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Aubry demande à Hollande l'augmentation des impôts

Publié par wikistrike.com sur 5 Juin 2012, 09:26am

Catégories : #Politique intérieure

Aubry réclame à Hollande des hausses d'impôts

aubry.jpgIl y a, selon la patronne du PS, d'énormes « marges de manœuvre » fiscales.

À cinq jours des élections législatives, Martine Aubry met le cap à gauche. Interrogée lundi matin sur France 2, la première secrétaire du PS a estimé que la priorité était d'abord de «faire rentrer des impôts complémentaires», avant la réduction de la dépense publique. Un rapport de l'Inspection générale des finances (IGF), dévoilé le même jour par Les Échos, estime, à l'inverse, que l'État devrait faire 5 milliards d'euros d'économies chaque année pour redresser les comptes. «Le rapport nous explique qu'il faut réduire les déficits publics uniquement en réduisant les dépenses, a noté Aubry. Nous, nous pensons qu'il y a d'énormes marges de manœuvre en faisant rentrer des impôts complémentaires. (…) Donc, il y a d'autres moyens de réduire les dépenses. Bien sûr, il faut bien gérer. Mais il faut d'abord faire entrer des impôts complémentaires.» Cible de ces impôts, selon la patronne du PS: «Ceux qui ont eu tant de privilèges, aux dépens des autres.»

Après la Commission européenne, qui demandait la semaine dernière à la France de «préciser les mesures nécessaires pour assurer que le déficit soit résorbé d'ici à 2013», les conclusions du rapport de Bercy, commandé à l'automne parFrançois Fillon, sonnent comme un nouvel avertissement pour le gouvernement. Les auteurs du rapport de l'IGF plaident pour des mesures difficiles, assorties de réformes structurelles. En d'autres termes: de la sueur, du sang et des larmes, dans un contexte de crise.

«Un pavé dans la mare»

À quelques jours des législatives, le gouvernement cherche d'abord à s'assurer d'une nette majorité à l'Assemblée avant d'entrer dans le vif d'une réforme fiscale, prévue pour l'automne. «Le sujet n'est pas à l'agenda, élude un conseiller de Matignon. Nous attendons les conclusions de la Cour des comptes à la fin du mois. Ensuite, nous verrons.»

La droite, qui rêve de limiter la casse aux législatives, a profité des déclarations de Martine Aubry pour agiter le chiffon rouge des impôts et tenter ainsi de remobiliser son électorat. «Si on veut protéger les Français, leur fiche de paye (…), la feuille d'impôts, il faut la victoire de l'UMP», a résumé l'ancien ministre du Travail, Xavier Bertrand. Dans un communiqué intitulé «Aubry vend la mèche», l'ancien ministre Roger Karoutchi juge, quant à lui, que la première secrétaire affiche la couleur: «Le gouvernement restait dans le flou sur les moyens de payer toutes les promesses (…), Martine Aubry, sans doute pour aider Jean-Marc Ayrault, lance un pavé dans la mare (…) Aux électeurs d'écouter Aubry qui parle plus vrai que les gouvernants (…) La réalité est là: la facture salée, c'est maintenant!»

Rue de Solferino, on assure que la patronne du PS ne dit pas autre chose queFrançois Hollande pendant sa campagne. «Martine n'a fait que préciser notre approche des questions budgétaires», assure Harlem Désir. «Elle a rappelé la nécessité de marcher sur deux jambes: le sérieux budgétaire et la relance de la croissance», ajoute Guillaume Bachelay, porte-parole du parti pour les législatives. Pour le PS, il s'agit surtout d'envoyer un signal à l'électorat de gauche, à quelques jours du scrutin. «Martine ne veut pas effrayer le chaland, sourit un député PS. Notre problème, c'est de ne pas faire monter le Front de gauche avec des annonces qui risquent d'inquiéter une partie de notre électorat.»

Au Parti socialiste, on reconnaît que les recommandations de la Commission européenne, puis celles de Bercy, qui s'ancrent dans «une logique libérale», ne sont pas partagées par tous. «Ces sujets font débat entre nous», admet un dirigeant du parti. Mezzo vocce, certains socialistes estiment que le gouvernement ne pourra pas faire l'économie de «décisions difficiles», après les législatives. «Avant, on n'a pas intérêt à entrer dans un débat trop précis, à se dévoiler, explique un député PS. Mais à moyen terme, je ne vois pas comment on s'en sort en augmentant seulement les impôts. La question d'une réduction drastique des dépenses va se poser à nous dans les semaines qui viennent, c'est évident.»

Source: Le Figaro

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