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Rien ni personne n'est supérieur à la vérité

100 MW en solaire thermique à Flouzeland

Publié par wikistrike.com sur 23 Mars 2013, 12:59pm

Catégories : #Ecologie - conso - biodiversité - énergie

100 MW en solaire thermique à Flouzeland

 

 

 

 

Il est vrai que je ne renierai rien de ce que j'ai écrit dans cette page, en 2005. Nous avions été invité, mon ami Christophe Tardy et moi, à Dubaï, par une espèce de fumiste, qui se prétendait ancien de la DGSE et avait convaincu un des membres de la famille régnante ( le Cheik Ahmed Bin Sulayem ) de financer une entreprise, " EXOMOS ", dont le but était de mettre au point et de fabriquer des ... mini sous-marins, pour véhiculer et amuser les émirs.

 

Hervé Jaubert avec à sa droite le Cheik Mohammed

 

Lire, par exemple :

http://www.lefigaro.fr/reportage/20060315.FIG000000014_sous_marins_de_poche_pour_cheikhs_riches.html

En principe ce bonhomme était issu de l'école Navale. Mais j'imagine qu'il avait dû sécher les cours d'hydrodynamique. Comme disait Christophe, en voyant ses sous-marins : "En moins hydrodynamique, je ne vois qu'un piano à queue".

On a nagé dans l'absurde pendant deux semaines. Quelle avait été notre motivation, en venant là-bas ? Les sous-marins ? Pas vraiment. Mais les émirs avaient de l'argent, beaucoup d'argent, et si nous avions pu rencontrer l'un d'eux, c'eût été pour lui dire " Voudriez-vous être le premier pays au monde capable de fonctionner entièrement à l'énergie solaire ? ". Malheureusement, l'occasion de nous en a pas été donnée et il ne nous restait plus qu'à tuer le temps, en attendant notre vol de retour, deux semaines plus tard.

C'était il y a huit ans.

L'Emirat, fonctionnant avec la société française Total, a mis en service la plus puissante centrale " solaire thermique" du monde : 100 MW. On en parlera plus loin.

Quand nous étions arrivés à Dubaï, en 2005, notre "chef d'entreprise", Hervé Jaubert, pour ne pas le nommer, avait fait venir d'un pays de l'Est un engin ULM à effet de sol, équivalent à toute petite échelle des Ekranoplanes russes. La vidéo montrait que si l'appareil, un biplace en tandem, n'était piloté que par une seule personne, d'un poids modéré, l'appareil pouvait s'élever à plusieurs mètres au dessus du sol, en croisant à bonne vitesse. Et avec ces moignons d'aile, le pilotage d'un tel appareil, croisant à près de 100 km/h, ne devait pas être aisé et a priori sacrément dangereux. Ma réaction d'ancien élève de Supaéro et de pilote d'ULM avait été de lui dire immédiatement :

- Si vous voulez tuer un émir, ou fils d'émir par semaine, succès assuré !

Il avait rangé dans ses tiroirs ce projet de mini Ekranoplane pour émirs.

Jaubert avait visiblement été impressionné par la séquence où on voyait James Bond, dans le film "Opération Tonnerre" évoluer à grande vitesse au milieu "des méchants" ( "bad guys" ) en ayant sur le dos une bouteille de plongée, surmontée d'un propulseur avec une hélice carrénée entraînée par un moteur électrique. Ce qu'il faut préciser c'est que Sean Connery (ou sa doublure) était en fait discrètement tiré par un câble, à vitesse modérée, le tout étant accéléré à la projection.

