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Apocalypse now: Le nouveau rapport du GIEC sur les océans va créer des remous

Publié par wikistrike.com sur 25 Septembre 2019, 10:16am

Catégories : #Terre et climat, #Ecologie - conso - biodiversité - énergie

Apocalypse now: Le nouveau rapport du GIEC sur les océans va créer des remous

L'élévation du niveau des mers s'accélère et apparaît plus importante que ce que prévoyaient les scientifiques il y a quelques années à peine. La hausse atteindrait entre 30 et 60 cm en 2100, même en cas de forte réduction des gaz à effet de serre et de limitation du réchauffement mondial nettement sous la barre des 2°C, et entre 60 et 110 cm si rien n'est fait pour freiner les émissions, prévoit le dernier rapport spécial du Giec sur les océans et la cryosphère publié mercredi à Monaco.

Ce rapport spécial du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (Giec), le troisième en un an, constate que la hausse du niveau des océans s'est accélérée ces dernières décennies en raison de la fonte plus rapide des glaces du Groenland et de la banquise en Antarctique mais aussi de la fonte des glaciers et de la dilatation thermique des océans. Sur la période 2006-2015, l'augmentation du niveau des mers est estimée à 3,6 mm par an en moyenne alors que la hausse sur tout le 20e siècle n'avait été "que" de 15 cm.

Quel que soit le scénario d'évolution des émissions, il faut s'attendre à des évènements naturels extrêmes plus fréquents (grandes marées, tempêtes...) dans les zones côtières, augmentant les risques pour les populations de ces régions, avertissent les scientifiques.

Les plus petits glaciers, en Europe notamment, risquent de perdre plus de 80% de leur masse d'ici 2100, mettant en péril le tourisme de haute montagne mais aussi la disponibilité en eau douce. La fonte des glaciers entrainerait aussi des risques accrus de glissements de terrain, d'avalanches, d'inondations... Tous les écosystèmes océaniques chamboulés

Le réchauffement climatique provoque une fonte du permafrost. Celui-ci verrait un quart de sa surface superficielle (3-4 mètres de profondeur) fondre d'ici 2100 même si la hausse des températures est limitée nettement sous +2°C. Si les émissions continuent à augmenter fortement, la fonte atteindrait environ 70%, ce qui libérerait des quantités énormes supplémentaires de gaz à effet de serre dans l'atmosphère, alimentant d'autant plus le réchauffement mondial. 

Le rapport constate également une acidification des océans et une perte d'oxygène qui perturbent la flore et la faunes marines. C'est tous les écosystèmes océaniques qui sont chamboulés, avec une redistribution des populations de poissons et un potentiel de pêche en baisse au niveau mondial. 

Un total de 670 millions de personnes vivent dans des régions de haute montagne de par le monde et 680 millions dans des zones côtières de basse altitude, rappelle le Giec. Quatre millions de personnes vivent en outre dans les régions arctiques et 65 millions dans de petits États insulaires en voie de développement. 

Ce nouveau rapport met en avance les nombreux bénéfices à tirer d'efforts accrus pour le climat. "Si nous réduisons fortement les émissions, les conséquences pour les peuples et leurs moyens de subsistance représenteront toujours un défi mais potentiellement plus gérable pour les plus vulnérables", résume Hoesung Lee, le président du Giec.

 

Source

 

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Apocalypse now: Le nouveau rapport du GIEC sur les océans va créer des remous

 Les océans se réchauffent, s’acidifient, les glaciers et la banquise fondent, le niveau de la mer monte. Tout cela s’accélère. Tout cela a déjà un impact sur la planète et nos sociétés. Tout cela va empirer. Il faut à la fois réduire nos émissions de gaz à effet de serre urgemment, mais aussi se préparer à des catastrophes inéluctables pour s’adapter à ce que nous ne pourrons empêcher.

Voilà ce qu’il faudrait écrire si l’on voulait résumer en cinq phrases le nouveau rapport du Giec sur l’impact du réchauffement climatique sur les océans et la cryosphère (toute l’eau gelée de la Terre). Publié ce mercredi 25 septembre, il a été validé, après de longues négociations, par tous les pays signataires, y compris l’Arabie Saoudite et les États-Unis.

Mais ces quatre phrases ne sont peut-être pas suffisamment parlantes pour faire comprendre le travail réalisé: 6891 études, analysées par 100 scientifiques, commentées des dizaines de milliers de fois. Le résumé pour les décideurs politiques fait tout de même 43 pages. Difficile à apprécier.

