Jeudi 2 juin 2011 4 02 /06 /Juin /2011 12:20
C'est maintenant l'heure de la débâcle pour la zone euro
paulkrugman.jpg Pour l'économiste américain qui a obtenu le Prix Nobel d'économie en 2008,  c'est l'heure de la débâcle pour la zone euro.
Il s'en explique dans les colonnes du Financial Times (accès payant) : lorsqu'il y a une union monétaire, énonce-t-il, il doit y avoir équivalence entre les avoirs d'un certain montant dans la banque d'un pays, et les avoirs de même montant dans la banque d'un des autres pays de l'union. Mais que se passe-t-il lorsque l'un de ces pays est sur le point de faire faillite ? A ce moment, cette présomption d'égalité ne vaut plus. De ce fait, un euro dans une banque grecque aujourd'hui n'a plus la même valeur que le même euro dans une banque allemande. Dans cette situation, on risque non seulement le retrait brutal des avoirs des clients de la banque, mais plus globalement, ce risque de désengagement s'étend au système bancaire national. 

Dans cette situation, une restructuration de la dette semble inévitable, même si c'est un cauchemar, en particulier si la BCE refuse de prêter pour couvrir les défauts de ces pays en faillite. Car en l'absence du soutien de la BCE, les banques s'effondreront. Les gouvernements devront alors geler les comptes bancaires et convertir les dettes dans une nouvelle devise. Cela génèrerait une panique du public qui l'obligerait à retirer ses avoirs des banques, ainsi que les débiteurs privés des autres pays en difficultés. A ce stade, ces pays succomberaient à la catastrophe à leur tour. La zone euro se disloquerait. L'alternative serait une opération musclée pour recycler ces sorties de capitaux par des injections du secteur public. 

Martin Wolf, du Financial Times (accès payant), conclut que la solution se trouve entre la faillite de l'un des Etats de la périphérie, et son retrait de la zone, ou un soutien de long terme des positions débitrices de ces pays. 

Pour l'heure, le but des dirigeants de la zone est d'atteindre 2013, et de décider alors d'utiliser le nouveau Mécanisme de Stabilité Monétaire pour commencer à organiser un soutien de long-terme d'une manière organisée. Le risque, c'est qu'entretemps, ils ne parviennent plus à obtenir le soutien du public pour défendre la survie de la monnaie unique.

Les Grecs ont retiré 1.5 milliards d'euros aux guichets des banques depuis jeudi

Les clients grecs se pressent aux caisses des banques pour retirer leurs économies, rapporte Protothema, et entre jeudi et vendredi derniers des particuliers auraient ainsi procédé au retrait de pas moins de 1.5 milliards d’euros. Au total, les retraits sur mai se sont élevés à 4 milliards d’euros, alors qu’ils avaient été de 2 milliards en avril.

La plupart des clients qui effectuent ces retraits sont des petits épargnants qui viennent retirer des sommes comprises entre 2.000 euros et 15.000 euros. Dans la plupart des cas, ils sont motivés par la crainte que leurs économies ne disparaissent dans l’éventualité de la faillite de la Grèce.

Les politiciens ne semblent pas comprendre les risques posés par ces mouvements de panique généralisée, pas seulement pour la stabilité du système bancaire, mais aussi pour l’économie du pays.

Si la Grèce ne bénéficie pas d’un nouveau plan de sauvetage, elle sera défaillante à la mi-juillet, rappelle le Wall Street Journal. Les obligations grecques à deux ans sont désormais rétribuées avec des taux d’intérêt de 26%, témoignant de la faiblesse de la confiance des marchés dans la capacité du pays à sortir de sa situation. Mais il est aussi possible qu’en fin de compte, la crise provoque la sortie de la Grèce de la zone euro, ce qui impliquerait un retour à une drachme qui serait immédiatement dévaluée, et entrainerait la faillite de la Grèce d’office, sans parler de la catastrophe induite pour les établissements financiers européens qui sont impliqués dans son financement.

Toujours selon le Wall Street Journal, l’Allemagne pourrait renoncer à exiger un rééchelonnement de la dette grecque pour permettre la mise ne place d’un nouveau plan de sauvetage, tandis que des officiels du FMI, de la BCE et de l’Union Européenne sont toujours sur place pour évaluer la situation. Jean-Claude Juncker, le Président de l’eurogroupe, a promis lundi qu’une solution serait trouvée pour la crise Grecque d’ici à fin juin.

express.be

Par wikistrike.over-blog.com - Publié dans : Economie
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