S'inspirant donc de cette séquence, Jaubert avait fait réaliser un équipement dorsal carréné, du plus bel effet, intégrant une bouteille de plongée, plus un système de propulsion. Hélas la force appliquée se trouvait désaxée de plus de 10 cm par rapport au "centre de traînée" du plongeur, en gros de l'axe de son corps. Lors des essais, du fait de cet incontrôlable couple pîqueur, son kamikaze plongeur d'essai se retrouva immédiatement le nez planté dans la vase du fond. Je suggérais à Jaubert de modifier la géométrie de cet équipement. Hélas, soixante dix exemplaires étaient déjà sortis d'un moule. Là encore, sur le plan engineering, c'était indémerdable.

Dans le hall d'entrée se trouvait deux maquettes d'un "yacht submersible". Le premier était une version civile. Imaginez un yacht de bonne taille, mesurant vingt cinq mètres de long, avec bastingage, cabine, couchettes, WC, plage arrière, poste de pilotage. Son émir lui ayant demandé "un yacht capable de plonger", Jaubert avait immédiatement conçu ce truc surréaliste. Juste à côté trônait, dans ce hall d'accueil, "la version militaire" de l'appareil, de couleur kaki.

Christophe et moi nous mimes au travail, en essayant de réduire un peu le " Cx ", la traînée d'une telle monstruosité. J'avais imaginé par exemple que le bastingage avant pourrait se rabattre vers l'avant, pour ne plus faire obstacle à l'écoulement liquide. Mais Jaubert nous arrêta net. Le bateau était ... presque fini. Effectivement, à quelques mètres du bureau où nous nous étions installés, dans un grand hall voisin, des ouvriers s'affairaient à finir le ponçage de sa coque. On ne pouvait plus toucher à rien.

Un ou deux ans plus tard un type qui avait travaillé dans l'industrie sous-marine m'appela au téléphone. Jaubert voulait s'assurer ses services. Je lui conseillais vivement de faire inscrire sur son contrat que ses frais de transport, d'hébergement et de location de voiture ne seraient pas déductibles de l'envelope correspondant à son contrat. Et bien lui en prit de prendre cette précaution.

Il passa quelques mois à Dubaï. Quand il arriva, le yacht submersible, terminé, avait été mis à l'eau. Mais comme personne n'avait fait de calcul sur le poids des batteries, il penchait, comme le Pitalug cher à Marcel Pagnol. Jaubert en fit enlever quelques une, jusqu'à ce que le fier navire retrouve un minimum d'horizontalité.

Les essais de submersion se révélèrent décevants. Avec une traînée aussi monstrueuse et une motorisation électrique avec des moteurs de machines à coudre, le monstre ne bougeait carrément pas. C'est alors que Jaubert, baratineur infatigable, dit à son émir, un peu désappointé :

- En fait, je ne vous avais pas tout dit : c'est un projet militaire. Le bateau navigue. Et s'il y a quelque menace, il plonge et attend, tapi sur le fond.

Là, les frères de l'émir se mirent de la partie et piquèrent une grosse colère en voyant tout l'argent qui avait été dépensé dans cette entreprise Exomos, qui comptait 140 employés, principalement des Indiens (les articles parlent d'un détournement de trois millions et demi de dollars). Ils exigèrent que Jaubert les rembourse et lui confisquèrent son passeport. Jaubert, qui m'avait contacté en me demandant de pouvoir utiliser les dessins que j'avais faits là-bas, pour un ouvrage qu'il était en train d'écrire (ce que je lui ai refusé) me dit " j'ai retrouvé mes réflexes d'agent secret. J'ai commencé par faire partir ma femme et mon fils aux USA. Puis j'ai fait acheter un voilier par des amis à moi, que j'ai rejoints, une nuit, avec un Zodiac. Et c'est avec ce voilier que j'ai pu rallier la côte des Etats-Unis". C'était en 2009. Voir, pour la suite,cet article de 2010 dans l'ExpressRéalité, bluff, effet d'annonce. Je ne sais. Un autre écho, qui date de ce jour, mercredi 30 mars 2013 :

http://www.loriental.info/economie/649-dubai-world-traque-les-fraudes.html

où on note la phrase :

" Jaubert, c’est ce Français dont il est difficile de savoir s’il s’agit d’un James Bond à la sauce frenchy, d’un arnaqueur, ou d’un mythomane ".