Mais ce résumé comporte des graphiques très éloquents, permettant de mieux cerner l’impact du climat sur les océans et, surtout, l’impact de nos choix sur le futur.

L’élévation des océans dépend de nous

Il est certain que les océans se réchauffent depuis 1970 et même deux fois plus vite depuis 1993. Logique: l’océan absorbe 90% du réchauffement climatique. De même, l’acidification des eaux et la hausse du niveau de la mer sont également une certitude.

Quant au futur, les choses ne sont pas roses. Quoi qu’il arrive, le niveau de la mer va monter jusqu’en 2050. La suite dépendra de notre capacité à réduire les émissions de gaz à effet de serre. Le graphique ci-dessous montre le nombre de mètres d’élévation de la mer. La courbe rouge indique le pire scénario possible d’émission de CO2 (plus extrême que ce qu’il se passe actuellement). La bleue représente le futur si nous arrivons à limiter le réchauffement à 2°C (nous en sommes très, très loin au vu des engagements actuels).

GIEC
La hausse du niveau de la mer en fonction de nos émissions de gaz à effet de serre, selon le rapport du Giec sur les océans

Il faut bien comprendre l’impact de ces changements. Car si la hausse moyenne du niveau de la mer est un phénomène lent et régulier, “cela a un impact important sur les phénomènes marins extrêmes”, met en garde Helene Jacot des Combes, paléocéanographe et auteure principale du chapitre 6 du rapport du Giec.

Sur les zones de cyclones par exemple, cela entraînera des inondations plus nombreuses et importantes lors du passage d’ouragans. “Des niveaux extrêmes de niveau de la mer observés une fois par siècle pourraient devenir plus fréquents, une fois par dizaine d’années, voire dans certaines projections extrêmes, une fois par an”, précise-t-elle. 

Limiter la casse sur le permafrost et prier

Le dégel du permafrost, ces zones qui normalement restent toujours gelées, a commencé et va continuer, quoi qu’il arrive, note le rapport. Mais l’évolution dépendra de nous. Ces zones pourraient dégeler à hauteur de 24% dans un scénario à 2°C, contre 69% dans le pire des cas.

GIEC
Le dégel du permafrost passé et futur. En bleu toujours, le scénario à 2°C, en rouge, le pire scénario possible.

Il faut rappeler que le scénario du pire (RCP 8.5) est un cas assez extrême. Appelé il y a quelques années “business as usual”, il ne semble plus vraiment atteignable, à moins d’abandonner les maigres efforts déjà entrepris par les États.

Sauf que... d’autres éléments pourraient rendre ce scénario très réaliste, notamment à cause du dégel du permafrost. Car à l’intérieur se trouvent prisonniers... des gaz à effet de serre. Si ces régions dégèlent, alors le gaz est libéré dans l’atmosphère. Le risque, c’est un phénomène d’emballement, de bascule, où la libération de gaz entraîne un réchauffement qui aggrave le dégel, et ainsi de suite.

“Nous parlons plutôt de rétroactions graduelles”, tempère Helene Jacot des Combes. “Dans chaque région, le permafrost est dans des conditions différentes”. En clair, il ne va pas dégeler et dégager des gaz à effet de serre de manière homogène. Par contre, “si ce processus a lieu dans plusieurs régions en parallèle, cela limite notre marge d’action”.

Sur cette question, les preuves scientifiques sont plus ténues et il existe encore des désaccords. Mais si le pire arrivait, ces émissions supplémentaires de gaz à effet de serre pourraient... nous remettre sur la trajectoire du pire scénario.

Le grand chambardement de la vie marine

Le réchauffement et l’acidification des océans a évidemment des conséquences sur la vie marine. Déjà, des espèces ont migré définitivement. Par exemple, les eaux du Groenland sont maintenant peuplées de thon et de maquereaux, ce qui n’était pas le cas il y a une dizaine d’années. Les coraux et algues, à la base de la chaîne alimentaire marine, ont aussi été touchés.

Avec le même niveau de certitude, les auteurs notent que le nombre global de poissons dans les océans va diminuer au cours du XXIe siècle. Un phénomène qui pourrait être exacerbé par les activités humaines (pêche, etc). Pour rappel, l’Europe et les États-Unis ont perdu environ 30% de leurs oiseaux dans les terres agricoles en 25 ans.

Évidemment, l’adaptation des écosystèmes marins et côtiers aura plus de chances de fonctionner si nous réduisons nos émissions de CO2. Le graphique ci-dessous permet de mieux le comprendre. Il parle de trois choses différentes: la première ligne montre l’évolution des algues, coraux et autres plantes marines (la base de la chaîne alimentaire et des puits de carbone pour la planète). La seconde montre le nombre de poissons et la troisième le potentiel de pêche.

