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Le Coup d’État des Banques Centrales pour les nuls

Publié par wikistrike.com sur 4 Mai 2020, 08:26am

Catégories : #Economie

Le Coup d’État des Banques Centrales pour les nuls

Tant que du travail vivant est nécessaire à la production, l’échange entre producteurs, même s’il est rendu de plus en plus indirect par le développement structurel du capitalisme, n’en continue pas moins de s’opérer, et continue de constituer une part importante, et même essentielle, de la circulation du capital (Marx, Grundrisse).

Le principe même du capital « productif » est que la valeur de la production n’est finalement réalisée que sur le marché, et donc, par la valeur d’échange.

Les monopoles industriels qui se sont formés sur cette base depuis le début du 20ème siècle continuent de fonctionner, pour l’essentiel de leur « valorisation », sur ce principe économique. Cela reste le principe économique de base du capitalisme « traditionnel ».

Tant que du travail vivant reste incorporé dans la production, même la concurrence entre groupes de capitalistes industriels reste une forme d’échange entre producteurs. Chaque groupe concourant par sa production à ce qui est nécessaire à la reproduction de la force de travail humaine de l’autre, en répondant ainsi à une partie de ses besoins sociaux.

C’est dans ce sens que le capitalisme monopoliste « traditionnel » n’est pas encore totalement « monopoliste » au sens absolu du terme, et qu’une certaine concurrence continue de jouer un rôle dans l’évolution des forces productives, dans leurs relations économiques.

Avec l’automatisation et la robotisation de la production, à mesure que le travail vivant se retire du secteur productif, c’est cette base même de la reproduction et de l’élargissement du capital qui se réduit inexorablement.

C’est la part de l’échange entre secteur productif et non productif, qui augmente, par contre, en volume et en proportion.

D’où la nécessité, pour le capital, d’intégrer au maximum des activités économiques de services au secteur productif, tant en termes de besoins techniques que de méthodes d’organisation du travail.

Néanmoins, l’automatisation et la robotisation du travail gagnent également ces secteurs, et donc le mouvement de retrait du travail vivant s’y poursuit également.

A mesure que se développent les moyens de production et d’organisation des services les plus modernes technologiquement, c’est donc toujours la base même de l’« élargissement » du capital qui se réduit inexorablement, faisant une place de plus importante à ses formes « fictives » dont la « valorisation » reste essentiellement spéculative et basée en grande partie sur les fluctuations subjectives des marchés financiers, de plus en plus déconnectés de la réponse aux besoins sociaux, y compris ceux de la part encore existante du travail vivant dans la production.

Si, en régime capitaliste, la production ne peut finalement être « valorisée » que par le marché, encore faut-il qu’il se trouve un marché solvable pour l’absorber à un prix permettant une marge bénéficiaire suffisante pour l’élargissement du capital.

Lorsque s’accroît la disproportion entre le nombre de travailleurs employés dans le secteur productif et la masse des salariés hors secteur productif, cumulée avec la masse des inactifs de toutes générations, la masse des besoins sociaux, elle, ne se réduit en aucune manière et la solvabilité des marchés de la consommation, par contre, ne peut que se réduire inexorablement.

Le secteur productif se trouve formellement devoir répondre à une masse de besoins extérieure à lui-même en réalité toujours croissante.

Mais une masse de besoins qui ne correspond à aucune ressource identifiable, en termes de valeur d’échange.

Quels que soient les efforts du capital pour régler sa crise, il ne peut résoudre cette problématique de fond, et la valeur des marchés ne peut que baisser, en termes de solvabilité.

Le pouvoir de contrôle que le capital monopoliste « traditionnel » exerce sur les marchés cesse d’être une condition suffisante, tant pour la reproduction élargie du capital que pour assurer la domination de classe de la bourgeoisie. C’est le sens profond de la crise actuelle du capitalisme, et singulièrement, depuis 2008.

Ce que montre la pratique du « Quantitative Easing », c’est précisément que le crédit ne suffit plus à restaurer la solvabilité des marchés, parce qu’il ne peut restaurer la circulation du capital dans le secteur productif, faute de capacité suffisante d’échanges, même très indirectes, entre travailleurs productifs.

Le crédit ne peut plus restaurer la rentabilité des capitaux investis dans le secteur productif.