Peut-être un mélange des trois ( ce qui doit parfois être le cas au sein de cette DGSE). Mais, s'agissant d'Hervé Jaubert, quelque soit l'angle sous lequel on aborde le personnage, un qualificatif semble convenir à ce spécialite de la nage entre deux eaux. Il est avant tout

Totalement insubmersible

Ce qui est intéressant, aujourd'hui, ça n'est pas le rappel de cette histoire aussi rocambolesque que lamentable, ni celui des gâchis indéniables dont l'émirat s'est fait une spécialité. La nouvelle du jour, c'est la mise en service de la plus puissante centrale solaire thermique du monde : 100 MW.

 

http://www.20minutes.fr/planete/1119949-20130317-emirats-entrent-plain-pied-solaire

Ce chiffre de cent mégawatts est important. Il montre que le solaire peut, non seulement participer à une alimentation de besoins domestiques, mais aussi accéder à une échelle industrielle. C'est un à deux ordres de grandeur au dessus d'installations solaires photovoltaïques, à rendement limité, et un ordre de grandeur en dessous de puissantes centrales nucléaires. Le solaire thermique, ou photovoltaïque est simplement une question d'investissements

Cette installation représente 7 % des besoins en énergie électrique des Emirats Arabes Unis. Mais, renseignement pris, cette centrale ne fonctionne pas 100 % au solaire. C'est un mix centrale solaire, centrale thermique. Les hautes tours, visibles sur la photo, sont des échangeurs, associés à des brûleurs à gaz. Les Emirats sont riches en pétrole, mais aussi en gaz. Celui-ci assure donc ici la production nocturne d'électricité et régule le niveau de la production. Il aurait été bon que l'annonce de l'agence de presse le mentionne. Le mot " à concentration " évoquait la concentration de cette énergie dans un système de stockage, sous, dans de vastes citernes de sel (nitrates de sodium et de potassiun), et je m'y suis laissé prendre. En fait des reportages indiquent seulement qu'une meilleure concentration est obtenue en utilisant des miroirs paraboliques et non cylindriques, ce qui reste trivial. Au foyer circule une huile synthétique portée à 400°.

Les Emirats travaillent aussi sur un autre projet futuriste, la construction de la ville de Masdar qui devrait être achevée en 2020, où le but visé est de pouvoir s'affranchir du recours au pétrole, en fonctionnant totalement à l'énergie solaire. Le problème est alors inverse de celui des contrées du nord. Les habitations de Masdar doivent réussir à lutter contre la chaleur, la température pouvant dépasser 50° dans ce désert. Aux Emirats on dépense de l'énergie, non pour se chauffer, mais pour réfrigérer les habitations et locaux de tous ordres.

Une faible partie de Masdar a été réalisé, couplée à une unité de production d'énergie solaire par procédé photovoltaïque, de 10 MW. Les unités d'habitation ne consomment que 60 % de cette électricité, le reste étant redirigé vers Abu Dabi, proche, via le réseau. Le reportage indique que les panneaux doivent être nettoyés de la poussière toutes les deux semaines, pour ne pas perdre de leur efficacité.

Masdar possède un système de transport individuel par voiturettes électriques, sans chauffeur, qui sont guidées par une installation située au sous-sol (des aimants ) et reviennent, leur tâche effectuée, se recharger automatiquement sur des bornes alimentées par des capteurs photovoltaïques.

Il est dommage que le projet Sham 1 n'ai pas visé d'emblée une centrale 100 % solaire, avec un système de stockage dans des sels, comme cela a été réalisé en Espagne.

