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Comment l’Europe fait passer ses déchets informatiques pour des dons « humanitaires »

Publié par wikistrike.com sur 30 Janvier 2014, 07:55am

Catégories : #Ecologie - conso - biodiversité - énergie

Comment l’Europe fait passer ses déchets informatiques pour des dons « humanitaires »

 

 

 

arton3698-47bed.jpgChaque Français produit 20 kg de déchets électriques et électroniques par an ! Que deviennent notamment nos millions de téléphones, d’ordinateurs ou de tablettes devenus obsolètes ? Une partie de ces équipements électroniques est collectée par une filière de traitement des déchets. Un très petit nombre est réparé. Et des milliers de tonnes sont envoyées, illégalement, vers les décharges d’Afrique ou d’Asie. Les autorités commencent à agir pour limiter la casse. Mais les multinationales qui gèrent la filière du recyclage ont-elles vraiment intérêt à privilégier de véritables solutions ? Enquêtesur le parcours de nos déchets et les intérêts en jeu.

C’est une déferlante. Environ 900 millions de smartphones se sont vendus dans le monde en 2013, dont 15 millions en France (50 millions depuis 2008). Plus de 300 millions de PC continuent d’être livrés sur la planète. Plus de 100 millions d’Européens posséderont une tablette tactile en 2016 [1]... Les parts de marché des fabricants – Acer, Apple, Dell, HP, Samsung... – se portent bien. Les décharges africaines de déchets informatiques également.

« Après Noël, il y a toujours plus de déchets électroniques qui arrivent. Les gens achètent du nouveau matériel et jettent l’ancien. Du coup, plus de gens travaillent sur les décharges ici », explique Mike Anane, journaliste ghanéen. « Dans la décharge d’Agbogbloshie, 10 000 personnes en moyenne s’occupent du démantèlement des déchets électriques et électroniques. » Des dizaines de milliers de personnes qui se rendent malades à démonter des appareils et à brûler les câbles. Agbogbloshie, dans la banlieue d’Accra ; la capitale, est la plus grande décharge de déchets électroniques au Ghana.

Mike Anane travaille depuis dix ans sur les exportations illégales de déchets d’équipements électriques et électroniques (appelés DEEE ou D3E). « Au début, ces déchets arrivaient par demi-camions. Le phénomène a explosé ces huit dernières années. » Aujourd’hui, il évalue à 500 le nombre de containers de D3E qui arrivent tous les mois au port ghanéen de Tema. Sur place, dans les décharges à ciel ouvert, les équipements sont démantelés, une partie récupérée, le reste brûlé, sans protection suffisante pour les travailleurs du site. Avec des conséquences désastreuses pour les populations locales : le site d’Agbogbloshie est classé parmi les dix endroits les plus pollués au monde, selon le classement effectué par l’ONG suisse Greencross et l’institut américain Blacksmith [2]« Les déchets électroniques sont toxiques. Ils contiennent des substances cancérigènes », rappelle le journaliste ghanéen [3]. Comme les fluides frigorigènes pour les réfrigérateurs, les tubes cathodiques, les écrans à cristaux liquides, interrupteurs au mercure, ou simplement du plomb, du cadmium, du chrome…

Exportations de déchets déguisées en dons humanitaires

La convention internationale de Bâle (entrée en vigueur en 1992), interdit l’exportation de déchets dangereux des pays membres de l’OCDE vers ceux du Sud. En Europe, les règles sont encore plus strictes : une directive européenne a structuré en 2002 la filière de la collecte et interdit à ses États membres d’exporter leurs déchets, dangereux ou non, pour les faire éliminer dans un pays étranger. Malgré une convention internationale vieille de plus de vingt ans et une législation européenne, rien n’y fait. Les déchets s’empilent au Sud. Pourquoi ? « Les États-Unis n’ont pas ratifié la convention de Bâle, rappelle Mike Anane. Et les pays européens font passer les exports de déchets électroniques pour des dons d’équipements usagers ».

