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Rien ni personne n'est supérieur à la vérité

Bankia = glouglou (23,5 milliards d'aide)

Publié par wikistrike.com sur 26 Mai 2012, 10:24am

Catégories : #Economie

L'Espagne poussée au sauvetage public le plus cher de son histoire avec Bankia 


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La situation est finalement pire que prévue chez Bankia, la quatrième banque espagnole qui croule sous les actifs immobiliers risqués: elle a demandé vendredi soir une aide à l'Etat de 19 milliards d'euros, un montant record dans l'histoire du pays.

Après une première aide publique de 4,5 milliards le 9 mai, sous forme de prêt transformé en participation, la facture s'est peu à peu alourdie, le ministre de l'Economie Luis de Guindos évoquant des besoins de 7 milliards, puis de 9, tandis que vendredi matin la presse espagnole tablait sur 15 à 20 milliards.

C'est finalement de 19 milliards d'euros dont a besoin Bankia, a reconnu cette dernière à l'issue de son conseil d'administration.

En ajoutant l'aide du 9 mai, le sauvetage public atteint 23,5 milliards d'euros, un record historique pour le secteur financier espagnol.

Par précaution, le titre Bankia a été suspendu vendredi, dix mois presque jour pour jour après son entrée à la Bourse de Madrid, le 20 juillet 2011.

A l'époque, son président, Rodrigo Rato, très connu pour avoir été ministre de l'Economie et directeur général du FMI, se félicitait que cette introduction représente "un point de référence pour le secteur bancaire espagnol".

Le patron de la banque espagnole Bankia, Rodrigo Rato, le 10 février 2012 à Madrid

Moins d'un an plus tard, Rodrigo Rato a dû démissionner, la cotation du titre s'est écroulée, valant désormais 40% du prix de départ (3,75 euros), et avec l'aide que devrait apporter l'Etat, ce dernier prend "une participation de contrôle", a reconnu Bankia, qui sera donc nationalisée.

Selon Daniel Pingarron, analyste de la maison de courtage IG Markets, le gouvernement pourrait y joindre deux caisses d'épargne placées sous tutelle, Novacaixagalicia et CatalunyaCaixa, afin de créer "ce qui constituerait la plus grande banque publique de l'histoire espagnole", pour ensuite l'assainir et la revendre.

Interrogé, le ministère s'est refusé à tout commentaire.

L'Etat s'est engagé à apporter tous les fonds nécessaires à Bankia, qui représente 10% du système financier espagnol et est donc considérée comme une banque "systémique", ne pouvant pas faire faillite sous peine de contaminer tout le secteur.

Et Bankia, née du mariage de sept caisses en 2010, "est une entité avec beaucoup de problèmes, qui a besoin d'une restructuration très profonde", estime Alberto Roldan, analyste de la maison de courtage Inverseguros.

Grâce à cet argent, "le groupe BFA-Bankia mènera un plan d'assainissement et de recapitalisation qui lui apportera une solvabilité conforme aux exigences réglementaires" et adaptée "à une éventuelle détérioration du scénario macroéconomique", a indiqué la banque.

"Bankia a trois problèmes: c'est la banque la plus exposée au secteur immobilier, c'est une banque qui est exposée à 100% à l'économie espagnole", empêtrée dans la crise, et "il y a un manque de transparence", qui a créé "des doutes sur les bilans présentés par Bankia", souligne Daniel Pingarron.

La banque a d'ailleurs avoué vendredi qu'en ajustant son bilan à sa juste valeur, ses résultats 2011 faisaient apparaîre une perte de 2,979 milliards d'euros, et non un bénéfice de 309 millions comme annoncé auparavant.

Bankia compte un portefeuille immobilier de 37,5 milliards d'euros, dont la très grande majorité (31,8 milliards) est problématique, car à la valeur incertaine (crédits risquant de ne pas être remboursés, logements saisis...).

En lui injectant des fonds publics, "on résout une grande partie du problème", pense Alberto Roldan, mais tout n'est pas encore réglé pour l'Espagne, dont le secteur bancaire, fragilisé depuis l'éclatement de la bulle en 2008, continuera "de concentrer les incertitudes".

Et, remarque-t-il, "en 2012 nous sommes en train de nationaliser des banques, quelque chose que le reste de l'Europe faisait en 2008: nous arrivons avec un retard important, nous avons perdu beaucoup de temps".

Le sauvetage public de Bankia "ne change pas beaucoup les choses", dit aussi Daniel Pingarron: "ce qui va se passer c'est que les réserves du Frob (fonds spécial d'aide au secteur, ndlr) vont s'épuiser (après avoir versé l'aide), il va falloir les renouveler avec plus de dette publique, et cela n'est pas un message de confiance" pour le marché.

