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Cambodge : le tourisme humanitaire se développe et inquiète

Publié par wikistrike.over-blog.com sur 28 Juillet 2011, 12:05pm

Catégories : #Social - Société

Des orphelinats devenus zones touristiques

 

teaserbreit.jpgDes visages d'anciens bénévoles tapissent les murs de la cour boueuse de l'orphelinat Acodo, au Cambodge: des centaines de photos qui témoignent du défilé grandissant de vacanciers venus soulager leur conscience, faisant parfois plus de mal que de bien à des enfants abandonnés.

 

Marissa Soroudi, étudiante de New York, fait partie de ces nombreux bénévoles venus enseigner l'anglais dans cet établissement de Siem Reap qui accueille 60 orphelins de 3 à 18 ans, à quelques kilomètres des célèbres temples d'Angkor.

 

C'est dur pour les enfants

 

La jeune Américaine, qui paye 50 dollars par semaine pour travailler à l'orphelinat, prévoit de rester quelques jours avant de reprendre la route. Elle sait pourtant que ce défilé d'étrangers est dur pour les enfants.

«Il y a tellement de gens qui se portent volontaires que c'est un peu, l'un part, l'autre prend sa place», constate-t-elle.

«On nous dit que c'est mieux de ne pas parler de ça avec eux. Ne pas leur dire je m'en vais dans une semaine , parce que ça les bouleverse».

 

Les bénévoles mettent les enfants en danger

 

Les bénévoles de quelques jours ont peut-être les meilleures intentions, mais ils mettent certains enfants vulnérables en danger, préviennent les experts.

«Le changement incessant de ceux qui s'occupent d'eux crée une perte affective chez des enfants déjà traumatisés», explique à l'AFP Jolanda van Westering, spécialiste de la protection de l'enfance à l'Unicef.

«Et l'exposition constante à des étrangers pose un risque de violence et d'abus, parce que nous savons que souvent les bénévoles viennent dans un orphelinat sans que leurs antécédents soient vérifiés».

 

Les visiteurs veulent faire plus que du tourisme

 

Un flot ininterrompu de visiteurs sur le chemin d'Angkor, fréquenté par un million de touristes par an, traverse Siem Reap, et beaucoup veulent faire plus que du tourisme, dans un des pays les plus pauvres du monde.

Dans les hôtels, cafés ou magasins de souvenirs, les grands yeux d'enfants en photo sur des affiches pour des écoles et des orphelinats les encouragent à donner temps ou argent.

«Les visiteurs voient cette pauvreté et ils se sentent mal», note Ashlee Chapman, responsable de projet pour Globalteer, une organisation qui met en contact bénévoles et associations locales.

«Ils veulent faire quelque chose», ajoute-t-elle. Même en passant seulement quelques heures avec les enfants et en apportant quelques jouets, ils ont «l'impression d'avoir participé».

 

Les institutions pour enfants se multiplient

 

A mesure que se développe ce tourisme humanitaire en pleine expansion, les institutions s'occupant d'enfants se multiplient.

Le nombre d'orphelinats --la plupart financés par des dons-- au Cambodge a doublé ces six dernières années, selon l'UNICEF. Le pays compte aujourd'hui 269 établissements, avec quelque 12.000 pensionnaires.

Le tourisme a contribué à cet essor, selon Friends International, ONG locale qui travaille avec des jeunes marginalisés.

 

Les orphelinats sont des attractions touristiques

 

Certains enfants de familles pauvres, même s'ils ont encore un parent, sont placés dans des orphelinats, qui sont devenus de véritables «attractions» touristiques dans des villes comme Phnom Penh et Siem Reap, constate Marie Courcel, de Friends International.

Seulement un orphelinat sur dix est financé par l'Etat, les autres doivent compter sur des donations.

 

Les enfants sont utilisés pour attirer les touristes

 

A Acodo, les enfants sont mis directement à contribution pour attirer les dons, en proposant chaque soir un spectacle de danse traditionnelle khmère qui attire les touristes.

«Ils doivent faire de leur mieux et ils entendent que si ce n'est pas le cas, il n'y aura pas assez d'argent pour s'occuper d'eux», s'inquiète Jolanda van Westering.

