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Chevaux de la grotte du Pech Merle : réalistes et non symboliques ?

Publié par wikistrike.over-blog.com sur 10 Novembre 2011, 17:34pm

Catégories : #Préhistoire

 

Chevaux de la grotte du Pech Merle : réalistes et non symboliques ?

Publiant ses travaux dans Proceedings of the National Academy of Sciences, une équipe internationale a passé au crible de l'analyse génétique les ossements fossiles de dizaines de chevaux préhistoriques, établissant que certains d'entre eux étaient de couleur mouchetée : de quoi résoudre, semble-t-il, le débat sur le caractère symbolique ou bien réaliste des chevaux ponctués de la grotte ornée du Pech Merle…

Pech Merle - Panneau des chevaux ponctuésL'étude
Une équipe internationale, dirigée par Arne Ludwig, de l'Institut Leibniz de recherche zoologique de Berlin, en collaboration avec Terry O'Connor, archéologue à l'université d'York (Royaume-Uni), a mené une étude génétique à grande échelle d'os et de dents fossiles de chevaux préhistoriques, s'intéressant particulièrement à la couleur de leur pelage. 
Confirmant des travaux antérieurs, les chercheurs ont trouvé une majorité de brun et de noir. Mais – fait nouveau – ils ont également  établi que 20 % des spécimens analysés portaient un gène donnant, chez les chevaux actuels, une robe pommelée (blanche tachetée de gris ou de noir). Les auteurs en concluent que les représentations d'animaux sur les parois des grottes, tels les fameux chevaux ponctués duPech Merle (- 25 000 ans, Lot, France), étaient  faites de façon tout à fait réaliste par les artistes du paléolithique. 

Un large échantillon
L'étude porte sur 31 chevaux sauvages fossilisés vieux de 35 000 ans au maximum, issus de 15 sites répartis de l'Europe occidentale à la Sibérie. Parmi cet échantillon, sur les 10 équidés venant du sud-ouest de la France ou de la côte cantabrique d'Espagne, 4 portaient le 'gène-dalmatien', ce qui suggère que cette couleur était relativement fréquente en Europe de l'ouest. Les 2 autres cas concernent des fossiles trouvés en Ukraine. Les autres chevaux analysés étaient de couleur noire ou marron – tels ceux représentés à Lascaux.  

Double enjeu
« Il était d'une importance critique de s'assurer que les représentations de chevaux despeintures rupestres étaient basées sur l'expérience de la vie réelle plutôt que des produits de l'imagination », explique Arne Ludwig, en tant que zoologiste intéressée par le critère de précision de ces œuvres dépeignant la diversité de la faune européenne d'avant le dernier âge glaciaire. 
D'autre part, si les chevaux mouchetés existent aujourd'hui, grâce aux sélections opérées par l'élevage (qui date probablement d'il y a quelque 4 500 ans, au Néolithique, quelque part entre Ukraine et Kazakhstan), on ignorait s'il en existait au Paléolithique, le milieu de steppes et de toundra ne nécessitant pas un tel camouflage naturel. De sorte que certains préhistoriens voyaient dans les chevaux du Pech Merle l'émanation d'un symbolisme (rituel ou mystique). Désormais, on sait en tout cas qu'il existait bien des chevaux des 3 couleurs – brun, noir, pommelé – peintes dans les diverses grottes.

Exit le symbolisme, place au dessin naturaliste ?
« Notre recherche supprime la nécessité de chercher une quelconque explication symbolique aux chevaux [ponctués]. Les gens dessinaient ce qu'ils voyaient, et leurs représentations ont le potentiel de nous fournir un aperçu 'de première main' de l'environnement physique que les humains rencontraient », conclut Terry O'Connor. 
Reste toutefois que les motifs abstraits (points ou traits) ou les empreintes de mains qui figurent hors des portraits d'animaux sur les parois de nombre de grottes ornées, sont difficilement interprétables sans connotation symbolique ou au moins abstraite…

F. Belnet

Sources : 
BBC , 
DailyMail 

Image : photo P. Cabrol (c) Centre de Préhistoire du Pech Merle

Réaction de préhistoriens en France 

Pour le préhistorien Jean Clottes

Jean Clottes
Cette étude fait beaucoup de bruit médiatique. Elle est la bienvenue et elle est intéressante parce qu’elle prouve que les deux chevaux ponctués de Pech-Merle n’étaient pas imaginaires mais que ces animaux existaient bien dans la nature. Cela ne prouve rien d’autre et surtout pas que les artistes préhistoriques n’avaient pas d’autre but que la reproduction servile de leur environnement. D’ailleurs, les chevaux de Pech-Merle sont partiellement entourés des mêmes ponctuations, en dehors de leur corps, ce qui est incompatible avec une “simple” copie des animaux.

Deux remarques principales s’imposent. La première, c’est que ce résultat ne change rien à ce que l’on sait des qualités d’observation et de reproduction fidèle de la réalité par ces artistes. Depuis plus d’un siècle, le caractère naturaliste de l’art paléolithique est une évidence que nul ne conteste. Par exemple, pour les chevaux, la différence de coloration du pelage entre le ventre et le dos est souvent remarquablement rendue (Ekain, Lascaux,Cosquer, etc.), les sabots sont très détaillés (Niaux), la crinière est hérissée comme chez les chevaux de Przewalski, les attitudes et actions sont indiquées (Lascaux), etc. On pourrait en dire autant de tous les animaux représentés (bisons, aurochs, mammouths et tant d’autres), au point que dans de nombreux cas, on peut préciser l’âge, l’attitude ou la saison. Le naturalisme est inhérent à l’art paléolithique, même s’il existe aussi des animaux beaucoup plus schématiques et certains fantastiques ou irréels.

Deuxième remarque : on ne peut pas se baser sur le plus ou moins grand naturalisme des ¦uvres pour en tirer des conclusions sur leur caractère symbolico-religieux ou non. Dans une église, une simple croix de bois aura-t-elle plus de valeur symbolique qu’une reproduction réaliste de la Crucifixion ? L’Islam qui ne représente pas la réalité est-il plus symbolique et religieux que le Christianisme ou le Bouddhisme ? Le Diable, créature composite à cornes, queue animale et pieds fourchus, serait-il plus symbolique que l’Enfant Jésus et sa mère, qui sont naturalistes ?

Les dessins paléolithiques étaient fondés sur ce que les gens voyaient dans la nature et sur l’interprétation qu’ils en faisaient dans le cadre de leurs mythes et de leurs croyances et non pas en vu de rendus photographiques. D’ailleurs, on sait depuis longtemps que la faune représentée était choisie et ne correspondait pas exactement à celle qui se trouvait dans l’environnement. Par exemple, loups et renards sont rarissimes dans l’art, de même que les oiseaux. Les peintres de Niaux représentaient surtout des bisons et mangeaient surtout du bouquetin. On pourrait multiplier les exemples. 

Bref, cette découverte présente un intérêt certain mais limité à Pech-Merle et elle ne saurait en aucun cas être extrapolée pour interpréter l’art paléolithique d’une manière exagérément restrictive
.

 

Source: hominides.com

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Maverick 11/11/2011



Intéressant. N'en déplaise aux fans de Picasso, Dali, Matisse, Kandinsky ... (Non pas que leur travail soit indigne d'intérêt, amis je déteste le côté "branchouille-Prout-Prout" de leurs
admirateurs)



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