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Alerte à la crise financière : les questions sur la faillite de Groupama préfigurent-elles une catastrophe à la Lehman Brothers ?

Publié par wikistrike.com sur 6 Octobre 2012, 15:41pm

Catégories : #Economie

Alerte à la crise financière : les questions sur la faillite de Groupama préfigurent-elles une catastrophe à la Lehman Brothers ?

 

groupama.jpgQuelques heures après l'annonce par Groupama du non paiement de son coupon sur des emprunts obligataires, l'agence Fitch a abaissé de deux crans la note de l'assureur vert (BB+),désormais classé dans la catégorie "spéculative".

Dans la pratique, il s’agit d’une échéance de 60 millions qui ne sera pas honorée. Les arguments de Groupama sont probablement de bonne foi, le problème est qu’ils sont amenés par une communication qui trouble les ondes émises jusqu’ici, qui surprend. Et comme chacun le sait, le financier n’aime pas les surprises d’octobre.

Groupama a donc beau annoncé un retour à une marge de solvabilité de 120%, les marchés risquent de se montrer sceptiques sur la valeur des chiffres que le régulateur devrait valider. Un signe ? La réaction immédiate de Fitch, propriété de Marc Ladreit de la Charrière, qui dégrade la note de Groupama de deux crans dans la journée même de l’annonce. Avec un glorieux BB+, l’assureur vert est désormais classé dans la catégorie "spéculative".

Les responsables de Groupama se sont employés à dire que tout cela était un non-sujet. Pas sûr que cette stratégie de communication soit la bonne. Après la faillite du Crédit Immobilier de France, passée inaperçue ou presque cet été, l’Etat risque bien de se retrouver avec une nouvelle difficulté sur les bras. Cette fois, le sujet est un peu plus embarrassant, et mériterait un effort de communication de la part du management de l’assureur.

En effet, le Crédit Immobilier de France avait un problème de refinancement sur le marché, lié à sa mono-activité et au segment d’activité sur lequel il était positionné, mais ses fondamentaux n’étaient pas en cause, comme on dit. Dans le cas de Groupama, la question qui est posée est celle de la viabilité de l’entreprise affaiblie par la cession de Gan Eurocourtage. Avec un chiffre d’affaires, à périmètre constant, de 17 milliards d’euros, il s’agit d’un gros morceau à avaler, ou à digérer.

Les mauvais esprits verront dans ce bouillonnement verdâtre des pressentiments funestes pour le Crédit Agricole, qui a lui aussi perdu des sommes colossales dans ses investissements hasardeux au sud de l’Europe. Ce qui ressemblerait alors à un nouveau Lehman Brothers.

Et bien entendu, une fois de plus, c’est la question même de la gouvernance de l’entreprise qui est en cause. Groupama a multiplié pendant des années les prises de risque sans qu’un seul administrateur ne lève le petit doigt. La stratégie française de gouvernance endogamique montre tous les effets dévastateurs qu’elle comporte pour l’intérêt général, puisque tout permet de croire que, en bout de course, le contribuable paiera, après avoir été agoni d’injures sur le mode du : "Vous les petites gens, qui ne comprenez rien à la finance, de quoi vous mêlez-vous ?" Antienne reprise à son insu par Marie-Noëlle Lienemann, dans son rapport du 17 juillet 2012 sur l’économie sociale et solidaire, où elle préconisait d’interdire les administrateurs indépendants dans les conseils.

Nous serons sortis de la crise le jour où, de la droite à la gauche, chaque citoyen aura compris qu’il n’en sait pas moins, sur la finance, que le polytechnicien qui sollicite son portefeuille pour rembourser ses erreurs.

 

Source: Atlantico

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