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Bienvenue dans le lycée où l’on doit signer sa démission pour s’inscrire

Publié par wikistrike.com sur 9 Octobre 2012, 15:35pm

Catégories : #Social - Société

Bienvenue dans le lycée où l’on doit signer sa démission pour s’inscrire

 

Un établissement du Val-d’Oise maintient la pression sur les élèves de la filière pro grâce à des lettres de démission en blanc, ressorties si besoin.

Demander aux élèves de signer une lettre de démission, que l’on garde au chaud toute l’année. Puis se débarrasser des élèves qui ne donnent pas satisfaction pour conserver de bons taux de réussite aux examens, et faire régner l’ordre dans l’établissement.

C’est la méthode utilisée par le lycée Edmond-Rostand, à Saint-Ouen-l’Aumône. En août, la Fédération des conseils de parents d’élèves (FCPE) du Val-d’Oise a reçu un courrier comprenant 56 lettres de ce type. « Un moyen de pression illégal », commente son vice-président, Laurent Jolly.

Qui évoque, à demi-mot, un contexte global compliqué autour d’Edmond-Rostand :

« L’an dernier, à la rentrée, j’ai accompagné une élève de bac pro que l’on refusait de réinscrire, parce qu’elle ne voulait pas écrire une lettre de démission.

La CPE [conseillère principale d’éducation, ndlr], avant de retirer ses propos, avait justifié cela en arguant qu’on ne venait pas au lycée pour bénéficier d’une carte de transports ou d’allocations familiales. »

L’inspection académique du Val-d’Oise nie qu’un tel système soit en place :

« Il a bien été demandé à cette jeune fille de fournir un courrier en début d’année scolaire, mais il s’agissait de son attestation de stage de première et non pas d’un courrier de démission. »

Les bac pro, premiers concernés


Un visage dessiné sur une gomme(Snakebiteheart/Flickr/CC)

Aux abords du lycée, les élèves parlent plutôt librement de ces lettres de démission, s’amusant de la nouvelle notoriété d’Edmond-Rostand.

« C’est la routine », sourit l’un d’eux, tandis qu’un autre rappelle qu’elles concernent surtout les bac pro, avec qui « c’est plus difficile ».

La FCPE confirme que la grande majorité des lettres provient de la section professionnelle.

Cette dernière est moins fringante que la branche générale – partenaire de Sciences Po Paris –, avec des élèves plus difficiles à gérer. Ces démissions seraient « une sorte de divorce à l’amiable » :

« L’élève pourrait croire, qu’au fond, on lui rend service en ne chargeant pas son dossier et en lui donnant donc une chance d’aller se refaire ailleurs. »

Si le syndicat des profs (Snes) s’étonne de cette affaire, il ne nie pas – à demi-mot aussi – que la méthode existe, « mais plutôt dans les grands lycées privés parisiens ».

Il a eu des échos, mais difficile d’apporter des preuves. Il faudrait des témoignages, et les élèves concernés comme leurs parents rechignent à parler.

A la mi-septembre, au moment où l’affaire a été médiatisée, une jeune fille s’était exprimée :

« Ils me disaient que je n’avais aucun avenir, que c’était mieux de démissionner, que l’année prochaine, de toute façon, je n’allais jamais être reprise. »

« A force d’entendre qu’ils sont nuls... »

« Ça ne m’étonne pas », réagit Catherine (le prénom a été changé) dont la fille est en terminale générale. On ne lui a pas demandé de signer une lettre, mais elle a reçu une pression « décourageante ». Sa mère cite entre autres les humiliations et les invectives dans les couloirs, à l’égard des élèves « les moins doués » :

« A force d’entendre qu’ils sont nuls, les gamins l’intègrent et entrent dans une spirale de stress. Il faut les voir rentrer à la maison. Ils sont complètement paniqués.

Profs, CPE, surveillants participent à ce système. Alors oui, je connais des élèves qui ont laissé tomber juste avant le bac. »

Elle dénonce la communication de l’établissement. Sa « parano » – « ils nous envoient paître » – chaque fois que certains parents cherchent à comprendre.

Selon Catherine, rares sont ceux néanmoins qui osent demander des explications. La plupart seraient réticents à l’idée de se faire remarquer. Elle y compris :

« Nous avons peur pour la scolarité de nos gamins, des conséquences que cela peut avoir sur leur quotidien au lycée, sur leur avenir. Ils ont le bras long.

Alors, on est résignés, on se dit que c’est comme ça pour au moins trois ans. Sauf si on décide de changer d’établissement. »

Des départs « volontaires » selon l’inspection

Barbara Tonin a été la représentante FCPE du lycée pendant un an, et déplore des maladresses :

« En début d’année, le lycée demande aux représentants de parents leurs disponibilités pour les conseils de classe. J’avais dit fin d’après-midi. Ils l’ont mis à 13 heures, je suis quand même venue.

Je me suis rendue compte que je n’avais même pas été mise sur la liste des personnes présentes. »

Et regrette certains mots déplacés de la direction. Des menaces implicites :

« A quoi ça rime de rabâcher à un élève de seconde qu’il a bientôt 16 ans [l’âge à partir duquel l’école n’est plus obligatoire, ndlr] ? »

Contacté par Rue89, le lycée n’a pas souhaité s’exprimer. Il nous a renvoyé vers l’inspection académique du Val-d’Oise et son chef de cabinet, Denis Christophoul.

Ce dernier explique qu’il découvre l’existence de telles méthodes – malgré un reportage sur la matinale de France inter, écoutée par près de 4 millions d’auditeurs – et assure n’avoir jamais entendu de propos négatifs sur Edmond-Rostand :

« Cinquante-six lettres de démission en deux ans pour un lycée de plus d’un millier d’élèves [1 210 élèves exactement, ndlr] et au regard des mouvements de populations dans le département, ça n’a rien de suspect.

Aucune n’a été obtenue sous la contrainte, tous les départs sont volontaires. »

Une ex-surveillante : « C’est très sournois »

Le lycée a déposé plainte pour connaître la source du courrier. « Ils auraient dû rester confidentiels », étaye Denis Christophoul. Sur les différents témoignages concernant une pression exercée sur les élèves, il ironise :

« Quand un élève est toujours absent, il convient de le rappeler à l’ordre. Si on appelle ça mettre la pression... »

Sophie – le prénom a été changé – était surveillante à Edmond-Rostand l’an passé. Elle est plus vindicative. Elle parle d’un « lycée-prison » et met en cause les CPE, qui selon elle, feraient du zèle. « L’élève craque et s’en va de lui-même, c’est donc très sournois » :

« Dans leur esprit, Il y avait clairement des élèves à faire sauter, notamment dans la section professionnelle. Convocations et punitions parfois injustifiées, harcèlement moral. Tout est bon pour montrer qu’ils ont la main.

Certains craquaient, pleuraient dans les couloirs. D’autres tombaient dans le panneau en séchant ou en foutant le bordel, en se disant que de toute manière, c’était foutu. »

Source: Rue89

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la y a de l'abus.?. 09/10/2012 22:36


On peut douter d'une quelconque logique là dedans...

Stanislas Bauer 09/10/2012 17:57


On peut , en bonne logique, se poser des questions sur la validité de la signature d'un mineur si le lycée se retrouve face à un tribunal....

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