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Ce que cache le ciel bleu de Fukushima

Publié par wikistrike.com sur 16 Septembre 2013, 06:13am

Catégories : #Ecologie - conso - biodiversité - énergie

Ce que cache le ciel bleu de Fukushima


 

À l’heure où Tokyo a été choisie comme hôte des JO de 2020, les discours officiels sur la radioactivité se veulent rassurants… Mais pas ceux des scientifiques indépendants.


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« La situation est sous contrôle à Fukushima. Il n’y a aucun problème, cela n’a jamais causé, ni ne causera de dégâts à Tokyo ! Aucun problème de santé n’a été enregistré jusqu’à présent et il n’y en aura pas à l’avenir. » En présentant, le 7 septembre, à Buenos Aires, la candidature de Tokyo aux Jeux ­Olympiques de 2020, Shinzo Abe, le premier ministre conservateur du Japon, n’a pas fait dans la nuance. Et d’ajouter : « Aujourd’hui, sous le ciel bleu de Fukushima, des enfants jouent au ballon et regardent vers l’avenir. Pas vers le passé. » Un discours 100 % rassurant qui a convaincu en tout cas les membres du CIO puisqu’ils ont choisi la capitale japonaise comme hôte des JO de 2020. Mais qui a suscité l’indignation des « lançeurs d’alerte », associations ou scientifiques indépendants, qui, au Japon mais aussi en France, informent depuis le 11 mars 2011 sur les conséquences réelles de l’accident nucléaire de Fukushima, notamment en termes de santé publique.

 

1. La situation est-elle vraiment « sous contrôle » ?

 

« Trois réacteurs nucléaires qui doivent être refroidis en permanence avec des milliers tonnes d’eau qui deviennent à leur tour radioactives et que l’opérateur local, Tepco, n’a pas les moyens ni d’entreposer, ni de décontaminer, je n’appelle pas cela une situation sous contrôle », juge Bruno Chareyron, ingénieur en physique nucléaire, responsable du laboratoire de la Criirad (Commission de recherche et d’information indépendantes sur la radioactivité). Son laboratoire, basé à Valence dans la Drôme, avait notamment été à l’origine de l’information indépendante sur les retombées en France du nuage de Tchernobyl, en 1986. Quand les pouvoirs publics français se faisaient l’écho de la fable du « nuage arrêté aux frontières ».


Cette fois, l’aveu de la gravité de la situation est venue des autorités japonaises elles-mêmes. Ainsi, le 22 août, l’Autorité de régulation nucléaire du Japon (ARN) a classé au niveau 3 (incident grave) et non plus 1 (anomalie) les fuites d’eau radioactives dans l’océan autour de Fukushima. 300 tonnes d’eau radioactive s’écoulent chaque jour dans la mer. Un rythme tellement effrayant que le gouvernement a repris le dossier de la décontamination en main en dessaisissant, le 3 septembre, Tepco de cette gestion. Il faut dire que les stocks d’eau contaminée sont évalués à l’heure actuelle à 350 000 m3 et devraient doubler d’ici la fin 2015, dépassant les 700 000 m3. Avec des citernes fissurées un peu partout – Tepco a reconnu l’existence d’un flux d’eau ruisselant sous la centrale – et un risque sismique toujours présent.

 

> A voir : la vidéo de nos confrères du Monde qui explique, en deux minutes, pourquoi et comment la centrale nucléaire de Fukushima fuit.

 

2. Existe-t-il des sources d’information indépendantes du gouvernement japonais ?

 

Forte de son expertise acquise lors de l’accident nucléaire de Tchernobyl, la Criirad a fait bénéficier de son expérience la CRMS (Réseau citoyen de stations de mesure de la radioactivité), mis en place par Watura Iwata, un artiste habitant Tokyo, en leur expédiant à la fois des compteurs geiger et des appareils plus sophistiqués pour mesurer la radioactivité.

 

« Les autorités japonaises ont minimisé les retombées de l’accident nucléaire de Fukushima dès les jours qui ont suivi le tsunami du 11 mars 2011, se souvient Bruno Chareyron, et cela de trois façons : en ne distribuant pas de pastilles d’iode aux habitants les plus exposés, en établissant un périmètre dérisoire d’évacuation de 20 km autour de la centrale, et en ne prenant pas assez en compte, avec des normes sévères, la question de la consommation des aliments contaminés. Aussi quand nous avons étécontactés par Watura Iwata, le courant est tout de suite passé. » Participation au Projet 47 pour équiper les 47 préfectures du Japon de laboratoires indépendants de mesures de la radioactivité (en fait, dix centres de mesures dont huit dans la province de Fukushima, un dans celle d’Ibaraki et un à Tokyo), voyage d’études et de formation aux appareils de contrôles, conférences de presse commune : l’entente associative franco-japonaise Criirad / CRMS a fonctionné à plein régime. Apportant une voix discordante et bien informée face aux paroles toujours rassurantes des pouvoirs publics japonais.

