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Corée du Sud : des fissures inédites constatées dans au moins un réacteur nucléaire

Publié par wikistrike.com sur 10 Novembre 2012, 07:26am

Catégories : #Ecologie - conso - biodiversité - énergie

Corée du Sud : des fissures inédites constatées dans au moins un réacteur nucléaire

 type détectées dans un réacteur Sud-Coréen : l’ensemble du parc nucléaire de ce pays devra être contrôlé

Certains pensaient que les réacteurs nucléaires à eau pressurisée, représentant la majorité de ceux exploités de par le petit village nucléaire, étaient particulièrement bien connus (particulièrement leurs défauts) depuis la soixantaine d’années qui les séparait de leur première mise en service commerciale. 1

Décidément, tout se casse la figure : un « nouveau » type de défaut fait son apparition au niveau d’un REP Coréen

Deux des réacteurs de l’immense site de production électronucléaire de Yeonggwang, situé à 250 km au Sud de Séoul, ont connu depuis quelques mois des problèmes localisés au niveau des barres de contrôle des cœurs, éléments primordiaux pour la « conduite » du réacteur ; ce sont notamment ces barres qui permettent en grande partie de stopper le processus de fission nucléaire le plus rapidement possible lors d’un défaut touchant l’unité, ce qui se produit en moyenne une fois par année et par réacteur (USA).

 

Corée du Sud : la commission de régulation repère des fissures dans au moins un réacteur

Une partie des installations de Yeonggwang, Corée du Sud

 

Peu de détails et une commission de régulation Coréenne passablement opacifiante

Il semble que ces problèmes affectant les barres de contrôle aient déclenché plusieurs arrêts d’urgence au niveau d’au moins deux unités de production, notamment le mois dernier et dans le courant du mois d’août 2012.

Même si très peu d’informations semblent avoir filtré sur ce nouvel incident Sud-Coréen, il est probable que les défauts se soient produits au niveau des unités n°. 1 et 2 qui sont les plus anciennes de l’énorme site qui compte 6 réacteurs et délivre une puissance totale estimée à près de 6000 MWe.

On se souviendra par ailleurs que la commission de sécurité nucléaire Sud-Coréenne 2 traîne derrière elle – et malgré un changement de patronyme récent qui ne trompe personne – une longue série de casseroles visant sa présumée indépendance vis-à-vis du village électronucléaire.

Des barres de contrôle endommagées, un réacteur défaillant impossible à stopper : un condensé du cauchemar nucléaire

Nous évoquions récemment le scénario du pire : un réacteur fou, dont par exemple les barres de contrôle ne fonctionneraient plus pour une raison ou pour une autre. Même si des dispositifs annexes permettent de seconder la descente de ces éléments dans un cœur à stopper d’urgence, il est évident que l’on se trouve déjà – dans le cadre d’un arrêt d’urgence – dans une situation plus ou moins périlleuse et que ce type de défaut engendrerait à coup sûr – dans le meilleur des cas – le retard d’un processus que l’on souhaiterait à l’évidence le plus rapide possible.

 

20 secondes de retard sur la descente des barres de contrôle = un accident majeur

Ce cas de figure ne s’est – à priori – jamais produit à ce jour mais ces défauts signalés sur les barres de contrôle semblent cependant très, très inquiétants car il sont situés au niveau d’un élément vital de la sécurité des réacteurs.

 

L’accident de Tchernobyl a d’ailleurs été lui-même facilité – voire partiellement créé – par un défaut de conception de ce système crucial : les 20 secondes qui ont été fatales lors de l’accident de Tchernobyl ont été provoquées par une vitesse insuffisante de pénétration de ces éléments dans le cœur d’un réacteur déjà en situation extrême 3.

Nous vous laissons imaginer quelles conséquences pourraient survenir sur un site regroupant six unités de production lancées à pleine puissance si ce type de défaut touchant les barres de contrôle finissait par survenir lors d’un arrêt d’urgence sur l’un des réacteurs…

Un contrôle à froid sera effectué sur l’ensemble du parc nucléaire Sud-Coréen

Problème : pour effectuer ces contrôles – manifestement assez urgents – il est nécessaire de placer l’ensemble des réacteurs du parc Sud-Coréen 4  en « arrêt à froid » c’est à dire d’arrêter les réacteurs… vous avez deviné, en insérant les barres de contrôle dans les réacteurs…

Sources :

AFP, 9/11/12 (anglais)

RTBF, 5/11/12 (242)

  1. Le premier REP Westinghouse, d’une puissance de 60 MWe, a été mis en service commercial le 2 décembre 1957 sur le site deShippingport, USA
  2. Nuclear Safety & Security Commission
  3. L’une des hypothèses secondaires intéressantes est qu’au moins l’une des barres de contrôle déformée ait pu coincer l’ensemble du mécanisme d’insertion
  4. 23 réacteurs représentant un peu moins de 20.000 MWe

Source: Gen4

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