Avec la nouvelle vague de « crédits » débloqués par les banques centrales c’est donc une restauration entièrement artificielle de la solvabilité des marchés qui est en train de se mettre en place. Elle se reconstruit formellement sur la base d’une reprise d’activité économique entièrement sous perfusion monétaire et qui ne crée que des formes limitées et transitoires de valeurs d’échange, et seulement dans la mesure où ce « crédit » circule en fait jusqu’à aussi bas dans l’échelle sociale qu’il est nécessaire pour éviter, précisément, l’explosion sociale définitive du système.

Bien évidemment, un tel « crédit social », n’est en réalité aucunement remboursable en termes de valeur d’échange, et se transforme tout au plus en intérêts remboursés, par les États et les entreprises, directement ou non, aux banques centrales qui en permettent la « création », purement et définitivement « monétaire » et ne correspondant plus à aucune valeur réellement crée par le travail, et pour cause… !

À terme, à mesure que le travail vivant se retire de l’activité économique productive, « crédits », « remboursements », et « intérêts » n’ont plus eux-mêmes qu’une valeur purement fictive, celle que lui accordent les banques centrales dans leurs choix de gestion économique et « financière », de plus en plus arbitraires.

Entre la « création monétaire » par les banques centrales et la survie du plus grand nombre la hiérarchie sociale se reconstitue plus ou moins telle qu’avant la crise, mais, qu’elle en soit consciente ou non, que ce soit sa misère relative, son revenu « moyen » ou ses privilèges plus ou moins exorbitants, toute « valeur », toute condition sociale, en ce bas monde d’ « après Covid-19 » n’est redevable de son statut, en dernier ressort, qu’auprès des banques centrales, nouveaux centres du pouvoir réel sur tous êtres et toutes choses.

Face à la masse des besoins sociaux, le pouvoir de domination de la bourgeoisie, ne pouvant plus contrôler ce qui était encore, en quelque sorte, le « monopole des valeurs d’échange », ne peut plus que devenir, par le biais des banques centrales, le monopole absolu de toute valeur d’usage.

Tous les « débats démocratiques » que prétend encore mener la bourgeoisie sont définitivement sans objet.

L’expression démocratique authentique ne peut plus être que celle de la révolte du prolétariat, et l’alternative politique révolutionnaire, celle qu’il construira, si, dans la lutte, il retrouve sa conscience de classe

Luniterre

Le Coup d’État des Banques Centrales pour les nuls (II)

source : https://tribunemlreypa.wordpress.com

De la source économique du nouveau pouvoir des Banques Centrales

Lorsque nous parlons de « Coup d’État des Banques Centrales », il ne faut pas se méprendre sur la nature de classe des conflits internes du système capitaliste.

Le nouveau pouvoir des Banques Centrales est bien l’expression d’une nouvelle forme de domination de classe de la bourgeoisie, mais il repose toujours, et même plus que jamais, sur le contrôle des forces productives.

Il n’y a évidemment pas de « lutte de classe » entre bourgeoisie financière et « bureaucratie bancaire »…

Il n’y a pas de « bureaucratie bancaire » qui soit une classe en soi et pour soi, indépendamment du contrôle qu’elle peut exercer sur les forces productives.

La « bureaucratie bancaire » spécifique des banques centrales n’est que l’une des expressions formelles de la bourgeoisie financière. Sa spécificité tient à son pouvoir sur la circulation monétaire et sur le crédit, ce qui est fondamentalement la même chose, dans le contexte actuel.

C’est, en un sens, le rapport entre crédit et circulation monétaire qui change, avec l’évolution actuelle des forces productives et le développement de la robotisation de la production.

Dans le capitalisme « traditionnel », même monopoliste industriel, le crédit ne joue qu’un rôle transitoire dans la circulation monétaire, qui est principalement le reflet de la circulation des marchandises produites par le travail, et des services échangés autour.

Il semble donc inéluctable qu’à mesure que le capital « productif » se résume de plus en plus au capital fixe, avec le développement de l’automatisation et de la robotisation, le crédit devienne le « régulateur » obligé de la circulation monétaire à tous les niveaux, y compris de la consommation, en tant que réalisation des « valeurs » produites, et donc de la source du pouvoir de « capitaliser », la source du pouvoir économique et politique, en dernière analyse.