«Vous pouvez imaginer l'effet que vivre dans un tel environnement précaire peut avoir sur des enfants».

 

«Touristes, n'allez pas dans les orphelinats»

 

Alors son conseil aux touristes qui voudraient visiter un orphelinat est simple: «N'y allez pas». A la place, «soutenez une organisation locale qui propose des activités aux enfants dans la journée mais où les enfants rentrent chez eux le soir».

Un conseil qu'ont suivi Betsy Brittenham, décoratrice d'intérieure, et sa fille de 15 ans Alex, qui sont venues enseigner l'anglais pendant trois semaines dans un centre communautaire où les enfants retournent chaque soir dans leur famille.

Comme les bénévoles d'Acodo, l'Américaine paye pour travailler pendant ses vacances. Mais «quand vous faites du bénévolat comme ça, non seulement vous apportez votre argent mais (...) vous enseignez à leurs enfants», note-t-elle. «Cela n'a pas de prix». 20minutes Online

Commenter cet article

Benoit Robitaille 07/03/2013 04:34


Je
comprends très bien ceux et celles qui veulent faire leur part en enseignant dans ces orphelinats. Je serais le premier volontaire à vouloir rester avec ces jeunes afin de leurs apporter une
partie de mes connaissances avant de repartir à la maison. Personnellement, j’ai toujours voulu participer à une quelconque aide humanitaire lors d’un de mes voyages.


Par
contre, plus je lisais l’article, plus je me rendais compte que nous faisons plus de dommage que d’aide en voulant sauver ces petits d’une éducation trop peu soutenue. Je n’avais jamais réalisé à
quel point cela pouvait éventuellement affecter ces jeunes aussi négativement. De plus, je suis outré de voir que certains touristes prennent avantage de ces jeunes orphelins sans défense en les
violentant sous toutes ses formes. Il faut croire qu’encore aujourd’hui, là où il y a des humains, il y a de l’humainerie…


Merci
beaucoup d’avoir fait part de cet article. Lors de mon prochain voyage, je penserai à deux fois pour quel organisme je veux m’investir et quelles répercussion auront mes actes sur la population
locale, même si mes intentions ne sont que bonnes.

Benoit Robitaille 07/03/2013 04:33


Je
comprends très bien ceux et celles qui veulent faire leur part en enseignant dans ces orphelinats. Je serais le premier volontaire à vouloir rester avec ces jeunes afin de leurs apporter une
partie de mes connaissances avant de repartir à la maison. Personnellement, j’ai toujours voulu participer à une quelconque aide humanitaire lors d’un de mes voyages.


Par
contre, plus je lisais l’article, plus je me rendais compte que nous faisons plus de dommage que d’aide en voulant sauver ces petits d’une éducation trop peu soutenue. Je n’avais jamais réalisé à
quel point cela pouvait éventuellement affecter ces jeunes aussi négativement. De plus, je suis outré de voir que certains touristes prennent avantage de ces jeunes orphelins sans défense en les
violentant sous toutes ses formes. Il faut croire qu’encore aujourd’hui, là où il y a des humains, il y a de l’humainerie…


Merci
beaucoup d’avoir fait part de cet article. Lors de mon prochain voyage, je penserai à deux fois pour quel organisme je veux m’investir et quelles répercussion auront mes actes sur la population
locale, même si mes intentions ne sont que bonnes.

Vincent 18/05/2012 07:01


Bonjour,


Etant au Cambodge et connaissant cette structure, j'ai décidé, il y a peu de temps, d'écrire un document à ce sujet.


Pour en savoir plus sur ce "fléau" cliquez ci-dessous:


http://nomadevasion.kazeo.com/edit/3-3-attention-choisissez-bien/3-3-attention-choisissez-bien,r1645970.html


Bonne lecture !

ceri 29/07/2011 00:13



j'ai été au cambodge récemment, et le constat est clair: les villages bordels se multiplienrt le long des grands axes routiers.


La thailande fait mine de lutter contre ce tourisme pédophile, ils se reportent donc sur le pays voisin.


Des tours opérateurs spécialisés travaillent sur ce secteur



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