L'extension de tels projets n'est qu'une question d'investissements. Oui, se passer du pétrole. S'affranchir du danger mortifère du nucléaire coûterait de l'argent, avec un volume d'investissements approchant les dépenses faites lors d'une guerre. Mais notre survie est à ce prix. Dans les reportages, on brandit sans cesse des comparaisons basées sur le coût du kilowatt heure. Mais on oublie d'évoquer le coût santé. En optant pour le nucléaires, et en se polarisant sur ce coût, on fait l'impasse sur le fait :

- Qu'on ne sait pas gérer, contrairement à ce que pense Paul Henri Rebut ( "les déchets, ça se gère " ), les déchets radioactifs produits par les centrales.

- On ne sait pas démanteler celles-ci

- Les cuves et diverses installations soumises au bombardement neutronique ont des durées de vie limitées, du fait que celui-ci les fragilise, par transmutation des atomes en hélium (ce qui revient à créer des fissures dans la maille cristalline, l'hélium ne pouvant se lier à aucun autre atome ). Quand ces cuves (pressurisées) ont atteint leur durée de vie, on ne sait ... qu'en faire.

- Enfin le risque d'accident majeur est inévitable, inéluctable, et ce qui émergera d'un accident d'un surgénérateur fonctionnant au plutonium sera beaucoup plus dommageable que ceux issus de générateurs fonctionnant à l'uranium, ou au Mox.

- Ajoutons que la " filière thorium " est une foutaise de plus. Seule la recherche d'une fusion aneutronique Bore Hydrogène ferait du nucléaire pourrait constituer une filière d'avenir, propre, inépuisable et sans danger. Mais pour cela, il faudrait ... de l'imagination. Quand on est dirigés par des cons, ils ne faut espérer que des conneries.

Revenant sur Sham 1 on aimerait avoir des détails, c'est l'efficacité du système de nettoyage des miroirs. C'est le problème essentiel qui plombe le déploiement du solaire thermique dans des régions désertiques, où l'eau est rare, trop précieuse pour être consommée pour les taches de nettoyage. On voit sur le cliché suivant l'installation en batteries des miroirs réfléchissants, focalisant l'énergie solaire sur leur tube-foyer :

 

.

Une batterie de miroirs de l'installation Sham 1, à Abu Dabi

 

De tels miroirs doivent être fréquemment nettoyés sinon le dépôt de sable ou de poussière à leur surface nuit à leur pouvoir réfléchissant. Voici une des unités de nettoyage mises en oeuvre à Abu Dabi. Il s'agit d'un camion citerne qui porte deux bras robotisés, munis chacun de quatre brosses rotatives. .

 

 

Les brosses rotatives se mettent en place. Les miroirs se sont mis en position verticale.

 

L'une des brosses rotatives en action. On distingue, au dessus, une pipe d'injection d'eau.

 

L'installation est implantée dans une région très sèche, où on aura une forte évaporation de l'eau. On sait par ailleurs d'où vient cette eau, nécessairement douce. Il n'y en a pas aux Emirats Arabes Unis. Toute l'eau douce consommée provient de la désalinisation de l'eau de mer. Près de Dubaï on voit l'immense centrale thermique, fonctionnant au fuel, qui produit non seulement l'électricité domestique, mais aussi cette eau douce, que les émirati consomment sans compter, puisque leurs axes routiers sont bordés de plages de verdure, sous lesquelles circulent des canalisations enterrées.

La question capitale est "quelle est la fraction de l'énergie électrique produite, qui doit être utilisée pour désaliniser l'eau de mer et assurer le nettoyage des miroirs ? ". Si cette question est résolue, alors les possibilités du solaire thermique deviennent infinies, non seulement dans des régions côtières, avec une possibilité d'exporter l'énergie électrique produite à l'aide de lignes acheminant du courant continu en haute tension ( de 400.000 à 800.000 volts ) mais selon une formule de solaire sur barges ( solution évoquée dans Nexus en 2012 ). Des barges qui pourraient être installées en face des côtes du midi de la France. Une solution préférable à celle du projet DESERTEC, trop aléatoire sur le plan politique.