Une machine robotisée financée par un crédit et qui produit des marchandises elles-mêmes achetées à crédit ne peut évidemment pas créer de valeur.

Dans ce processus, c’est l’ensemble de l’argent en circulation qui provient du crédit et l’ « accumulation » transitoire de capital qui peut encore se produire au cours du processus entre « déblocage » de crédit et réalisation de la pseudo- « valeur » des marchandises ne peut être par essence qu’une forme de bulle spéculative.

Il y a encore circulation monétaire, tout à fait artificielle, mais de moins en moins d’échange entre producteurs, même très indirectement, et même plus du tout, en cas de robotisation totale.

Il y a donc disparition progressive de la valeur d’échange, en réalité, et apparition du monopole de la valeur d’usage, seule source réelle possible, désormais, de capitalisation. Le crédit des Banques Centrales est l’expression monétaire de ce monopole et de cette nouvelle forme de pouvoir économique, et donc bien politique, en dernière analyse.

Le pouvoir des banques centrales est donc aussi celui de « réguler » la circulation du capital financier, non pas de manière « équilibrée », ce qui est par définition impossible avec le capitalisme, mais en laissant « gonfler » les bulles jusqu’à un certain niveau ou en les laissant « crever » également jusqu’à un certain stade de « creux », et c’est exactement ce que l’on vient de voir. Il suffit de le constater sur les différents graphiques des indices boursiers, tous réagissant de manière extrêmement synchronisée, et surtout depuis 2007-2008.

Il y a donc une grande partie de la bourgeoisie qui veut continuer à boursicoter à grande échelle, car sa « richesse » et donc aussi son pouvoir, en dépendent, et une nouvelle fraction de la bourgeoisie qui est consciente de l’évolution technologique nouvelle des forces productives et consciente du nouveau pouvoir de domination du crédit sur la circulation monétaire en général et même sur la circulation du capital financier en particulier.

Une fraction minoritaire, détentrice d’une part suffisante des capitaux financiers mondiaux, n’a plus besoin d’accumuler pour conserver son pouvoir, au point qu’elle peut « encaisser » sans ciller une chute impressionnante de capitalisation globale, mais plutôt besoin de conserver le contrôle de l’ensemble du système, y compris au détriment d’autres fractions du capital financier, et même des fractions résiduelles du capital productif qui ne sont pas encore intégrées à 100% dans le système monopoliste.

La nouvelle concentration des capitaux réduira encore la part de cette dernière fraction au profit des deux autres, et surtout de celle qui contrôle déjà les banques centrales. Ces fractions continueront à « négocier » entre elles un certain « modus vivendi », à défaut d’un introuvable équilibre.

C’est ce que reflètent différents articles de la presse économique du système, et même lorsqu’elle parle de l’interventionnisme des Banque Centrales et/ou des États dans la crise économique et financière, il ne faut y voir aucune forme de « collectivisme  bureaucratique » qui serait une sorte de « transition » à la mode trotskyste (« Programme de Transition »), c’est à dire un très chimérique « stade de transition » hybride entre le capitalisme et la transition socialiste réelle, qui ne peut se réaliser que sous le pouvoir de classe du prolétariat.

Il faut donc poursuivre l’analyse de la nouvelle situation concrète sans céder à ce charabia trotskysant qui n’a aucune espèce de réalité en termes d’analyse marxiste !

Dans le processus actuel, les États et les banques d’affaires et de dépôts « classiques » ne sont plus que les relais obligés du pouvoir des Banques Centrales. Et il en va de même, en fin de compte, des monopoles industriels. Le nouveau pouvoir des Banques Centrales a une base économique bien réelle et réellement globalisée.

Même la nationalisation du crédit, quelle que soit la forme qu’elle puisse prendre en régime capitaliste, ne sera au mieux qu’un moyen de faire avancer les revendications immédiates les plus urgentes du prolétariat, en posant, à une échelle « nationale » perceptible par chaque fraction « nationale » du prolétariat, la question de concordance entre forces productives et besoins sociaux, mais sans pouvoir la résoudre radicalement autrement qu’avec la prise du pouvoir par le prolétariat en tant que seule classe capable de la réaliser, en se libérant de l’emprise du capitalisme.

source : https://tribunemlreypa.wordpress.com

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