+96 % de plaintes contre les bavures policières


PAR NOLWENN WEILER

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Notes
Menottage systématique, insultes, brutalités entraînant parfois la mort... Le rapport 2011 du Défenseur des droits, Dominique Baudis, a été remis le 25 juin à François Hollande [1]. Il fait état de violences policières persistantes en 2011. Alors que le nombre global de dossiers reçus dans les quatre domaines d’activité du Défenseur [2] a baissé de plus de 3 %, les plaintes concernant la déontologie de la sécurité ont explosé : + 96 % ! Cette augmentation s’explique en grand partie par le fait que depuis le 1er mai 2011, tout citoyen, victime ou témoin d’un manquement à la déontologie commis par les forces de sécurité, peut saisir le Défenseur des droits.

« Ce chiffre, au regard des dossiers traités, ne signifie pas, pour autant, un accroissement des manquements commis par les forces de sécurité », avance le rapport. Il signifie quand même que les bavures de la police nationale ne sont pas en train de diminuer… Quand les réclamations concernant la police municipale représentent 3,8 % des plaintes. Ces violences, souvent impunies, font le lit de tensions et d’incompréhensionscroissantes entre la population française et la police, censée protéger les citoyens.

La Ligue des droits de l’homme regrette la formulation adoptée dans plusieurs déclarations du Défenseur des droits. Une formulation parfois malvenue… À propos de décès survenus au cours ou à la suite de certaines interpellations,« le rapport constate tout simplement que les fonctionnaires de police "avaient manqué de discer­nement, en utilisant un recours dispropor­tionné à la force" ». Le 9 mai 2008, à Grasse (Alpes-Maritimes), les policiers ont ainsi « manqué de discernement » à l’encontre d’Hakim Ajimi, 22 ans. Le jeune homme en est mort. Plusieurs témoins de la scène ont rapporté que les fonctionnaires ont continué à faire pression sur le dos et la nuque du jeune homme alors que, menotté à terre, il s’asphyxiait. Jugés en correctionnel au mois de janvier 2012, les trois policiers ont écopé de peines avec sursis. Un manque de discernement du tribunal peut-être…

[1Consulter le rapport.

[2] Créée en juin 2011, la fonction de Défenseur des droits regroupe l’ancien médiateur de la République, le Défenseur des enfants, la Halde et la Commission nationale de déontologie de la sécurité (CNDS)

 

Source: Bastamag

Tag(s) : #Social - Société
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