 

Source: Boursorama

 

Une aide de 23,5 milliards pour Bankia, la banque des loosers


 

La quatrième banque espagnole, nationalisée il y a deux semaines, va recevoir une aide publique totale de 23,5 milliards d'euros, entièrement sous forme de capitaux.


Le suspens est enfin levé. La quatrième banque espagnole, Bankia, et sa maison-mère BFA, nationalisées le 9 mai, ont besoin de 19 milliards d'euros de fonds publics pour s'assainir et se recapitaliser, a annoncé le groupe, vendredi soir, dans un communiqué aux autorités boursières. Contrairement à ce qu'avait annoncé le gouvernement pour rassurer les citoyens, excédés par les scandales bancaires, sur l'usage de l'argent public, il s'agira pas de prêts à un taux d'intérêt de 10% mais de capitaux. A ce montant viennent s'ajouter les 4,5 milliards déjà injectés par l'Etat le 9 mai, via la conversion en actions d'un prêt public. Au total, la facture se monte donc à 23,5 milliards d'euros.

Cette aide publique vient couvrir deux grands problèmes. D'une part, les provisions nécessaires pour faire face à la dépréciation de la valeur des actifs immobiliers du groupe. Formé de l'union de sept caisses d'épargne -dont certaines qui ont réalisé des investissements plus politiques qu'économiques durant le boom immobilier -BFA-Bankia compte 32 milliards d'euros d'actifs immobiliers problématiques. D'autre part, la correction de la sur-valorisation de certains actifs dans les comptes du groupe, notamment les participations que détient BFA dans Bankia et dans plusieurs grandes entreprises espagnoles (Iberdrola, Mapfre, etc.). Après cette injection de fonds publics, la couverture des actifs immobiliers atteindra 48,9% et le ratio « core » Tier-1 de Bankia 9,6% (9,8% pour BFA). Juste avant l'annonce, l'agence de notation Standard & Poor's a rabaissé la note de Bankia, ainsi que celle de Banco Popular et Bankinter, en « catégorie spéculative ».

Voilà maintenant plus de deux semaines que le gouvernement conservateur de Mariano Rajoy a dû se résigner à nationaliser Bankia. Le chef du gouvernement, qui martelait depuis son élection en novembre, qu'il ne donnerait « pas un euro du contribuable » aux banques a dû se résoudre à faire un virage à 180 degrés. Le ministre de l'Economie, Luis de Guindos, avait estimé début mai que la facture publique ne dépasserait pas les 15 milliards d'euros. Il paraît aujourd'hui évident qu'elle représentera au moins le double de cette somme. Hormis Bankia, d'autres banques espagnoles ne pourront pas faire face à l'augmentation des provisions exigées par le gouvernement (84 milliards d'euros pour l'ensemble du secteur). Les analystes estiment en effet que seules les trois plus grandes, Santander, BBVA et CaixaBank, pourront s'en acquitter sans subir de pertes, ni supprimer leurs dividendes.

Comment l'Espagne va-t-elle faire pour trouver ces fonds ? Le FROB, le fonds public créé en 2009 pour venir au secours des banques, n'a plus qu'une dizaine de milliards d'euros en caisse. Il peut certes s'endetter jusqu'à 90 milliards avec la garantie de l'Etat mais le coût d'emprunt actuel de l'Espagne sur les marchés est très élevé (plus de 6% sur dix ans). Pour autant, le gouvernement continue de marteler qu'il n'aura pas recours aux mécanismes européens pour recapitaliser ses banques.

 

Vers une banque publique numéro un en Espagne ?

La presse espagnole évoque la possible création d'une banque publique géante agglutinant BFA-Bankia, CatalunyaCaixa (CX), NovaCaixaGalicia (NCG) et, peut-être, Banco de Valencia, ces trois dernières étant aussi sous contrôle public. Une telle entité serait numéro un en Espagne avec quelque 450 milliards d'euros d'actifs. « Le scénario central sur lequel travaille le gouvernement reste la vente de ces entités », souligne une source proche du dossier, indiquant que l'exécutif est « ouvert à toutes les options ». Il semble que la vente de CX et NCG ne suscitent pas beaucoup d'intérêt. Sans compter le fait que le Fonds de garantie des dépôts (FGD), qui a fourni une garantie aux acheteurs lors des dernières opérations (CAM, Unnim), est pratiquement vide. La création d'une banque publique permettrait par exemple de vendre ces entités plus tard, quand les conditions de marché seront plus adéquates, à un meilleur prix ou plutôt à un moindre coût pour le contribuable.

Source: Les échos

 

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