En ce matin d’été étouffant, une longue queue s’est formée devant l’école de Patwari, une bourgade agricole
proche de New Delhi. Les femmes, les cheveux voilés par le purdah, ont mis un beau sari. Les hommes tiennent les enfants par la main. Tous se serrent les uns contre les autres. Depuis
quelques jours, le tambour du village sillonnait les rues, martelant son message : "Il faut aller au 'recensement biométrique."
Une opération très simple : une photo du visage, une analyse de l’iris et l’empreinte des doigts
fourniront une identité biométrique, conservée à jamais dans une base informatique. Elle prendra la forme d’un numéro à 9 chiffres.
L'Inde a ainsi lancé un vaste projet visant à constituer une base de données biométriques de ses habitants,
remporté en 2010 par l'entreprise française Morpho, filiale du groupe
d'armement et de défense Safran.
Dans son édition du 2 janvier, Le Figaro détaille. Ce « marché de l'identité » de 1,5 milliard de dollars – que
Morpho partage avec une autre filiale de Safran – entend collecter les empreintes digitales et les scans de l'iris de 200 millions d'Indiens d'ici à juin prochain. A terme, elle recensera
l'intégralité de la population du deuxième pays le plus peuplé du monde.
Pour l'Inde, l'enjeu est central, puisqu'il vise ni plus ni moins à court-circuiter la corruption, dans un pays où plus des trois-quarts de l'aide sociale sont détournés.
Sources:
Source: Conscience du peuple