Les planisphères sous “RCP2.6” correspondent au scénario le plus optimiste en termes de réduction de CO2 (rester sous les 2°C). Celui sous RCP 8.5 est le plus pessimiste. Une couleur orange signifie une perte alors que la couleur bleue montre un gain.

GIEC
L'évolution des populations marines avec le réchauffement climatique, selon le rapport du Giec sur les océans et la cryosphère.

Même à 1,5°C de hausse de la température, le corail sera dans une situation très risquée. De même pour d’autres organismes essentiels, tel l’herbier marin ou la forêt de kelp, si la température dépasse les 2°C.

Logiquement, il y a de bonnes chances que ces changements aient un impact sur les sociétés humaines qui dépendent de ces ressources et vivent près des côtes et zones gelées. Pour les communautés arctiques et sur certaines îles urbanisées, les risques pourraient être élevés même avec le scénario le plus optimiste de réduction d’émissions de CO2. A tel point que l’adaptation prévue actuellement ne serait pas suffisante.

Les auteurs du rapport estiment que pour protéger au mieux les populations vulnérables, il faudrait protéger et restaurer les écosystèmes, utiliser leurs ressources de manière durable et diminuer les différentes formes de pollutions locales. Problème: ces solutions ne marcheront que dans un scénario de réduction importante des gaz à effet de serre et seront des solutions difficiles à mettre en place, économiquement comme politiquement.

Parier sur des changements positifs? Mauvaise idée

Si l’on veut être (trop) optimiste, on pourrait se dire que des changements pourraient également être positifs. Et c’est vrai. Dans les années précédentes, les chercheurs ont repéré, via les milliers d’études réalisées, des changements positifs liés au réchauffement des océans et à la fonte des glaces. Après tout, le futur sera peut-être différent, mais pas plus mal? Par exemple, si les poissons migrent, nous pourrons les pêcher ailleurs, non? 

Ce raisonnement ne tient malheureusement pas. Sans même parler de l’impact négatif sur les populations lésées qu’il faudra, quoi qu’il arrive, gérer, le passé nous montre qu’il n’y a pas trop de raison de penser qu’il y aura plus de positif que de négatif. Au global, le compte n’y est pas.

Sur le graphique ci-dessous, les changements positifs sont en bleu, les négatifs en rouge et ceux ayant du négatif et du positif en bleu et rouge. Il est définitivement temps d’arrêter de croire que les choses s’arrangeront toutes seules.

GIEC
Les changements régionaux observés et leur impact, négatif et positif

Source

Comment le GIEC s’organise pour étouffer les opinions sceptiques

 

 

Apocalypse now: Le nouveau rapport du GIEC sur les océans va créer des remous

Une brève incursion dans la galaxie du GIEC et la puissance coordonnée de ses nombreuses composantes : l’auteur montre ici comment la riposte s’est rapidement organisée à l’occasion de son audition par la Commission Climat du Parlement belge.

Par Drieu Godefridi.

Il est rarement donné, dans le domaine des sciences humaines, de mesurer la valeur de ses ruminations à l’aune de la réalité. L’agglomération d’intérêts autour du GIEC, décrite dans le livre Le GIEC est mort, vive la science !, en forme d’invincible armada politico-médiatique nimbée de la caution sublime de la science, ne l’avons-nous pas fantasmée ?

Le 13 mars 2012, la Commission Climat de la Chambre des Représentants (qui forme, avec le Sénat, le Parlement du Royaume de Belgique), a souhaité, à l’initiative du député David Clarinval (MR), entendre la critique du GIEC développée dans cet essai. Nous fûmes auditionnés en compagnie de l’éminent chimiste Istvan Markó, de l’Université de Louvain, qui est sceptique quant à la qualité scientifique des travaux publiés par le GIEC. Notre propos se limita à montrer qu’au triple point de vue de sa composition, de ses compétences et de son fonctionnement, le GIEC n’est pas une organisation scientifique, mais une organisation politique de type scientiste. Le problème du GIEC, avons-nous indiqué aux parlementaires, est double : d’une part, la mise en œuvre de deux de ses trois objets de compétence suppose des jugements de valeur préalables, jugements qui sont la province du politique et non de la science ; d’autre part le GIEC prétend dériver des politiques publiques de la science, ce qui est une erreur de raisonnement (ou une imposture, selon le degré de bonne foi des intéressés), constitutive du scientisme.

