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"Si vous ne changez pas en vous-même, ne demandez pas que le monde change"
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Comment Facebook lit vos messages privés (et peut les montrer à la police)
Tout ce que vous écrivez sur Facebook - y compris la messagerie
privée - est scruté par les ordinateurs de Facebook, à la
recherche d'activités criminelles.
Si un comportement suspect - pédophilie,
harcèlement... - est détecté par ses algorithmes, le cas remonte à l'équipe de sécurité du réseau social. C'est seulement à cette étape que des yeux humains se posent sur des discussions privées. Le cas échéant, le
géant d'Internet se met en relation avec la police.
Toutes les entreprises surveillent ce qui
se trame sur leur réseau. Mais une interview accordée à Reuters par Joe Sullivan, responsable de la sécurité à Facebook, est venue donner
davantage de détails sur la manière dont Facebook a automatisé le processus de détection et comment, contrairement à d'autres géants, ce dernier est entièrement
internalisé.
Une détection
intelligente
Facebook se concentre en priorité sur les discussions
supposées à risques. Le système accorde moins d'importance aux conversations entre deux membres qui ont l'habitude de discuter ensemble. En revanche, si deux membres ne sont pas amis, ont peu
d'amis en commun, discutent pour la première fois et n'habitent pas dans la même zone, Facebook surveillera de plus près leurs échanges. Evidemment, les profils des mineurs font l'objet d'une
attention particulière.
Mieux : les programmes de surveillance prennent
également en compte des phrases utilisées dans leur chats Facebook par des délinquants interpellés par le passé.
Un sujet
délicat
Facebook est généralement très discrète
sur la façon dont elle surveille ses utilisateurs. D'abord parce que l'entreprise craint qu'on lui reproche son peu de précaution vis-à-vis de la vie privée (elle en a l'habitude). L'autre raison est avancée par Reuters : avec cette technologie, Facebook ne détecte que très peu de comportements
anormaux.
L'interview de Reuters ne donne pas le
nombre de cas transmis par Facebook aux services de police. Elle ne mentionne qu'un seul cas où Facebook est intervenu : un homme d'une trentaine d'années qui avait donné rendez-vous à une jeune
fille de 13 ans au mois de mars. Mais Reuters cite « une demi-douzaine » d'officiers « louant » la manière dont « Facebook suscite
des enquêtes ».
« J'ai l'impression que pour chaque personne que nous
arrêtons, dix autres passent à travers les mailles du filet », confirme à Reuters Jeffrey Duncan, de la police de Floride.
Joe Sullivan, le chef de la sécurité de Facebook, est
évidemment très prudent :
« Nous n'avons jamais voulu mettre en place un environnement dans lequel nos employés ont accès à des conversations privées, c'est donc très importants que nous utilisions une technologie de détection qui a un taux de faux positifs [fausses alertes, ndlr] très bas. »Dans sa communication officielle, Facebook ne parle pas de ce sytème : ni danssa page destinée aux forces de l'ordre, ni dans le document confidentiel à l'intention des autorités de police et de justice, fuité fin 2011.
« Les CGU [conditions générales d'utilisation, ndlr] du service utilisé peuvent prévoir ce "scan" des messages, à des fins de détection des comportements violents ou contraires aux bonnes mœurs. Quand on utilise un compte Gmail par exemple, un robot scanne nos e-mails pour proposer de la publicité ciblée. »Au niveau du droit, la détection automatique ne change pas vraiment la donne :
« Il est possible d'avoir une modération automatique, basée sur des mots-clés par exemple, qui va systématiser le contrôle. Le code pénal, qui définit le statut des correspondances privées, s'applique, mais il faut également prendre en compte les finalités d'un tel traitement.
Cela peut par exemple permettre au prestataire technique [ici, Facebook, ndlr] de ménager sa responsabilité : en France, on doit retirer un contenu manifestement illégal qui lui est signalé, y compris par un moyen automatique.
La question, c'est la transparence, savoir si Facebook a informé ses utilisateurs. »
Source:Rue89