient les décentes dans les favelas pour lutter contre le trafic de drogue qui ronge le Brésil. En 2017, 5 144 personnes sont mortes des mains de la police, soit 14 décès par jour, d'après les chiffres du Forum brésilien sur la sécurité publique.

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