 

3. Quels sont les risques de contamination aujourd’hui ?

 

« Aujourd’hui, plus de deux ans après la catastrophe, un vaste territoire est encore gravement contaminé, répond Bruno Chareyron. Bien au delà des 20 km évacués et aussi de la dose maximale de 1 millisievert (msV) par an, la limite admise. Il faut dire que le seuil de cette norme internationale, appliquée d’ailleurs à Tchernobyl, a été relevé arbitrairement par les autorités japonaise à 20 msV sur 12 mois. Pourtant, dans la ville de Fukushima même (400 000 habitants), située à 65 km de la centrale, des mesures récentes du CRMS ont montré des taux de radiation de 10 à 20 fois supérieurs à la normale. »


Kolin Kobayashi, un journaliste japonais qui vient de publier au Japon un livre d’enquête sur le Crime du lobby nucléaire international, de Tchernobyl à Fukushima (éditions Ibun-sha), est à l’origine de la venue en Europe, la semaine dernière, du Dr Eisuke Matsui. Ce médecin radiologue, président de l’Institut de recherche pour la médecine environnementale de Gifu, est connu comme un membre de l’association des citoyens et des scientifiques pour les recherches sur les irradiations internes. De passage à Paris, après avoir passé cinq jours avec des médecins ukrainiens dans la région de Tchernobyl, il a organisé des conférences sur « les irradiations par faible doses »« Présentes notamment dans les sols et dans l’air, elles ne sont pas reconnues dangereuses aussi bien par la Commission internationale de protection radiologique (CIPR) que par le gouvernement japonais, dénonce le Dr Matsui. Ces derniers ne prennent en compte que les rayonnements externes gamma et non les internes, alpha et bêta. Or de nombreux travaux scientifiques, menés notamment après Nagasaki et Hiroshima, montrent qu’on retrouve du césium 137 dans le cœur, du strontium 90 dans les os ou encore du plutonium 239 dans les poumons. J’ai ainsi personnellement examiné 20 enfants de Fukushima qui sont nés, depuis mars 2011, avec des malformations cardiaques », affirme-t-il. D’ailleurs, la carte qu’il montre au début de sa conférence prouve que les vents ont amené des particules radioactives jusque dans la banlieue de Tokyo, à Chiba, à plus de 200 km de Fukushima.

 

4. Pourquoi le gouvernement japonais minimise-t-il autant les risques ?

 

Pour Kolin Kobayashi, les raisons de la minimisation de la gravité de la situation sont doubles : « D’une part le lobby nucléaire – qui va de Tepco aux principaux partis politiques japonais, en passant par les experts de l’AIEA (l’Agence internationale de l’énergie atomique) à ceux du CIPR – ne veut pas voir remis en cause cette énergie. D’où la volonté affichée par le nouveau gouvernement de faire redémarrer les 50 réacteurs nucléaires existant au Japon. D’autre part, les autorités japonaise sont paniquées à l’idée de devoir évacuer une population encore plus importante qui viendrait grossir les rangs des 100 000 réfugiés actuels. Dans un petit pays à la densité urbaine très forte, ils ne savent tout simplement pas comment faire. »

 

> A Voir :

Quand Google propose une visite virtuelle de la zone interdite de Fukushima.

Maisons abandonnées, débris éparpillés du tsunami (dont de nombreux bateaux renversés), paysages désertiques, routes envahies par des herbes folles : Google nous entraîne dans une troublante visite de la zone interdite, ce grand cercle concentrique de 20 kilomètres tracé autour de la centrale nucléaire de Fukushima. Et où plus de 100.000 habitants ont été évacués. Sans espoir de retour. Grâce à un véhicule spécial géolocalisé équipé d’une caméra, nous parcourons, un peu gêné par notre position de voyeur, ce paysage d’après Apocalypse. Un décor de « natures mortes » sous un ciel bleu étincelant.

 

Source : La Vie

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Raf 16/09/2013 09:55


va voir un médecin si est bleu...ou ta sert trop fort 

Dalek 16/09/2013 09:31

C'est ma bite pleins de spermes !

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