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Alba Longa (Albe), et le temple de Jupiter

Publié par wikistrike.over-blog.com sur 27 Janvier 2011, 21:18pm

Catégories : #Civilisations anciennes

Cité antique fortifiée du LatiumAlbe la Longue (Alba Longa) est l'une des plus anciennes cités d'Italie. Elle est située à 20 km au sud-est de Rome.


Selon la légende, Albe la Longue (en italien Alba Longa) est fondée par Ascagne (Iule), fils d’Énée, trente ans après la fondation de Lavinium. Chronologiquement, cela signifierait à peu près au milieu duxiie siècle av. J.-C., peu de temps après la destruction de Troie (qui aurait eu lieu en 1184 av. J.-C. selon les Anciens).

 Légende et origine d'Albe

Ascagne aurait fondé une dynastie de rois albains (Voir en:Latin kings of Alba Longa), dont nous ne connaissons que les noms de Procas et de ses fils Numitor et Amulius. L’héritier légitime de Procas était Numitor, mais il est chassé par son frère Amulius, qui usurpe le trône et contraint Rhéa Silvia, la fille de Numitor, à entrer dans les rangs des vestales pour lui ôter tout espoir d'avoir une progéniture qui pût venger son grand-père. Quand Rhéa Silvia donne naissance aux jumeaux Romulus et Rémus, engendrés par Mars, Amulius ordonne de les tuer. Mais les jumeaux sont abandonnés sur le Tibre et sauvés. Devenus hommes, et prenant conscience des droits de leur naissance, ils tuent Amulius et rendent le trône à Numitor. Ce dernier, en remerciement, leur permet de fonder une nouvelle cité, Rome : ainsi, les Romains regardent traditionnellement Albe-la-Longue comme leur cité-mère.

Alors que la puissance de Rome augmente, les deux cités entrent en conflit, et finalement sous le roi Tullus Hostilius (vers le milieu du viie siècle av. J.-C.), une guerre entre elles est conclue par le célèbrecombat des Horaces et des Curiaces. Albe est détruite (665 av. J.-C.), pour ne jamais être reconstruite, et ses habitants sont déplacés à Rome, où la colline de Caelius leur est offerte.

 

 

Dans la mythologie grecque et romaineAscagne ou Iule est le fils d’Énée et de Créuse (la fille de Priam).

Selon la version la plus ancienne et la plus traditionnelle de la légende, Ascagne s’enfuit de Troie avec son père et son grand-père paternel Anchise. Plus tard, il aurait été envoyé par son père en Propontide pour y régner avant de se joindre à son cousin Astyanax, le fils d’Hector, afin de rétablir la cité de Troie. Une seconde version prétend qu’Ascagne accompagna son père en Italie mais que dans sa vieillesse Énée revint en Troade, aurait régné sur Troie, avant de céder le royaume à son fils. Une dernière version, que l'on retrouve notamment chez Tite-Live[Où ?], estime qu'Ascagne serait le fils d'Enée et de Lavinia, fille du roi Latinus qu'épouse Enée après être arrivé en Italie (voir Tite-Live, ab urbe condita libri, livre I). A noter queTite-Live site les deux dernières versions comme également plausibles.

Cependant la tradition la plus connue est la chasse romaine, reprise dans l'Énéide, où Ascagne fait souche en Italie à la suite de son père. Virgilenous le représente comme un personnage incarnant l’espoir des Troyens survivants, adoré par son père et sa grand-mère paternelle, la déesseAphrodite, mais parfois maladroit qui par exemple déclenche les hostilités avec les Latins en tuant une biche sacrée.

À la mort de son père, la tradition romaine représente Ascagne régnant sur les Latins et les Troyens réunis, luttant contre les Étrusques sur lesquels il aurait remporté une victoire au bord du Numicius. Enfin il est considéré comme le fondateur d'Albe-la-Longue, trente ans environ après la fondation de Lavinium par son père. Il y est contraint par l’hostilité des Latins lesquels prennent le parti de sa belle-mère Lavinia, veuve d’Enée et de son demi-frère Silvius. C’est pourtant ce dernier qui lui succède sur le trône d’Albe.

