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« Crime d'État » à Fukushima - « L'unique solution est la fuite »

Publié par wikistrike.com sur 4 Juillet 2013, 09:58am

Catégories : #Politique internationale

« Crime d'État » à Fukushima - « L'unique solution est la fuite »

 

 

 

 

fukushima_botte.jpgLe 23 juin 2013, pour les deux ans d'existence de la première « station citoyenne de mesure de la radioactivité » à Fukushima, le réseau Citizen Radioactivity Measuring Station (CRMS) organisait une rencontre réunissant scientifiques et habitants, à laquelle nous avons assisté. Le professeur Hiroaki Koide, physicien, spécialiste des réacteurs au Research Reactor Institute de l'université de Kyoto, y a prononcé une conférence et nous le remercions d'avoir accepté que, sur la base de son intervention orale et à partir de documents complémentaires, nous en éditions et diffusions le contenu. 

L'intervention du professeur Hiroaki Koide 

« Le bâtiment n°4, en partie détruit, contient une piscine de désactivation des combustibles comprenant des éléments radioactifs en grande quantité, qui est aujourd'hui en équilibre instable [...]. S'y trouvent 1 331 barres de combustibles radioactifs équivalant à 14 000 fois la quantité de césium 137 comprise dans la bombe d'Hiroshima [...]. 

Il faudra attendre que la grue, dont la construction va démarrer dans les prochains jours, fonctionne pour que l'on puisse commencer le déplacement des barres : on plongera un conteneur de plomb dans la piscine, et une à une, on y entreposera les 10 à 11 barres qu'il peut accueillir, on fermera le conteneur de plus de 100 tonnes, on le sortira et on le déplacera, puis on recommencera. Une seule des 1 331 barres qui viendrait à tomber, et la contamination empêcherait d'approcher la piscine pendant plusieurs mois. Pour le seul réacteur n°4, ces travaux nécessiteront, je pense, plus de dix ans. » 

« De nombreux travailleurs sont irradiés » 

« Dans les bâtiments n°1, 2 et 3, où la radioactivité est telle qu'on ne peut pas approcher, on ne sait pas quand il sera possible d'extirper les combustibles usagés des piscines. Les cœurs ont fondu et se sont affaissés. Désemparés, on projette, pour le moment, l'eau dessus pour faire en sorte de les refroidir. Cependant, pour le seul réacteur n°1, le niveau ne monte pas au-delà de 40 cm, parce qu'il y a un énorme trou par lequel l'eau fuit toujours plus, envahissant même la salle des turbines. On tente de récupérer cette eau, on essaie d'en extraire le césium et de l'asperger de nouveau. Mais tout fuit de part en part, et l'eau étant chargée d'éléments radioactifs, la radioactivité ne cesse de grimper, elle dont on attend qu'elle " descende " [...]. 

Aujourd'hui encore, de nombreux travailleurs sont irradiés afin de pouvoir mener à bien ces travaux de confinement. Les 100 tonnes de céramique d'uranium qui se trouvaient dans le cœur ont liquéfié la base de béton située dessous. Elle se dissout à environ 1 500 degrés. Le cœur en fusion a donc continué sa progression et créé un trou. 

Toutefois, selon les dirigeants de Tepco, le corium, certes, progresse dans la base de béton d'un mètre d'épaisseur, mais cette progression n'aurait pas excédé 70 cm, ce qui laisserait une marge de 30 cm. Lorsque je les ai entendus fournir cette explication, je leur ai demandé si, pour affirmer cela, ils étaient allés voir. Etant donné qu'on ne peut même pas introduire un seul instrument de mesure de la radioactivité, on ne peut rien asserter. C'est incontrôlable. » 

« Il faudra construire un sarcophage en béton » 

« Selon le plan fourni par Tepco, le corium aurait la forme d'un gâteau de riz rond. En réalité, il est impossible de savoir dans quel état il se trouve. Je suis en revanche quasiment certain qu'il a traversé le béton et continue sa progression en dessous. Les dirigeants de Tepco disent qu'ils souhaiteraient en avoir le " cœur net "... et que c'est la raison pour laquelle ils développent des technologies liées à la robotique. Ils espèrent pouvoir extraire le cœur d'ici trente ans. Je pense, moi, qu'on ne le pourra jamais et qu'il faudra construire un sarcophage en béton, comme cela a été fait à Tchernobyl. Or, à Tchernobyl, 27 ans après, cette gigantesque couverture de béton est décrépite et il faut en construire une nouvelle par dessus. 

C'est la seule solution, à Fukushima aussi, mais on ne pourra pas le faire avant trente ans. Moi, je ne serai plus là. Presque vous tous, qui êtes dans cette salle, vous ne serez plus là. Les jeunes pourront peut-être voir ce sarcophage, mais lorsqu'il faudra en construire un second, aucun d'entre eux ne sera encore en vie. Voilà l'échelle temporelle à laquelle nous sommes confrontés [...]. Comme à Tchernobyl, il faudra prévoir de vastes territoires où seront accumulés les déchets contaminés qui auront servi à la construction du sarcophage, territoires qui ne pourront plus être approchés pendant cent ans, deux cents ans, voire plus. » 

« 300 ou 400 fois la bombe d'Hiroshima » 