On remarquera au passage qu'il existe un pays qui dispose d'un énorme potentiel au plan solaire, à proximité d'une énorme ressource en eu douce. C'est l'Egypte, qui se résume à la vallée du Nil. La production d'électricité par voie solaire déchargerait la tâche du barrage d'Assouan, dont on connaît maintenant les effets pervers au plans environnemental : cessation de l'apport de limon, réduction de la surface du delta.

Si on intègre la gestion de la désalinisation de l'eau de mer, ce sont toutes les côtes des pays du bassin méditerrannéen qui pourraient être équipées. Ces étendues océaniques se situent à des latitudes où l'insolation est importante. Au lieu de produire directement de l'électricité, ces pays producteurs d'énergie pourraient l'utiliser à produire de l'hydrogène, par électrolyse, lequel pourrait à son tour être acheminé par voie maritime, sous forme comprimée, vers des pays consommateurs, utilisant ce combustible 100 % propre, puisque ne produisant que de la ... vapeur d'eau.

Il y a un détail amusant, dans cette affaire de stockage d'énergie sous forme d'hydrogène comprimé. Cette compression s'effectue nécessairement au pris d'un échauffement, avec dissippation des calories à l'aide d'un radiateur. Cette énergie se trouve alors stockée ... dans la nature. A l'inverse, quand on utilise cet hydrogène comprimé il faut, pour le brûler, le détendre. Cette détente le refroidit. On élèvera sa température à l'aide d'un échangeur, prélevant les calories dans l'atmosphère. Et, modulo quelques pertes, on retrouve celles qu'on avait dissipées sur le site de production et de stockage sous forme comprimée. Ainsi, quand le navire emporte cet hydrogène comprimé, il est discrètement accompagné par les calories qui avaient été stockées ... dans l'air ambiant.

Je vais avoir 76 ans. Il ne faudra pas compter sur moi pour mener un combat pour le développement de telles formules ( et de bien d'autres ). Je me suis par ailleurs lassé de l'ostracisme dont je suis l'objet depuis trois décennies, qui ne s'est nullement affaibli, et qui s'appuie sur des raisons qui n'ont rien à voir avec mes compétences scientifiques et techniques.

Mais je me devais de signaler cette avancée.

D'autres avancées en matière d'exploitation de l'énergie solaire pourraient être faites, en utilisant des surfaces considérables, auxquelles personne ne pense : en couvrant simplement les axes routiers et les voie ferrées. Pour cela, il faudrait un gouvernement qui ait de l'imagination, ce qui n'est ni le cas de celui qui a actuellement en charge le destin du pays France, ni de ceux qui suivront.

Le lobby nucléaire se moque éperduement des conséquences de ses choix, au plan de la santé publique et des risques. Comme disait Einstein à propos des militaires : pour de tels gens, un cerveau n'est nullement nécessaire. Un cervelet suffit largement. Leur seule réaction, de type reptilien, se situe dès que ces gens percoivent le bruit d'un froissement des billets.

J'ai déjà dit et écrit à quel point les décisions imbéciles du gouvernement Hollande, en matière de nucléaire, m'avaient consterné. A quel point tout cela avait montré que les efforts que j'avais déployés en deux années avaient été complètement vains. Je n'insisterai pas plus sur ce point.

N'espérez point que des scientifiques, entre au du Cnrs, prennent le moindre risque pour dénoncer l'aberration des projets français ( ITER, Mégajoule, le surgénérateur à neutrons rapides Astrid, refroidi au sodium ). A l'inverse, par exemple, le bulletin de la Société Française de Physique a ouvert ses colonnes à Jacquinot, retraité, fondateur de l'IRFM (Institut de Recherche sur la Fusion Magnétique). La voie est libre, maintenant. Personne ne le contredira. L'académicien Guy Laval, 77 ans, auteur de cette phrase remarquable "attendons les premiers résultats d'ITER pour nous prononcer", ne mettra pas en révision le rapport de 2007 qu'il a supervisé, à l'académie des Science, concernant la possible exploitation de la fusion pour produire de l'énergie.

