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La version officielle du 11-Septembre est fausse, selon la commission chargée de l’établir

Publié par wikistrike.com sur 19 Septembre 2020, 08:34am

Catégories : #Politique internationale

La version officielle du 11-Septembre est fausse, selon la commission chargée de l’établir

En Occident, le fait d’exprimer le moindre doute sur la version officielle du 11-Septembre peut vous attirer des accusations de « complotisme », ce qui est peu gratifiant. Or, pour citer le responsable des investigations au sein de la commission d’enquête sur ces attentats, la version officielle de ces événements est « presque entièrement fausse ». En effet, comme nous allons le détailler, l’administration Bush a redoublé d’efforts pour mentir à cette commission et faire obstruction à son enquête, tout en torturant les suspects du 11-Septembre pour leur soutirer des aveux. Il en a résulté que les deux coprésidents et plusieurs membres clés de cette commission ont fini par se désolidariser de leur propre rapport, préconisant même des poursuites pénales du Département de la Justice contre des responsables du Pentagone. Analyse des manipulations d’un cabinet Bush qui, par son manque total de transparence, n’a fait qu’encourager le regrettable essor du « complotisme ». 

 

Les principaux membres de la Commission d’enquête sur le 11-Septembre ont désavoué leur propre rapport

« À certains niveaux du gouvernement, à un certain moment, (…) il y a eu une décision visant à ne pas dire la vérité au sujet de ce qui s’est passé » le 11 septembre 2001. Cette citation est issue d’un important livre du juriste américain John Farmer, qui était le responsable des investigations au sein de la Commission d’enquête sur les attentats du 11-Septembre. Dans ce cadre, il était notamment chargé d’enquêter sur les réponses du système de sécurité nationale américain lors de cette tragédie et des autres attentats ayant ciblé les États-Unis. Comme l’ont souligné nos confrères de Publishers Weekly, John Farmer estime que « la version officielle de ces événements [est] presque entièrement, et inexplicablement, fausse. »

Ex-Sénateur démocrate, Max Cleland nous a en donné une explication précoce, sachant qu’il était l’un des dix principaux membres de cette commission d’enquête. En novembre 2003, alors qu’il n’avait pas encore démissionné de son poste, il déclara qu’« il est douloureusement évident que l’administration [Bush] a non seulement combattu la création de la Commission, mais que son objectif était la guerre en Irak. Et l’une des notions qui justifiaient cette opération est qu’il y avait un lien direct entre al-Qaïda et le 11-Septembre et Saddam Hussein. Or, il n’y en avait aucun. (…) Donc ils ont empêché [la Commission] d’avancer et ils continuent d’agir ainsi. (…) Thanksgiving approche et nous avons toujours des problèmes d’accès [aux archives que l’on demande]. Cela devrait être un scandale national. » Comme l’a résumé le New York Times, Max Cleland finira par claquer la porte de cette commission « après avoir accusé le cabinet Bush d’efforts “nixoniens” pour dissimuler des preuves cruciales » autour de cet évènement.

Parmi ces zones d’ombre, l’on peut souligner la question des mystérieuses défaillances de la défense aérienne américaine ce jour-là, alors que plusieurs exercices militaires étaient menés dans l’espace aérien des États-Unis. Comme l’a révélé le Washington Post en août 2006, « certains membres [de la Commission d’enquête sur le 11-Septembre] ont conclu que le récit initial du Pentagone sur la façon dont il avait réagi aux attentats de 2001 faisait potentiellement partie d’un effort délibéré visant à induire en erreur la Commission et l’opinion publique, plutôt qu’à éclaircir ces obscurs événements (…) Les soupçons d’actes répréhensibles étaient si forts que cette commission de dix membres – lors d’une réunion secrète à la fin de son mandat à l’été 2004 –, a débattu du renvoi de l’affaire au Département de la Justice pour déclencher une enquête criminelle ». Cette démarche fut néanmoins abandonnée du fait d’un accord avec l’administration Bush, qui prévoyait le transfert de ce dossier aux inspecteurs généraux du Pentagone et du Département des Transports.

Dans ce même article, nos confères du Post ont rapporté les propos édifiants du coprésident de la Commission d’enquête sur le 11-Septembre : « “À ce jour, nous ne savons pas pourquoi le NORAD [, soit le commandement du Pentagone qui assure la défense aérienne des États-Unis,] nous a dit ce qu’il nous a dit”, a déclaré Thomas H. Kean, l’ancien gouverneur républicain du New Jersey qui dirigeait la Commission. “C’était tellement loin de la vérité (…) C’est l’un de ces sacs de noeuds qui n’ont jamais été démêlés.” » À l’époque, le responsable de cette enquête partageait l’indignation de Thomas Kean : « “J’ai été choqué de voir à quel point la vérité était différente de la façon dont elle avait été décrite”, a déclaré John Farmer, un ancien procureur général du New Jersey qui a dirigé l’investigation sur les événements du 11-Septembre (…) “Les bandes sonores [du NORAD et de la FAA obtenues grâce à des assignations à comparaître] racontaient une histoire radicalement différente de ce qui avait été affirmé à nous-mêmes et au grand public pendant deux ans (…) Ce n’était pas authentique. Ce n’était pas vrai.” »