Envoyer en Afrique ou en Asie des équipements électroniques hors d’usage sous couvert d’en faire un don « charitable » : la pratique est répandue en Europe. Les objets sont déclarés par les transporteurs comme des biens de seconde main. Car les exports de matériel électronique d’occasion sont, eux, autorisés. L’Agence européenne de l’environnement estime qu’entre 93 000 et 216 000 tonnes d’équipements électroniques usagés ont été exportées par l’Allemagne vers des pays non européens en 2008 [4]. Soit l’équivalent du poids d’une trentaine de tours Eiffel ! Mais près d’un tiers des équipements électroniques ou électriques importés au Ghana en 2009 étaient en fait hors d’usage, estime le secrétariat de la Convention de Bâle à l’Onu [5]. Ces déchets déguisés en matériel d’occasion viennent d’Europe, pour 85% d’entre eux. Bizarrement, dans ce sens, la « forteresse Europe » semble bien laxiste.

10% des déchets français envoyés à l’étranger

Et en France ? 10% des déchets électriques et électroniques des particuliers – évalués à 20 kg par habitant et par an ! – seraient exportés chaque année, d’après une estimation récente. Soit près de 130 000 tonnes [6]« Normalement, la filière française agréée de gestion des D3E est organisée de manière à empêcher les exportations », explique Laura Caniot, chargée de mission au Centre national d’information indépendante sur les déchets (Cniid). Ici, les producteurs et distributeurs d’équipements électriques et électroniques ont l’obligation (depuis 2005) d’assurer l’enlèvement et le traitement de leurs produits en fin de vie. Collecte, tri, traitement… sont donc gérés par des organisations agréées par l’État, appelées éco-organismes. « Mais depuis quelques années, on assiste à une explosion des achats de petits appareils high-tech. La filière ne s’est pas encore adaptée à ce phénomène », constate Laura Caniot. Seul un tiers des D3E sont collectés par la filière officielle ! Le reste, entre 60 et 70% des déchets, part avec les ordures ménagères. Une partie sera récupérée par l’économie informelle, l’autre partira fumée dans les incinérateurs, s’entasseront dans des décharges ici... ou en Afrique [7].

Depuis quelques années, les autorités commencent à réagir. Une entreprise française de recyclage de D3E en Champagne-Ardenne a ainsi été condamnée en 2012 pour exportation interdite de déchets. Elle transférait vers la Belgique et la Hollande – et leurs terminaux portuaires – des D3E collectés gratuitement auprès des administrations. Les déchets, principalement des écrans d’ordinateurs, étaient ensuite exportés illégalement vers Hong-Kong et le Vietnam, des pays hors OCDE. Le tribunal, saisi par l’association France nature environnement, a jugé qu’au vu « des conditions de stockage de ces matériels, entassés sans aucune précaution », il ne s’agissait pas de « produits d’occasion destinés à une seconde vie », contrairement à ce qu’affirmaient les dirigeants de l’entreprise. Il est donc possible de juger ces abus. Encore faut-il les repérer.

Trop peu de contrôles

Les installations qui traitent les D3E sont contrôlées par les Directions régionales de l’environnement, de l’aménagement et du logement (Dreal), qui dépendent du ministère de l’Écologie. « Il y de moins en moins de contrôle de ces installations, faute de moyens », regrette Sophie Bardet-Auville, du service juridique de France nature environnement (FNE). Les installations de traitement des D3E sont contrôlées tous les deux à trois ans. « Et il n’y a pas de contrôle systématique aux frontières, déplore Laureline Bourit, coordinatrice du réseau de prévention et gestion des déchets de FNE. Les douaniers vérifient certains chargements de temps en temps, mais les moyens attribués aux douaniers sont limités. »

Interpol a toutefois mené fin 2012 une première opération contre le commerce illégal de déchets électroniques. Le gouvernement ghanéen a de son côté interdit l’importation de réfrigérateurs d’occasion [8]. Et la nouvelle directive européenne (qui doit être transposée dans les pays membres d’ici le 14 février) veut renforcer la lutte contre les exportations de D3E. Désormais, ce sera à l’entreprise d’exportation de prouver que les appareils sont bien en état de marche [9].

