Batho est un destroyer 


 

bateau-qui-coule.jpgL’ex-ministre de l’Écologie Delphine Batho, évincée du gouvernement, a dénoncé jeudi «un tournant de la rigueur» et a accusé le gouvernement d’avoir cédé à des lobbies pro-nucléaire ou gaz de schiste, lors d’une conférence de presse organisée pour expliquer les raisons de son départ.

 

«En aucun cas je n’ai manqué à la solidarité gouvernementale», a lancé Delphine Batho devant la presse réunie à l’Assemblée nationale. Elle a également réfuté toute «erreur» ou «faute» et affirmé que «certaines forces économiques», liées notamment au gaz de schiste et au nucléaire, «voulaient (sa) tête».

«Certaines puissances économiques n’acceptaient pas le niveau d’ambition que je fixais pour la transition énergétique», notamment sur la question du gaz de schiste et la réduction de la part du nucléaire en France, a-t-elle déclaré. «Ces forces ne se sont pas cachées de vouloir ma tête, mais si le gouvernement avait été solidaire, elles n’y seraient pas parvenues», a-t-elle accusé.

Delphine Batho s’en est également pris au patron de l’entreprise de tubes en acier Vallourec, Philippe Crouzet, époux de Sylvie Hubac, directrice de cabinet du président François Hollande.

«Est-il normal que le patron de l’entreprise Vallourec directement intéressé par l’exploitation des gaz de schiste ait pu annoncer ma marginalisation des semaines à l’avance devant des responsables de son entreprise aux USA?» a-t-elle demandé.

Selon elle, le budget 2014 «marque un tournant par rapport à la volonté de mener à bien la transition écologique». «Je n’ai pas accepté cela en silence.»

L’ancienne ministre, limogée pour avoir qualifié mardi sur RTL son budget de «mauvais» pour 2014, a revendiqué un statut de «lanceuse d’alerte».

«Ce que je n’accepte pas, ce n’est pas de faire des compromis, c’est le tournant de la rigueur qui ne dit pas son nom et qui prépare la marche au pouvoir de l’extrême droite dans notre pays», a déclaré l’ex-ministre PS, qui est également députée des Deux-Sèvres et qui retrouvera son siège dans un mois.

Elle a aussi mis en cause le Premier ministre Jean-Marc Ayrault, coupable à ses yeux d’arbitrer les budgets «sans discussion directe avec les ministres concernés».

«Ce dont il est question, ce n’est pas d’un poste ministériel, c’est du droit de ma génération à avoir des espoirs et à agir. Le temps est venu de reprendre la main du changement, j’appelle la gauche à un sursaut en faveur de l’écologie de l’espoir et des générations futures», a-t-elle ajouté.

«Je n’imaginais à aucun moment une réaction qui m’a paru disproportionnée, que cela puisse m’attirer des remontrances, y compris publiques, peut-être, mais j’imaginais provoquer une discussion», a poursuivi Delphine Batho.

Elle a en outre «observé que Jérôme Cahuzac a été remercié et salué pour l’ensemble de son travail au service de la République», «ce qui n’est pas le cas dans le communiqué de presse qui m’a congédiée».

 

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Tag(s) : #Politique intérieure
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