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Amazonie: Un reportage télévisé sur un prétendu ‘infanticide’ suscite l’indignation

Publié par wikistrike.com sur 8 Mars 2012, 13:12pm

Catégories : #peuples du monde

Un reportage télévisé sur un prétendu ‘infanticide’ suscite l’indignation

 

Paul Raffaele a déclaré qu'une jeune fille suruwaha avait refusé de lui serrer la main car elle voulait le tuer. En réalité, il avait tellement de crème solaire que les Suruwaha pensaient qu'il avait une maladie de peau.
Paul Raffaele a déclaré qu'une jeune fille suruwaha avait refusé de lui serrer la main car elle voulait le tuer. En réalité, il avait tellement de crème solaire que les Suruwaha pensaient qu'il avait une maladie de peau.
© Channel 7

Un reportage télévisé australien dénonçant l’infanticide pratiqué par une tribu amazonienne – ‘un culte suicidaire… de l’âge de pierre… responsable des pires violations de droits de l’homme au monde’ – devient la cible principale d’une nouvelle campagne de Survival contre les représentations racistes des peuples indigènes véhiculées par la télévision.

La campagne ‘Freakshow TV’ (Zoo humain télévisé) vise à faire reculer les représentations négatives et dégradantes des peuples indigènes, dans les médias et notamment à la télévision, à travers des préjugés et des stéréotypes les qualifiant de primitifs ou de sauvages attardés.

Diffusé sur la chaîne de télévision australienne Channel 7, le reportage en question met en vedette un ‘aventurier’, Paul Raffaele, et le journaliste Tim Noovan chez les Indiens suruwaha du Brésil.

Les Suruwaha ont déjà été pris pour cible par des missionnaires fondamentalistes qui les accusent de supprimer leurs nouveaux-nés et qui veulent obtenir du Congrès brésilien la promulgation d’une loi visant à retirer les enfants indigènes de leurs familles.

Les Indiens avaient autorisé la venue de l’équipe de Channel 7 sur leur territoire parce que Raffaele leur avait promis qu’il tournerait un ‘reportage positif’.

Mais ce reportage, que Stephen Corry, directeur de Survival, considère comme l’un des plus ‘tendancieux, trompeur et calomnieux jamais vu’, n’a rien de ‘positif’ et a généré une vague de protestations dans le monde entier.

Le reportage montre les Suruwaha comme les ‘responsables des pires violations de droits de l'homme au monde'.
Le reportage montre les Suruwaha comme les ‘responsables des pires violations de droits de l'homme au monde'.
© Jemerson Higino de Azevedo/Survival

Les Indiens y sont décrits comme ‘un peuple de l’âge de pierre, d’un autre temps’, pratiquant ‘un véritable culte suicidaire… encourageant le meurtre d’enfants handicapés… de la manière la plus cruelle possible’, emmenant ‘de pauvres bébés innocents dans la jungle pour être dévorés vivants par les bêtes sauvages’, et comme étant responsables ‘des pires violations de droits de l’homme au monde’.

Qui plus est, le site internet du reportage collecte ouvertement des fonds pour une organisation évangélique associée à cette campagne anti-indienne.

Survival a écrit à Channel 7 pour dénoncer les nombreuses erreurs et dénaturations de ce reportage, mais la chaîne a rejeté toutes les accusations. L’ACMA, l’agence nationale australienne pour la régulation de l’audiovisuel, a cependant ouvert une enquête officielle.

Raffaele, qui collaborait autrefois au Smithsonian Magazine, avait déjà été inquiété à propos d’un reportage similaire diffusé sur Channel 9 en 2006, dans lequel il prétendait qu’un enfant papou avait été menacé d’être dévoré par sa tribu qu’il qualifiait de ‘cannibales de l’âge de pierre’. Ce reportage avait été violemment critiqué par les scientifiques. Raffaele a reconnu plus tard avoir mal identifié la tribu de l’enfant.

Survival a également écrit au géant du web Yahoo!, partenaire de la chaîne australienne Channel 7, l’exhortant à retirer le reportage du web, mais n’a reçu aucune réponse.

Stephen Corry, directeur de Survival International a déclaré aujourd’hui : ‘Ce reportage est un zoo humain télévisé porté à son paroxysme. Il s’inspire de l’attitude méprisante qui a prévalu dans les empires coloniaux jusqu’à la Seconde Guerre mondiale à l’égard de ceux qui étaient alors considérés comme des sauvages primitifs. Il ne fera qu’accroître les préjugés – la plus grande cause de leur destruction – à l’égard des Indiens d’Amazonie. Le comble de l’ironie est que ce film ordurier prétend vouloir sauver les enfants indigènes’.

Bain d'un bébé suruwaha dans un cours d'eau.
Bain d'un bébé suruwaha dans un cours d'eau.
© Survival

Survival a publié un code de bonne conduite pour inciter les réalisateurs à travailler de manière responsable avec les peuples indigènes. L’organisation mène aussi campagnecontre le racisme dans les médias écrits.

Notes aux rédactions : Des formes d’infanticide existent dans toutes les sociétés, même dans celles qui sont industrialisées. Toutefois, cette pratique est rare et est en train de disparaître chez les Indiens d’Amazonie. Survival s’oppose à toute forme de pratiques non consensuelles, même ‘traditionnelles’, qui blessent ou tuent une personne, dont l’infanticide.

Télécharger une fiche d’information de Survival sur la proposition de loi ‘Muwaji’, émise par l’organisation des missionnaires fondamentalistes JOCUM

Télécharger une fiche d’information sur la position des scientifiques vis-à-vis des accusations d’infanticide portées par JOCUM

Télécharger la lettre de Survival adressée à Channel 7

Télécharger les témoignages des Indiens suruwaha à propos du reportage de Channel 7 (en français)

Télécharger une fiche d’information sur les Suruwaha

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