Il est connu parfois chez les Romains sous le nom de Iule, en latin Iulus, ce qui permettait à la famille des Iulii de prétendre descendre de lui. L’origine de ce nom est expliquée de la façon suivante : à la disparition d’Énée des combats éclatent entre les Troyens unis aux Latins, dirigés par Ascagne, et les Rutules et leurs alliés étrusques. Ascagne est victorieux et reçoit le surnom d’Iobum ou Iolum diminutif de Jupiter. Ascagne par ce surnom serait devenu le « petit Jupiter ». Caton dans sesOrigines rapporte déjà cette étymologie. Une autre tradition attribue ce nom au fils d’Ascagne, écarté du trône d’Albe par son oncle Silvius qui en fait un prêtre.

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Rois d’Albe la Longue

Selon Denys d'Halicarnasse, les rois d’Albe la Longue forment une chaîne de descendance directe entre Ascagne et Romulus. Grâce à Tite-Live, nous connaissons les deux derniers rois d’Albe la Longue qui ne font pas partie de cette séquence. Les deux ont régné sous Tullus Hostilius, un roi romain. Le premier fut Gaius Cluilius qui meurt lors d’une guerre contre les Romains. Mettius Fufetius, qui lui succède, est aussi exécuté par Tullus Hostilius pour traîtrise.

La liste des rois légendaires d'Albe la Longue est celle qui suit1 :

  1. Ascagne (ou Iule), roi de Lavinium en -1155, puis roi d'Albe la Longue de -1155 à -1143 ;
  2. Silvius, roi de -1143 à -1114. Il donne son nom à la dynastie des Silvia ;
  3. Enée, roi de -1114 à -1078 ;
  4. Latinus II (ou Latrius), roi de -1078 à -1039 ;
  5. Alba, roi de -1039 à -1002 ;
  6. Lapétus (ou Atys), roi de -1002 à ? (fin règne inconnue) ;
  7. Capys, roi de ? (début règne inconnue) à -976 ;
  8. Calpétus (ou Capétus), roi de -976 à -905 ;
  9. Tibérinus, roi de -905 à -885 ;
  10. Agrippa, roi de -885 à -864,
  11. Alladès (ou Romulus), de -864 de -845 (meurt foudroyé) ;
  12. Aventinus, roi de -845 à -808 ;
  13. Procas, roi de -808 à -794 ;
  14. Numitor roi en -794 et de -754 à -735 (trône usurpé par Amulius entre -794 et -754) ;
  15. Lausus roi de -794 à -794 (meurt tué par Amulius dès son premier jour de règne) ;
  16. Gaius Cluilius roi de -735 à -665 (assassiné dans une guerre contre les Romains) ;
  17. Mettius Fufetius roi -665 à ? (fin règne inconnue).

Données archéologiques et interprétation historique

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Localisation probable d’Alba Longa sur une carte duLatium antique, entre le lac albain et le mont albain
(1886, G. Droysens Allgemeiner Historischer Handatlas)

La localisation de la cité latine antique a fait l’objet de nombreux débats depuis le xvie siècle. Le point de départ est l’histoire de la fondation chezDenys d'Halicarnasse qui parle d’un site entre Monte Cavo et le lac albain. Le site a été identifié à plusieurs reprises : au couvent de Saint Paul à Palazzola, près d’Albano, ou à Coste Caselle, près de Marino, ou enfin à Castel Gandolfo. Il est établi que c’est à Castel Gandolfo que se trouve la villa de Domitien, dont des sources antiques affirment qu’elle occupe l’emplacement de la citadelle d’Albe.

Les données archéologiques disponibles remontent à l’Âge de fer et établissent l’existence d’une série de villages, dont chacun possède sa propre nécropole, le long de la côte sud-ouest du lac albain. Quand Rome les détruit, ces villages devaient être en phase encore pré-urbaine, et commençaient à se regrouper autour d’un centre qui aurait bien pu être Castel Gandolfo. Cette hypothèse découle du fait que la nécropole qui s’y trouve est beaucoup plus grande, ce qui laisse penser à une plus grande ville.

Plus tard, durant la période républicaine, le territoire d’Alba (l’Ager Albanus) voit la construction de nombreuses villas résidentielles, qui sont mentionnées dans la littérature antique et dont des vestiges sont toujours visibles.

Le sanctuaire de Jupiter latiaris

Au sommet du Mons Albanus se trouve un sanctuaire très ancien consacré à Jupiter LatiarisFlorus, l’historien romain du iie siècle, rapporte que le lieu aurait été choisi par Ascagne, le fondateur d’Albe-la-Longue, qui après la fondation de la cité aurait invité les Latins à y célébrer des sacrifices en l’honneur de Jupiter.