Cette audition et ses suites paraissent suffisamment emblématiques du phénomène GIEC dans la puissance coordonnée de ses nombreuses composantes — l’invincible armada sort ses vaisseaux ! — pour en justifier la relation dans le présent article, dont ce sera l’objet.

Dès le 13 mars, avant même notre audition au Parlement, paraît dans un grand quotidien francophone un article qui, sous le titre « Le parlement s’ouvre aux climatosceptiques », donne la parole à un professeur de l’Université libre de Bruxelles (ULB), spécialisé en développement durable, qui déclare sans ambages (et ne déclare, en fait, que cela) : « Dans son livre, <D. Godefridi> est totalement de mauvaise foi. » [1] La condamnation se suffisant visiblement à elle-même, elle ne s’embarrasse d’aucune justification.

Anticipant notre audition, le coprésident du parti écologiste belge livre à la radio son analyse : « Il y a, au sein du GIEC, deux mille scientifiques qui montrent que le réchauffement climatique est lié aux activités humaines. Il y en a deux qui le contestent. C’est leur droit. On sait quelles sont les organisations de climato-sceptiques. Elles viennent du monde anglo-saxon et sont, trois fois sur quatre, financées par l’industrie. C’est leur droit de penser ce qu’ils veulent. Ils ne sont pas très convaincants ». [2] Tellement peu, d’ailleurs, que ses coreligionnaires « verts » ne prendront pas la peine d’assister à notre audition, quittant la salle de la commission dès notre arrivée.

Le même quotidien titre le lendemain « Un coin climatosceptique a été enfoncé au parlement » et publie une photo de votre serviteur agrémentée de l’alléchante légende : « Drieu Godefridi, mariage de climato-scepticisme et d’ultra-libéralisme. » [3]

Bientôt, la principale fédération d’associations environnementales belges francophones publie sur son site un anonyme « Climatosceptiques ou libéralocyniques ? », qui décrypte notre critique du GIEC comme motivée par le fait que l’organisation onusienne basée à Genève ferait obstacle à notre rêve de « dérégulation totale » et se demande s’il est bien judicieux d’offrir une tribune à cette « clique », ce « quarteron de francs-tireurs », ces « tenants de théories prouvées foireuses », « tant il est vrai que leurs thèses ne résistent pas à l’analyse ». Tout observateur neutre en conclut logiquement que le débat climatique oppose des scientifiques à des pervers.

Le 27 mars, un physicien de l’Université de Louvain, réputé pour sa véhémence, publie une tribune incendiaire, cosignée par différentes personnalités dont une cinéaste, un écrivain, un chief economist, un ex-président de Bourse — rien de tel, pour contrer l’ultralibéralisme, que d’embrigader des connaisseurs ! —, pour déplorer que le Parlement ait entendu des climato-sceptiques parce que, écrivent-ils, ce débat a déjà eu lieu et que, même si « chacun est libre de soutenir que la Terre est plate » et « que les dinosaures n’ont jamais existé » [4], nous n’avons pas de temps à perdre avec des « tergiversations marginales » de ces SDF de la pensée qui s’opposent au mariage fusionnel de la Politique et de la Science dans une approche authentiquement globale.

Toujours le 27 mars, une nouvelle audition est organisée devant la même Commission Climat qui nous avait reçus une semaine auparavant. La presse présente cette audition comme le « match retour » de la nôtre. Sont programmés Naomi Oreskes, de l’Université de San Diego, auteur d’un ouvrage sur les « marchands de doute » et François Gemenne, politologue spécialisé dans la « géopolitique du climat ». Nous nous présentons dans le public de cette commission, sincèrement désireux d’entendre les arguments des deux intéressés. L’audition a lieu dans la salle internationale, dite du « Dalaï Lama », qui contraste favorablement avec la salle ordinaire dans laquelle nous avions été entendus. N. Oreskes fait savoir qu’elle ne viendra pas. Se produit donc le seul François Gemenne, qui expose que la neutralité politique du GIEC doit jaillir de la diversité des opinions qui y sont représentées (diversité au sens de représentants des deux sexes, des différents continents, des pays en développements et des pays développés, des différentes sensibilités politiques, des nombreux gouvernements, etc.). Ce n’est pas le lieu de discuter cet argument, relevons seulement qu’il avait été balayé d’un revers de la main par un politologue du nom de François Gemenne à l’occasion d’un colloque sur le débat climatique tenu à Bruxelles, en 2010 (dans une intervention dont la vidéo est en ligne) [5].