Toujours pas d’incitation à réparer

Mais rien, dans la nouvelle législation européenne, ne pousse à la réparation des équipements plutôt qu’à leur recyclage (c’est-à-dire la simple récupération d’une partie des composants). « Nous voudrions que 5% des D3E collectés soient réparés, indique Michal Len, directeur du réseau européen Rreuse, qui regroupe les entreprises sociales de recyclage de D3E. Mais la directive européenne ne présente finalement qu’un objectif conjoint de recyclage ou de réemploi. Sans incitation concrète, les filières vont remplir leurs obligations a minima, sans forcément faire le choix qui est le meilleur pour l’environnement. » C’est d’autant plus regrettable que la réparation crée plus d’emplois que la simple récupération de composants. « Dans le réseau d’entreprises d’insertion Envie, pour 1 000 tonnes de D3E collectés et traitées, la réparation fait travailler 35 équivalents temps plein, contre seulement sept en cas de recyclage », détaille Michal Len.

En France, les réseaux Envie et Emmaüs (tous deux membres de Rreuse) ont un partenariat avec Eco-systèmes, qui collecte les trois-quarts des D3E ménagers français. Ce qui a permis la réparation de 478 000 appareils, en 2012. Cela peut sembler beaucoup. Mais ce n’est que 1,3% des plus de 37 millions d’appareils collectés par l’éco-organisme la même année ! Bien loin des 5% demandés par Michal Len, donc [10].

Lire la suite sur la source Bastamag

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Laurent Franssen 03/02/2014 22:35


Déchet informatique toi-même.

L'interner 30/01/2014 12:24


Agence France-Presse



Quelque 990 000 dollars en liquide ont été saisis chez le polémiste Dieudonné lors de
la perquisition de
son domicile réalisée mardi, a indiqué mercredi une source proche de l'enquête.


La police a perquisitionné des propriétés de Dieudonné, dont son domicile à l'ouest de Paris ainsi que le théâtre parisien qu'il loue et où
il produit son one man show.


Des documents comptables ont aussi été saisis par la police judiciaire qui agissait dans le cadre d'une enquête préliminaire du parquet de Paris pour organisation frauduleuse d'insolvabilité,
blanchiment et abus de biens sociaux.


Le polémiste, plusieurs fois poursuivi pour injures racistes, et dont un récent spectacle a été interdit en raison de sa tonalité antisémite, n'a pas acquitté
les amendes (près de 100 000 dollars en tout) auxquelles il a été condamné.


La justice enquête sur son patrimoine et sur des mouvements de fonds, notamment plus de 600 000 dollars envoyés
au Cameroundepuis 2009.


L'enquête pourrait aussi porter sur les conditions dans lesquelles la maison de production gérée par sa compagne, Noémie Montagne, a racheté
pour 838 000 dollars une propriété de Dieudonné, mise aux enchères publiques forcées en raison d'une dette fiscale de près de 1 370 700 dollars.


Une enquête préliminaire a également été ouverte par le parquet de Paris sur les appels aux dons lancés par Dieudonné sur internet pour payer ses amendes, ce qui est interdit.


Par ailleurs l'Union des étudiants juifs de France (UEJF) a demandé mercredi à la justice
d'ordonner à Dieudonné de retirer la vidéo «2014 sera l'année de la quenelle», diffusée
sur YouTube, l'association estimant que plusieurs passages tombent sous le coup de la loi pour «contestation de crime contre l'Humanité, diffamation raciale, provocation à
la haine raciale et injure publique».


Saisi en référé (procédure d'urgence), le tribunal de grande instance de Paris a mis sa décision en délibéré au 12 février.

L'interner 30/01/2014 12:23


 CES UN POSTE DE TV COCO TVA

 

Kelad 30/01/2014 11:33


Un article un peu plus détaillé que celui de "L'interner" (qui ressemble plus à de la désinformation qu'autre chose)


http://www.rtbf.be/info/societe/detail_argent-saisi-chez-dieudonne-les-recettes-des-spectacles-assure-son-avocat?id=8187894

L'interner 30/01/2014 11:22


DIEUDONNE CES TERMINER


http://tvanouvelles.ca/lcn/artsetspectacles/general/archives/2014/01/20140129-230148.html

Stanislas Bauer 30/01/2014 09:06


Déchets dans un sens, immigrés clandestins dans l'autre. L'Europe est vraiment nulle. Quant au manque de moyens, il faut revoir la philosophie des amendes: suffisantes, elles compenseraient les
coûts des contrôles, donc création d'emplois nouveaux ( accessibles aux chômeurs âgés unilingues )

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