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Profitant de la crise sanitaire, la déforestation et le pillage de l’Amazonie et des terres autochtones s’intensifient

Publié par wikistrike.com sur 1 Mai 2020, 08:01am

Catégories : #Ecologie - conso - biodiversité - énergie, #peuples du monde

Profitant de la crise sanitaire, la déforestation et le pillage de l’Amazonie et des terres autochtones s’intensifient

Le gouvernement de Bolsonaro encourage les grands propriétaires terriens et les compagnies minières à piller les ressources des terres indigènes. Aujourd’hui, les populations autochtones du Brésil doivent en plus affronter l’épidémie. Elles comptent sur le travail de leurs élues et représentants communautaires sur le terrain. Un article du site d’informations brésilien Agência Pública.

Au 13 avril, le coronavirus avait déjà tué trois personnes parmi les peuples autochtones du Brésil : un adolescent Yanomami de 15 ans dans l’État du Roraima, un Borari de 87 ans à Alter do Chão, au Pará, et un homme Muro de 55 ans à Manaus. Le virus avait infecté au moins neuf autres personnes au total, 23 autres cas considérés suspects étaient traités, selon les données officielles du ministère de la Santé brésilien. Sous la pression d’une vague d’invasions de leurs territoires, les communautés autochtones doivent faire face, quasiment seules, à l’arrivée de l’épidémie dans les villages.

« La meilleure façon de se préserver maintenant, c’est de maintenir les communautés isolées, leur conseillant de ne pas sortir ni de recevoir de visites. Nous avons une expérience très perverse des maladies contagieuses, qui ont décimé des groupes ethniques entiers par le passé. Tout le monde a peur », dit Sonia Guajajara, coordinatrice de l’Articulation des peuples autochtones du Brésil (APIB, l’une des principales organisations amérindiennes brésiliennes). La principale préoccupation, dit-elle, est de se prémunir contre la phase la plus dure de la contagion, qui menace les communautés autochtones de la même manière qu’elles progresse dans les villes brésiliennes.

Loin du conflit entre le président Jair Bolsonaro et le ministre de la Santé, Luiz Henrique Mandetta [limogé par Bolsonaro mi-avril], les communautés autochtones d’Amazonie comptent essentiellement sur le travail de leurs dirigeants communautaires, des entités indigénistes et des professionnels de santé de terrain, qui mènent une guerre quasi en solitaire contre le virus. « Il y a un manque d’équipement de protection individuelle, de vaccins contre la grippe et de matériel pour tester le coronavirus chez les personnes qui présentent des symptômes de contamination », explique Sonia Guajajara.

« Avec la crise sanitaire, l’exploitation illégale de mines et l’accaparement des terres se multiplient en Amazonie »

Quand des membres des communautés autochtones présentent des signes de la maladie Covid-19, si elles ont voyagé hors des villages, les professionnels de santé font des prélèvements et les envoient analyser en laboratoire. Les autres sont évalués sur leurs symptômes et traités comme des grippes. Mais les communautés n’ont pas accès, selon Sonia Guajajara, aux kits promis pour le dépistage rapide du Covid. « Ce n’est pas une petite grippe. C’est une maladie beaucoup plus létale, avec un risque bien plus grand pour les autochtones », explique la coordinatrice de l’APIB.

"Il manque les équipements de protection individuelle, les vaccins contre la grippe et le matériel de dépistage des coronavirus chez les personnes présentant des symptômes de contamination", rapporte Sonia Guajajara. CC Wikimedia Commons.

Les va-et-vient incontrôlés d’exploitants de mines illégales, selon les entités indigénistes entendues par l’Agência Pública, constituent actuellement le grand défi des professionnels de la santé et des dirigeants qui luttent pour éviter tout contact avec le virus. « Nous exigeons que les agences de sécurité expulsent les envahisseurs des terres indigènes. Le risque de contagion est imminent », déclare Sonia Guajajara. Selon l’APIB, avec la crise sanitaire et la réduction des contrôles de la police fédérale et de l’armée, l’exploitation illégale de mines et l’accaparement des terres se multiplient en Amazonie. Les dirigeants de la communauté Karipuna, dans l’État de Rondônia, ont alerté les entités autochtones de la présence d’envahisseurs qui défrichent des zones à dix kilomètres du village de Panorama pour en extraire le bois. Une enquête du journal O Estado de São Paulo, basée sur des informations de l’Institut national de recherche spatiale, indique que les zones déboisées ont pratiquement doublé en Amazonie, passant de 2649 à 5076 kilomètres carrés [l’équivalent d’un département français de métropole].

 

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