giec perdu dans la science

Telle fut le pilonnage médiatique, qui n’est pas sans évoquer les Orages d’acier de Jünger, en réaction à notre audition. N’ayant ni la vocation, ni le tempérament d’une victime que l’on sacrifie sans qu’à tout le moins elle ne bêle un peu, nous nous mîmes en peine de répondre à nos critiques, en attirant d’abord l’attention du journaliste et de l’environnementaliste sur nos travaux et interviews décrivant la dérive idéologique du libéralisme contemporain et son fracassement sur l’impensé de la finance, illustrations magistrales de ces obsessions « ultralibérales » qui inspirent nos travaux sur le GIEC. Comme nous suggérions au professeur spécialisé dans le développement durable d’agrémenter l’assertion de notre « totale mauvaise foi » de ne serait-ce qu’un exemple, celui-ci finit par concéder, au terme d’échanges épistolaires réparant l’injure publique par des excuses privées, que l’expression était malheureuse et qu’il ne l’aurait pas choisie s’il avait eu l’occasion de se relire (avant de se dérober au débat public que nous lui proposions). Avec le Pr. Markó, nous nous enquîmes auprès du coprésident du parti écologiste des éléments lui permettant d’affirmer que nous sommes membres d’organisations climato-sceptiques, anglo-saxonnes et financées par l’industrie : trois allégations factuelles susceptibles de vérité ou de fausseté. À ce jour, le coprésident ne nous a pas répondu (peut-être les preuves accablantes sont-elles si nombreuses qu’il faut du temps pour les collationner ?). Un courrier partit à l’intention du politologue François Gemenne lui demandant si le GIEC était, selon lui, une organisation scientifique ; il nous répondit : « Je pense en effet que le GIEC est une organisation scientifique. Dans ses objectifs, son organisation, sa composition et son fonctionnement. Mais elle est aussi — comme l’indique d’ailleurs son nom — une organisation intergouvernementale, et donc à ce titre politique : elle remplit une fonction politique », ce qui nous paraît une autre façon de formuler l’équation, non de la résoudre. Enfin, nous adjurâmes le physicien jupitérien d’instruire nos pauvres âmes sur la nature scientifique du GIEC. Sans succès.

À l’occasion de chacun de ces échanges, nous avons proposé à notre interlocuteur d’une part d’attester que le GIEC était une organisation scientifique et, d’autre part, de nous opposer, dans un débat public sur la nature du GIEC, le contradicteur de son choix. Aucun de nos contempteurs, ni le spécialiste en développement durable, ni le journaliste, ni le politologue, ni l’environnementaliste, ni le physicien furieux qui, depuis son piédestal olympien, jette des éclairs, ni le politique, tous pourtant si virulents dans l’unilatéralité médiatique, n’a, à ce jour, relevé le gant.

De cette humble incursion dans la galaxie du GIEC, tirons les constats suivants :

  • La galaxie du GIEC est un fait ; sa ramification dans chacun des domaines d’activités de nos sociétés, de la faculté à la presse écrite, de la télévision à la culture, en passant par les partis politiques, le Parlement, le monde de la finance et les associations environnementales est d’une ampleur qu’on ne peut qualifier que de formidable ;
  • En puissance et en rapidité, la capacité de mobilisation médiatique de la galaxie du GIEC, même à l’échelon nationale, est un modèle du genre ;
  • La coordination, en temps et en substance, des différentes composantes de la riposte aura été parfaite ;
  • Pas un seul de nos contradicteurs, à l’exception de F. Gemenne, ne prit la peine d’opposer le moindre argument à notre analyse critique de la structure mixte du GIEC ;
  • L’usage de procédés et d’attaques ad hominem comme substituts à l’argumentation est systématique ;
  • Le refus d’un débat public contradictoire est, à ce jour, sans exception.

On peut voir dans cette riposte protéiforme et magistralement coordonnée à ce qui n’aura jamais été qu’une audition de deux heures, un terrible aveu de faiblesse.

—-
Ce texte constitue l’épilogue de la version anglaise de l’ouvrage de Drieu Godefridi Le GIEC est mort, vive la science !

Lire aussi :

Notes :

 
  1. Le Soir, 13 mars 2012. 
  2. Bel-Rtl, 13 mars 2012. 
  3. Signalons au lecteur anglo-saxon que, pour un francophone, cette légende est l’équivalent moral de « Godefridi, astrologue et membre du Ku Klux Klan ». 
  4. Simples exemples, supposons-nous, et non marques de mépris. 
  5. http://climatecontroversies.ulb.ac.be/francais. F. Gemenne nous écrivit subséquemment qu’il restait, en effet, « sceptique quant à l’idée que la neutralité collective puisse se réduire à l’addition des subjectivités individuelles ». 

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