Les comètes sont constituées d'un noyau de glace et de poussière qui indique qu’elles se sont formées à des températures
très faibles (près de 50 Kelvins soit -223°C). Pourtant, la mission Stardust de la NASA qui a ramené en 2006 des poussières de la comète Wild 2 a fourni la preuve que cette dernière était
constituée de cristallins et de CAIs (Calcium-Aluminium-rich Inclusions) : des minéraux dont la synthèse nécessite de très hautes températures (supérieures à 1 000 Kelvins ou
727°C).
Une incompatibilité qui ne peut s’expliquer que par un seul phénomène, la photophorèse, selon une équipe comprenant des
chercheurs de l'Institut de physique de Rennes et du laboratoire Astrophysique, instrumentation et modélisation (CNRS). Leurs résultats sont publiés dans le numéro de Juillet 2011 de la
revue Astronomy & Astrophysics.
La photophorèse dépend de deux paramètres : l'intensité du rayonnement solaire et la pression du gaz. Aux origines du système solaire, avant que les planètes ne se soient formées, il existait un disque protoplanétaire de poussières et de gaz autour du soleil. D'après les chercheurs, sous l'effet du rayonnement solaire, les grains de poussières présentaient une face « plus chaude » que l'autre et le comportement des molécules de gaz à la surface de ces grains était modifié : du côté « soleil », les molécules de gaz étaient plus instables et se déplaçaient plus rapidement que du côté « froid ». Provoquant une différence de pression, ce déséquilibre a éloigné le grain du Soleil (voir le schéma ci-dessous).