« La quantité de césium 137 relâchée à Fukushima est de l'ordre de 168 fois celle relâchée lors de l'explosion de la bombe d'Hiroshima : ce sont les chiffres du gouvernement japonais, mais ils sont sous-estimés, et la raison en est liée à la question de la responsabilité. Certes Tepco est responsable de l'accident, mais nul autre que le gouvernement n'a demandé à Tepco de poursuivre le nucléaire, arguant que c'était " sans danger ". 
Le gouvernement a une responsabilité lourde, et le terme de " responsabilité " est un euphémisme car il a commis, de fait, un véritable crime d'Etat. Est-il normal qu'en un tel cas, ce soit le criminel qui fournisse les chiffres, et donc les preuves du crime qu'il a commis ? Il faut, en réalité, multiplier ces chiffres par deux ou trois et comprendre que la quantité de césium relâchée lors des explosions à Fukushima équivaut à 300 ou 400 fois la bombe d'Hiroshima. Sans compter ce qui a été reversé dans l'océan, et, aujourd'hui encore, des quantités considérables sont relâchées en pleine mer sans qu'on puisse entrevoir la fin de ce désastre. [...] » 

« L'unique solution est la fuite » 

« Au centre d'expérimentation nucléaire de l'université de Kyoto, où je travaille, lorsque nous manipulons des matières radioactives, nous sommes contraints de le faire exclusivement dans ce que nous appelons des " zones d'accès contrôlées " [...]. Si, suite à une expérience, mon taux de contamination excède la limite des 40 000 becquerels/m2, je suis considéré comme un déchet radioactif, la porte ne s'ouvre pas, et je dois être " jeté " [...]. 

Selon la carte fournie par l'Etat, dans la ville de Fukushima, la radioactivité dépasse les 60 000 becquerels/m2. Or le gouvernement affirme que les habitants peuvent y habiter ! Il ne s'agit pas d'une de mes expériences de laboratoire, ce ne sont pas seulement mes mains ou mes habits qui sont contaminés, mais le bâtiment dans lequel nous sommes actuellement. La route, la gare, la place devant la gare, les bosquets, les montagnes, tout est contaminé [...]. Nous sommes tous ici, tranquillement réunis dans cette salle de conférence à Fukushima, à discuter comme si de rien n'était, alors que dans cette ville de 300 000 habitants, tout est irradié [...]. L'endroit où nous sommes actuellement devrait être classé " zone d'accès contrôlée " et être évacué [...]. L'unique solution est la fuite [...]. On ne laisse vivre personne dans une " zone d'accès contrôlée ", et surtout pas des enfants. [...] 

C'est la responsabilité individuelle qui joue dans la décision de chacun. Je suis ici de mon propre fait et vous également. Mais pas les enfants. Ce n'est pas que je souhaiterais ne protéger que les enfants. C'est que si je ne les protège pas, je ne me le pardonnerais jamais. A chacun d'entre vous de décider en conséquence. »

 

Source

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Laurent Franssen 04/07/2013 22:38


Ayer Esher Ayer

http://www.youtube.com/watch?v=y9EH3DvTh10

Arlette 04/07/2013 20:09


Journaliste Autrichienne / Irlande connue : Jane BURGERMEISTER - Les youtubes d'ALEX sur le sol Japonais après la catastrophe de FUKUSHIMA. Après dix années passées au JAPON, ALEX était revenu vivre en FRANCE accompagné de son épouse et leur enfant (fille, il me semble) : 


http://www.dailymotion.com/video/xjceam_fukushima-message-d-un-expatrie-francais-15-06-2011_news 


 

Arlette 04/07/2013 19:19


Laurent - La Qualité de vie est déjà d'avoir le CONFORT que nos ancêtres n'avaient point. Aspirateur,
machine à laver, frigo (ils mettaient au frais, dans la cave - ou devant la fenêtre quand il faisait encore frais dehors) ne parlons pas de congélateur qui
n'existait point - fer à repasser / de la ferraille en fer posée sur le poële à charbon - et attendre que le fer chauffe -  Le linge à laver : les lavandières devant le
ruisseau et à genoux pour rincer le linge dans le ruisseau ! Machine à repasser, rien ! pas de téléphone, pas de salle de bains dans les maisonnettes et apparts. Ils avaient des
légumes : tomates, carottes, haricots verts, salades vertes et des arbres fruitiers NON pollués dans le jardin, et des fleurs en garnitures.  Un
Niveau de vie : signifie un LUXE, dont on peut aisément se passer.

Laurent Franssen 04/07/2013 18:47


Qualité de vie n'est pas "niveau" de vie.

Arlette 04/07/2013 17:41


J'avais LU qu'il y avait 49 (pas tout-à-fait 50) Centrales Nucléaires en FRANCE  - entre-temps... de nouvelles ? Le problème majeur, que certains redoutaient à l'époque - TERRORISME... type W.T.C.
- ou une Guerre / bombes... ou un tremblement de terre
provoqué, HAARP ! ou SURA ! Il est certain que nous vivons sur une poudrière réelle !
La Centrale, en elle-même, est déjà dangereuse au quotidien - notre qualité de vie dépend de ces Centrales. Les JAPONAIS en ont le plus, avais-je LU à l'époque de
FUKUSHIMA...

Laurent Franssen 04/07/2013 14:54


https://www.youtube.com/watch?v=o-4G4mMqx_c

Laurent Franssen 04/07/2013 14:52


Donc en fait il faut désamorcé toutes ces bombes que sont les centrales nucléaires et évacuer la planète pendant environ 25 milliards d'années.

Ca va être marrant 25 milliards d'années de conditions humaines en déportation...

Super !

9 milliards de Juifs et de Juives dans tout l'Univers !

Et tout qui ne l'acceptera pas peut rester sur place et attendre la mort...



Ou alors on peut s'assoir, prier Dieu et attendre que sa colère s'apaise afin qu'il daigne bien réparer les horreurs qu'on commissent ses enfants... 

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