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Ce que l'on sait de l'attaque terroriste contre un professeur, décapité à Conflans-Sainte-Honorine

Publié par wikistrike.com sur 17 Octobre 2020, 07:08am

Catégories : #Social - Société, #Religion - pensées

Ce que l'on sait de l'attaque terroriste contre un professeur, décapité à Conflans-Sainte-Honorine
Samuel Paty, enseignant de 47 ans

Samuel Paty, enseignant de 47 ans

9 personnes en GAV, des proches et l'auteur de la vidéo polémique 

 

La communauté enseignante est bouleversée. Après l'attaque terroriste qui a visé un professeur d'histoire de 47 ans, retrouvé décapité en pleine rue à Conflans-Sainte-Honorine (Yvelines), vendredi 16 octobre, le ministre de l'Education nationale s'est d'abord exprimé sur Twitter. "C'est la République qui est attaquée" avec "l'assassinat ignoble de l'un de ses serviteurs", a estimé Jean-Michel Blanquer. "Notre unité et notre fermeté sont les seules réponses face à la monstruosité du terrorisme islamiste. Nous ferons face", a ajouté le ministre, avant de se rendre sur place avec Emmanuel Macron, où ils se sont notamment entretenus avec la proviseure du collège du Bois-d'Aulne où enseignait la victime. 

Le ministre de l'Education nationale recevra samedi matin à 9 heures toutes les fédérations syndicales d'enseignants. Il s'entretiendra également avec les représentants du personnel de l'établissement et des parents d'élèves du collège. Jean-Michel Blanquer a notamment indiqué qu'il s'adressera en vidéo "à tous les professeurs, à tous les personnels et aux familles".

Selon une source policière, la victime avait montré récemment à ses élèves des caricatures de Mahomet lors d'un cours sur la liberté d'expression. Certains parents d'élèves s'en étaient émus, notamment sur les réseaux sociaux. 

Des enseignants "sous le choc" 

"Nous sommes sous le choc", a déclaré à l'AFP Sophie Vénétitay, du Snes-FSU, premier syndicat du secondaire. "Il y a ce soir beaucoup d'effroi, beaucoup d'émotion". "Un collègue a été assassiné parce qu'il a fait son métier en utilisant le support de la caricature", a-t-elle ajouté, évoquant une "attaque contre le cœur du métier de professeur qui consiste à enseigner mais aussi à former des citoyens, construire des opinions éclairées en confrontant des avis différents".

Même émotion du côté du SE-Unsa : "c'est l'horreur qui frappe l'école de la République", a lancé son secrétaire général, Stéphane Crochet. "Toute la communauté éducative est profondément bouleversée, les personnels, les élèves, les familles", a-t-il déclaré tandis que  Sud Education a aussi exprimé son "horreur". "Les enseignant-e-s doivent pouvoir aborder différents sujets du programme en classe en utilisant les supports pédagogiques qui leur paraissent pertinents sans avoir à craindre des représailles", a écrit la fédération dans un communiqué.

Ce que l'on sait de l'attaque terroriste

Les faits se sont déroulés trois semaines après l'attaque au hachoir perpétrée par un jeune Pakistanais près des ex-locaux de Charlie Hebdo, à Paris. Un enseignant a été décapité en pleine ruevendredi 16 octobre, à Conflans-Sainte-Honorine (Yvelines). Son agresseur présumé a été tué par la police, dans la ville voisine d'Eragny (Val-d'Oise).

Emmanuel Macron s'est rendu sur place dans la soirée, accompagné du ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin, du ministre de l'Education nationale, Jean-Michel Blanquer, et de la ministre déléguée à la Citoyenneté, Marlène Schiappa. Franceinfo fait le point sur ce que l'on sait sur cette attaque terroriste, vendredi soir. 

Que s'est-il passé ? 

C'est la police municipale de Conflans Sainte-Honorine qui a prévenu la police nationale après avoir découvert une personne décapitée. Selon les informations de France 3 Ile-de-France, il était à peu près 17 heures quand les policiers de la BAC de Conflans-Saint-Honorine se sont rendus sur place. 

A proximité du collège du Bois d'Aulne, ils ont fait face à un homme qui les a menacés en criant "Allah Akbar". Il a tiré sur les policiers avec un pistolet air soft (pistolet à bille air comprimé qui n'est pas létal), selon les informations de franceinfo. Les policiers ont fait feu à dix reprises et ont abattu l'assaillant. Les forces de l'ordre lui avaient demandé de mettre à terre son arme, ce dernier a refusé.

Une témoin jointe par France 2 a raconté les instants qui ont suivi le meurtre : "On a vu deux voitures de police qui cherchaient quelque chose. Alors on leur a indiqué, on leur a fait des grands gestes. J'ai prévenu ma mère pour qu'elle s'enferme chez elle. Et puis elle m'a rappelé, elle me dit 'j'entends des coups de feu, j'entends des coups de feu'".

