Vous êtes nombreux à nous interroger sur la présence d’éléments radioactifs dans l’usine Lubrizol de Rouen, dont l’incendie a débuté dans la nuit de mercredi à jeudi.

Plusieurs personnes ont en effet remarqué (et partagé en ligne leur découverte) que, selon l’inspection des installations classées dépendant du ministère de la Transition écologique et solidaire, il y avait des substances radioactives sur le site Lubrizol de Rouen.

 
 

Plus précisément, on apprend à la lecture de ce document que l’usine rouennaise de fabrication d’additifs servant à enrichir les huiles procédait à l’utilisation, au dépôt ou au stockage, de substances radioactives sous forme de sources scellées conformes aux normes NFM61-002 et NFM61-003.

A noter que dans la fiche de risque Seveso du site, le risque radiologique n’est pas évoqué.

«Eléments radioactifs» dans les appareils de mesure

«Il n’y avait pas de produit radioactif» utilisé dans le «process de fabrication», a tenu à préciser, lors d’une conférence de presse ce vendredi matin, le préfet de Seine-Maritime, Pierre-André Durand.

Le représentant de l’Etat dans le département a en revanche reconnu qu’il y avait des «appareils de mesure», notamment dans les bacs de l’usine, qui comportaient «un élément radioactif scellé».

Le secrétaire général de la CFDT Chimie-Energie Haute-Normandie, Romuald Fontaine, contacté par CheckNews, détaille : «J’ai consulté un collègue qui connaît les procédés techniques utilisés en pétrochimie. Il ne travaille pas sur le site Lubrizol à Rouen mais me confirme que des appareils comprenant des éléments radioactifs sont utilisés pour mesurer la densité des liquides, comme de l’huile, dans certains milieux agressifs. L’élément radioactif de ces instruments est enveloppé dans du plomb.»

Le préfet s’est voulu rassurant au cours de son intervention, promettant que ces éléments n’ont pas été touchés par l’incendie désormais éteint, et «ne comportaient pas de difficulté».

 

Le responsable des pompiers dans le département, qui participait à la conférence au côté du préfet, a acquiescé. Ajoutant qu’il avait tout de même fait venir sur le site de l’incendie un «véhicule spécialisé» dans l’évaluation du «risque radiologique», pour procéder à une «levée de doute». Et que par conséquent, le doute avait bien été levé : «Aucune des sources [radioactives] n’a été touchée par l’incendie», a conclu le patron du Sdis.

Pierre-André Durand a donné la teneur de l’immense panache de fumée qui a noirci le ciel rouennais au cours des dernières heures. Celui-ci comportait des «traces très ponctuelles d’oxyde de soufre» et des «traces d’oxyde d’azote très légères».

«Si je devais simplifier, je dirais que nous avions une fumée qui comprenait des substances carbonées classiques», a résumé le préfet lors de sa conférence de presse. Et de promettre que les résultats des analyses de ces fumées devraient être rendus publics aujourd’hui.