Comme l’a observé Peter Dale Scott dans un livre plébiscité par celui qui dirigeait alors la prestigieuse Revue Défense Nationale – le général d’armée aérienne Bernard Norlain –, la Commission d’enquête sur le 11-Septembre « échoua à prendre en considération dans quelle mesure l’étrange incapacité du NORAD à intercepter les avions détournés pouvait être due à un nombre excessif d’avions fantômes introduits par les faux signaux radar ce jour-là. » Peter Dale Scott précisa en effet que, « le 11 septembre 2001, l’administratrice de la Federal Aviation Administration (FAA) Jane Garvey déclara à Richard Clarke avoir reçu “des rapports indiquant 11 avions hors de leur trajectoire ou non joignables, potentiellement détournés.” Dans son rapport final, la Commission d’enquête sur le 11-Septembre acquiesça sur le fait que, “cette matinée, il y eut de multiples rapports erronés de détournements d’avions.” L’Aviation Week écrivit que, ce jour-là, “21 avions à travers les États Unis ont été considérés comme ayant des trajectoires préoccupantes”. Le colonel Marr, responsable du NEADS, déclara : “Je crois qu’à un moment donné, on m’a dit qu’il y avait 29 rapports différents de détournements d’avions.” »

La nécessaire confidentialité qui entoure ces exercices militaires explique-t-elle les réticences des cadres du Pentagone à dire la vérité aux membres de la Commission ? Ou souhaitaient-ils simplement masquer leurs défaillances ? Dans tous les cas, selon le Washington Post, ils ont fait croire aux enquêteurs qu’ils avaient mobilisé des chasseurs à temps pour intercepter les avions détournés : « Pendant plus de deux ans après les attaques, des responsables du NORAD et de la FAA ont fourni des informations inexactes sur la réponse aux détournements d’aéronefs lors de témoignages et d’apparitions dans les médias. Les autorités ont suggéré que les défenses aériennes des États-Unis avaient rapidement réagi, que des avions avaient été mobilisés en réponse aux deux premiers détournements, et que les chasseurs étaient prêts à abattre le vol 93 de l’United Airlines s’il menaçait Washington. »

Or, selon nos confrères du Post, « des bandes audio du quartier général Nord-Est du NORAD et d’autres preuves ont clairement démontré que l’armée n’avait jamais eu aucun des avions détournés dans sa ligne de mire. En outre, la Commission révéla qu’à un moment donné, [le NORAD] avait poursuivi un avion fantôme – le vol 11 d’American Airlines –, longtemps après qu’il se soit écrasé contre le World Trade Center. » Cette erreur fut-elle induite par les exercices militaires organisés ce matin-là ? Nous n’en savons rien, car les enquêteurs de la Commission n’ont pas creusé cette question. Dès lors, il n’est pas étonnant que les multiples défaillances de la défense aérienne durant ces attentats soient considérées comme suspectesd’autant plus que « la FAA rapporta 67 interceptions entre septembre 2000 et juin 2001 ».

Toujours selon le Washington Post, « le major-général Larry Arnold et le colonel Alan Scott ont déclaré à la Commission que le NORAD avait commencé à suivre le vol United 93 à 9h16, mais la Commission a déterminé [, deux ans après avoir publié son rapport final,] que l’avion de ligne n’avait été détourné que 12 minutes plus tard. L’armée n’était au courant du vol qu’après son crash en Pennsylvanie. » Bien qu’ayant rendu public son rapport final en juillet 2004, la Commission d’enquête sur le 11-Septembre put finalement obtenir les archives du NORAD et de la FAA en 2006 grâce à plusieurs démarches judiciaires. Comme l’avait rapporté le Washington Post à l’époque, les graves mensonges du Pentagone sur sa réponse aux attentats furent découverts grâce au fait que « la Commission, forcée d’utiliser des assignations à comparaître, ait obtenu des bandes sonores du NORAD et de la FAA (…) La réticence des agences à publier ces enregistrements – ainsi que des courriels, des déclarations publiques erronées et d’autres preuves –, a conduit [les enquêteurs] à croire que les autorités cherchaient à induire la Commission et le public en erreur sur ce qui s’est passé le 11-Septembre. »

Le problème est que ce récit truqué du Pentagone a été inclus dans le rapport final de la Commission, qui est censé établir la vérité sur les attentats du 11-Septembre. En s’indignant des mensonges de l’administration Bush dans cet article du Washington Post, John Farmer et le coprésident de la Commission Thomas Kean désavouèrent explicitement leur propre rapport, qui est censé être la version officielle de ces attentats. Or, il ne sont pas les seuls membres de leur équipe à s’en être désolidarisés. L’on peut notamment citer Tim Roemer, l’un des dix membres de cette commission, qui déclara à CNN en août 2006 que ses collègues et lui-même étaient « extrêmement frustrés par les fausses déclarations » qu’ils recevaient de la part de l’administration Bush.

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