 

Est-ce la peine de mentionner que le système de réfrigération de la piscine proche du réacteur numéro quatre, de Fukushima, vient tout récemment de connaître une panne de 28 heures, suite à une panne d'alimentation électrique. Est-ce la peine de mentionner qu'Areva a repris ses exportations de MOX en direction du Japon, où le nouveau gouvernement, orienté à droite, procède à la réouverture progressive de toutes les centrales ?

Est-ce la peine de mentionner qu'au Japon de récentes manifestations ont mobilisé " de milliers de personnes ", autrement dit, rien, à l'échelle d'une telle population.

Ah, j'oubliais. Le Conseil Régional de la Région PACA vient d'accueillir en son sein un ancien directeur de musée, retraité, qui verra ainsi sa retraite s'accroître des 2400 euros liés à cette charge. Il a adhéré au parti Europe Ecologie les Verts. Je ne peux m'empêcher de citer une de ses idées, s'agissant d'une tentative de s'opposer à la gabegie d'ITER. Je vous raconte cela, parce j'ai rarement vu plus con dans toute mon existence. Voici ce que j'ai entendu de la bouche de cet olibrius :

- Il se trouve que ma belle-fille est liée à la fille de Thrieweiller. Ainsi, par son entremise, on pourrait avoir une entrevue avec la compagne de Hollande. On lui expliquerait ITER et elle pourrait ensuite répercuter cela auprès de celui-ci, sur l'oreiller ( au-then-ti-que ! ).

Nulle doute que le Conseil Régional PACA doit se féliciter de s'êtret assuré le concours d'une recrue dotée d'une telle capacité imaginative.

La Revue Nexus restera la seule à avoir évoqué, quand son numéro de janvier-février 2013 le fiasco complet du NIF, grand frère du Mégajoule que l'on achèvera, imperturbablement, près de Bordeaux, et qui repésentera un gâchis complet de 6,6 milliards d'euros.

N'espérez pas non plus, au plan de la recherche, qu'on s'intéresse à une fusion impulsionnelle (Z-machine ou MagLif) et à la faisabilité d'une fusion aneutronique. Sur ce plan, pas de chance, Malcom Haines, qui avait été le premier à comprendre pourquoi ça marchait si bien, a été emporté par son cancer des os en janvier 2013.

 

Malcom Haines, décédé en janvier 2013

 

Son explication des fortes températures obtenues en 2005 à Sandia ( plus de deux milliards de degrés ), basée sur une processus d'échange entre le gaz d'électrons et le gaz d'ions, par turbulence MHD a mis six années à s'imposer, au colloque de Biarritz, où je l'avais rejoint pour le soutenir, le cas échéant.

S'imposer, ça dépend chez qui. Les Français restent complètement hors jeu. A Polytechnique ou au CEA on doit encore s'accrocher à cette idée de "points chauds". C'est curieux comme des idées réellement neuves et fécondes (qui débouchent, de manière concrète et mesurée, sur le domaine, totalement neuf, de plasmas hyper-chauds, où on parlera un jour en dizaine de milliards de degrés) mettent du temps à percer. Il faut dire que la cervelle d'un polytechnicien n'a qu'un faible niveau de perméabilité. Moi j'avais réagi dès la lecture du papier de Malcom, dans Physical Review, en 2006. .

Il est vrai, par ailleurs, que les oreilles sont largement emplie du bruit de fond des générateurs à rendements surnuméraires, des "générateurs de Teslas" et autres bilevesées, tout cela tendant à dicréditer toute percée indéniable, concrète, solide.

Vox clamat in deserto

Source: JP Petit(Et que vive Bayonne)

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barbalala 24/03/2013 03:15


nickel

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