Que sait-on de la victime ? 

La victime est un professeur d'histoire de 47 ans. "Il a été assassiné parce qu'il enseignait, parce qu'il apprenait à des élèves la liberté d'expression, la liberté de croire et de ne pas croire", a affirmé sur place Emmanuel Macron, liant directement sa mort avec une polémique ayant eu lieu dans son établissement un peu plus tôt. 

Selon les informations de franceinfo, il avait montré pendant l'un de ses cours les caricatures de Mahomet à ses élèves, il y a une semaine, suscitant une vive émotion au sein de l'établissement qui s'était répercutée dans la commune. Il avait fait l'objet de menaces après ce cours d'histoire.

Sur France Inter, le père d'un élève de 13 ans qui se trouvait dans la classe de ce professeur ce jour-là, a réagi. Selon lui, le professeur avait demandé aux élèves musulmans de sortir, avant de montrer les caricatures : "Apparemment, il n'a pas fait ça méchamment. Mon fils m'a dit qu'il avait fait ça pour préserver les enfants, pour ne pas les vexer. Il leur a dit : 'Je vais montrer une image. Je vous conseille de sortir pour pas être vexés, pour ne pas être choqués'", a insisté le père de famille, expliquant que l'enseignant "n'a pas voulu être condescendant ou manquer de respect." Si de nombreux parents d'élèves étaient venus voir l'enseignant pour expliquer "qu'il avait fait une erreur, mais de rien du tout", le parent d'élève souligne qu'"il y avait beaucoup de tensions sur les réseaux sociaux".

Que sait-on de l'assaillant ?

Le suspect est un jeune homme de 18 ans, né à Moscou en 2002, a appris franceinfo de source proche du dossier. Selon nos informations, il était inconnu des services de renseignement. 

Le geste de l'assaillant a été revendiqué sur un compte Twitter qui depuis a été fermé. Sur ce compte, on pouvait voir la photo de la victime après l'agression. L'auteur présumé des faits dit avoir voulu venger Allah. La police mène des investigations pour authentifier ce compte, pour être sûre qu'il appartient bien au suspect ou à un complice.

A qui l'enquête a-t-elle été confiée ? 

Le parquet de Pontoise s'est aussitôt dessaisi au profit du parquet national antiterroriste qui a ouvert une enquête pour "assassinat en relation avec une entreprise terroriste" et "association de malfaiteurs terroriste criminelle". 

Le service régional de police judiciaire de Versailles, la Sous-direction anti-terroriste (SDAT) et la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) sont chargés de cette enquête.

Plusieurs perquisitions ont été menées vendredi soir, notamment dans le département des Yvelines, dans l'entourage du suspect, a appris franceinfo de source proche de l'enquête.

Quelles sont les réactions ? 

Emmanuel Macron a qualifié les faits d'"attentat terroriste islamiste". Sur place, il a assuré que que la nation ferait bloc contre "l'obscurantisme" pour "protéger et défendre" les enseignants. "Tous et toutes nous ferons bloc. Ils ne passeront pas. L'obscurantisme et la violence qui l'accompagne ne gagneront pas. Ils ne nous diviseront pas. C'est ce qu'ils cherchent et nous devons nous tenir tous ensemble", a ajouté le chef de l'Etat.

 

 
 

 

"C'est la République qui est attaquée" avec "l'assassinat ignoble de l'un de ses serviteurs", a réagi pour sa part Jean-Michel Blanquer, sur Twitter. Le ministre de l'Education nationale, a annoncé qu'il recevra samedi les représentants du personnel de l'établissement et les parents d'élèves, et qu'il s'adressera en vidéo "à tous les professeurs, à tous les personnels et aux familles."

Du côté des syndicats d'enseignants, les réactions sont vives. "Nous sommes sous le choc", a déclaré Sophie Vénétitay, du Snes-FSU, premier syndicat du secondaire, au micro de franceinfo. "Nous avons ce soir un collègue qui a été assassiné, parce qu'il faisait son métier, parce qu'il avait choisi de faire cours en utilisant des caricatures, qui sont un des meilleurs moyens pour ouvrir l'esprit des élèves à l'autre, pour se confronter à la contradiction." Même émotion du côté du SE-Unsa : "C'est l'horreur qui frappe l'école de la République", a lancé son secrétaire général, Stéphane Crochet. "C'est l'école qui est attaquée pour tout ce qu'elle représente dans sa volonté de construire les esprits, d'ouvrir les esprits de tous", a-t-il assuré. "C'est une attaque au plus profond de l'école et une attaque à la République."

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