Dans le sanctuaire, on célèbre chaque année les Feriae Latinae, au cours desquelles toutes les cités appartenant à la confédération des peuples latins se réunissent pour sacrifier au dieu un taureau blanc, dont la chair est distribuée aux participants. Il s'agit donc d'un culte fedéral et sa situation proche d'Albe-la-Longue témoigne de l'hégémonie qu'il devait exercer sur les autres lieux de culte de la région, parmi lesquels devait figurer Rome.

Après la destruction d’Albe-la-Longue et la substitution de Rome comme centre hégémonique, la tradition rappelle l'édification d'un véritable temple dédié à Jupiter Latiaris sur le mont Albain sous le règne de Tarquin le Superbe. Ce temple de Jupiter sur le Capitole, inauguré traditionnellement en 509 av. J.-C., est destiné à remplir les fonctions du sanctuaire fédéral latin, établissant le centre religieux à Rome.

Il ne subsiste aujourd’hui du sanctuaire antique que quelques vestiges du mur d’enceinte, qui ont été déplacés du site, et des restes importants de la route pavée qui en permette l’accès et qui rejoint laVoie Appienne près d’Aricie.

Notes et références

      Première résidence du premier des dieux romains, le temple de Jupiter Capitolin est situé sur le sommet du Capitolium, colline au pied de laquelle, selon la mythologie, Romulus décida de bâtir Rome. Ce temple romain, appelé le temple de Jupiter Très Bon et Très Grand, était dédié à la triade de JupiterJunon et Minerve, mais appelé, par abréviation, « temple de Jupiter » ou « temple de Jupiter Capitolin »

Les flamines de Jupiter

Les Flamen Dialis (prêtres chargés du culte de Jupiter) y célèbrent le culte de « Iovi Optimus Maximus » : « Jupiter, mot à mot, le meilleur et le plus grand. En effet, on distingue plusieurs formes du pouvoir de Jupiter, notamment le tonnerre et la foudre ; dans le cas du temple de Jupiter Capitolin, c'est le souverain des dieux, le plus grand des héliopolitains qu'on célèbre, le sommet de la triade capitoline (comportant aussi Junon et Minerve). C'est pour cette raison, que ce temple fut toujours l'objet d'une particulière attention du pouvoir Romain.

Georges Dumézil rapproche l'étymologie de "flamine" de celle de "brahmane".

La construction

Le temple primitif aurait été construit par Tarquin l'Ancien et terminé par Tarquin le Superbe, mais selon Tite-Live il fut consacré seulement en 509 av. J.-C., lors de la première année de la République Romaine. Incendié à plusieurs reprises (dont une fois avec les livres sibyllins offerts à Tarquin le Superbe par la sibylle de Cumes), il fut à chaque fois reconstruit toujours plus somptueux :

Le temple était construit selon une architecture étrusque, avec trois cellæ parce que consacré à la triade capitoline. Les parois et les colonnes étaient en tuf, et il était recouvert de bois et revêtu de plaques de terre cuite. Lors de la reconstruction de Domitien, les colonnes furent construites en marbre du Pentélique, le toit recouvert de tuiles en bronze doré et les portes de lames en or. Des restes du stylobateet des fragments des colonnes sont conservés dans l'actuel Palais des Conservateurs.

Une partie des fonds destinés à la restauration et à l'entretien du temple provenait de la communauté juive de l'Empire, obligée de payer un impôt spécifique, le fiscus judaicus.

Les statues

La première statue de Jupiter, œuvre de l'artiste étrusque Vulca de Véies, trônait dans la cella centrale. La statue de Jupiter était vêtue d'étoffes précieuses et le visage était peint en rouge, le symbole de la foudre était tenu dans la main droite. Une statue chryséléphantine, comme celle de Zeus à Olympie, fut élevée sous Domitien.

Dans les cellæ latérales étaient placées les statues de Junon et de Minerve.

Sur le toit du temple se trouvait un groupe initialement en terre cuite, représentant Jupiter victorieux sur son quadrige. Ce groupe pourrait être aussi l'œuvre de Vulca de Véies (selon Pline l'Ancien). Au-dessus du fronton étaient incorporés des acrotères qui soutenaient au centre le quadrige de Jupiter en bronze. Sur les côtés étaient placés ceux de Minerve et de Mars.

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