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Crise de la zone euro en 2013: certains faits peuvent faire craindre que le pire est encore à venir

Publié par wikistrike.com sur 29 Décembre 2012, 13:30pm

Catégories : #Economie

 Ce qui menace encore la zone euro en 2013

 

jpg.jpgAlors que les dirigeants européens profitent des fêtes de fin d'année pour prétendre que le pire de la crise est derrière nous, certains faits peuvent faire craindre qu'il est encore à venir.

 Et si le maître à penser de notre époque de crise était Emile Coué? Tout se passe en effet comme si les dirigeants européens étaient déterminés à rédiger un plagiat de l'œuvre majeure du psychologue nancéen qui s'intituleraitLa Maîtrise de l'Europe par l'Autosuggestion Consciente. Aussi voit-on fleurir un peu partout, à l'occasion de cette fin d'année, des proclamations de victoire contre la crise. Le ministre des Finances allemand, Wolfgang Schäuble a ainsi assuré ce jeudi dans Bild Zeitung que «le pire était derrière nous». L'embellie sur les marchés, la réduction des spreads vient confirmer cet optimisme. La stratégie d'Emile Coué a donc porté ses fruits: à force de se répéter que «tout va de mieux en mieux», tout finit effectivement par aller mieux. C'est le calcul des dirigeants européens.

Et pourtant, depuis 2010, on sait que les annonces triomphantes sur la «fin de la crise» n'ont pas manqué. A chaque fois prématurément. La méthode Coué a ses limites, celles des faits. Voici les six épées de Damoclès qui menacent toujours l'Europe.


1. La récession

La situation économique de la zone euro va demeurer très difficile en 2013. Les économistes tablent sur une stabilisation ou une légère reprise au second semestre, mais sans autres certitudes qu'une impulsion venant de l'extérieur: de l'Asie et des Etats-Unis. Sans entrer dans le détail de la réalité d'une accélération chinoise ou du risque lié au «fiscal cliff» aux Etats-Unis, il faut rappeler que les conditions internes à la zone euro demeurent très négatifs.

Dans tous les pays de la zone euro, Allemagne comprise, on mène une politique de rigueur visant à comprimer la dépense publique et les salaires afin de favoriser la compétitivité. Cette politique a provoqué dès l'été 2011 une contraction du PIB en Italie, au Portugal et en Espagne. En Grèce, la récession est à l'œuvre depuis 2010. Dans tous ces pays, le PIB devrait continuer à reculer en 2013. Certes, moins vite, mais encore, selon les projections de la Commission européenne, de 4,5% pour la Grèce, de 1,6% pour l'Espagne, de 1% pour le Portugal et de 0,5% pour l'Italie. Même l'OCDE a récemment appelé à «faire jouer» les stabilisateurs automatiques dans ces pays. Un appel en désaccord avec les objectifs fixés par les marchés et l'Europe qui demandent d'aller vite dans la réduction des déficits.

Or, plus le PIB recule, moins il est aisé de remplir ses objectifs budgétaires. Même si Athènes, Madrid et Lisbonne ont obtenu des délais, il n'est donc pas sûr qu'ils puissent respecter leurs promesses budgétaires. Dans ce cas, leur seule alternative sera un nouveau tour de vis qui réamorcera le cycle récessioniste. Il faudra alors oublier la reprise dans ces pays. Et la confiance recommencera à vaciller. Les agences de notation ne manqueront pas de dégrader à nouveau ces pays, les marchés bouderont leur dette. La troïka trouvera les «efforts insuffisants». A nouveau, l'heure sera à trouver des solutions d'urgence pour maintenir ces pays hors de l'eau. Le risque européen renaîtra alors.

2. L'inconnue française

Le gouvernement français ne veut pas démordre de son objectif de déficit à 3% du PIB à la fin de 2013. Mais l'économie française devrait stagner l'an prochain, rendant cet objectif illusoire. Se présentent alors deux solutions à Paris: reconnaître son impuissance, ou prendre des mesures supplémentaires pour atteindre l'objectif malgré tout. Dans les deux cas, la France pourrait y perdre des plumes et faire renaître le doute sur l'avenir de la zone euro.

Si Paris renonce à son objectif, sa crédibilité en sera affectée sur les marchés. Les taux français pourraient monter et le pays risque d'être à nouveau dégradé par les agences, ce qui deviendrait préoccupant. S'il accélère le mouvement de la rigueur pour atteindre ces fameux 3% du PIB, le gouvernement français pourrait entraîner le pays dans le cercle vicieux des pays du sud où la récession conduit à manquer les objectifs budgétaires, ce qui entraîne une nouvelle consolidation et une récession plus profonde. Dans ce cas, nul doute que la note et les taux français en seraient aussi affectés.

Plus généralement, la contagion du doute à la France serait un événement très préoccupant car Paris est avec Berlin le garant essentiel de l'ensemble de l'édifice de garanties mis en place pour sauver l'euro depuis 2010. L'Allemagne ne sera pas capable de défendre seule cet édifice et le doute pourrait alors atteindre le MES, le mécanisme d'aide européen. Autrement dit: Paris ne pourra pas avoir recours à l'aide européenne, donc au programme de rachat illimité de la BCE, l'OMT, qui y est conditionné. Dans ce cas, la crise prendrait une nouvelle ampleur qui n'épargnerait sans doute pas l'Allemagne elle-même.

3. Les élections italiennes

L'Italie vote le 24 février. Le gouvernement qui sera issu de ce scrutin est encore incertain, même si l'hypothèse Berlusconi, qui avait tant effrayé les marchés, semble exclue. Une chose est certaine: les dirigeants européens, tout comme les marchés, ne semblent avoir confiance qu'en Mario Monti pour assurer la poursuite de la politique réformatrice en Italie. L'actuel président du conseil entretient savamment par son «agenda» cette position. Mais s'il ne parvient pas à demeurer au pouvoir, s'il est remplacé par un gouvernement de centre-gauche qui serait tenté de mettre plus l'accent sur la croissance comme l'a prétendu Pier Luigi Bersani, le leader de la gauche, ce mercredi, l'Italie serait immanquablement attaquée. L'épisode du «retour de Silvio Berlusconi» a montré combien la position de l'Italie demeurait fragile sur les marchés.

La balle sera alors dans le camp de la BCE. Mais le «bouclier anti-spread» de cette dernière, autrement dit le rachat illimité de titres obligataires souverains, ne fonctionne que si le pays a fait une demande d'aide européenne accompagné d'un «plan d'ajustement». Ce n'est pas le cas de l'Italie. Que fera alors l'institution de Francfort? Toute hésitation sera un message négatif pour toute la zone euro que Mario Draghi, le président de la BCE a assuré de sauver. Mais la volonté de la BCE de ne pas agir sans contrepartie risque de l'amener, comme en 2011, à s'immiscer dans la politique italienne. Avec un contexte différent: des élections récentes qui n'auront pas porté Mario Monti au pouvoir et une campagne électorale allemande qui n'incitera guère à des concessions vis-à-vis des conditions et de la stérilisation des rachats. La crise italienne pourrait donc être difficile à gérer. En tout cas, l'Italie post-électorale pourrait être le premier test d'importance pour le dispositif de la BCE annoncé en septembre et qui est, pour le moment, le seul vrai élément tangible qui rassure les marchés.

4. La question espagnole

Le royaume espagnol demeure le maillon faible de la zone euro, avec ses régions surendettées, son économie à l'arrêt, son chômage record, son système bancaire à l'agonie et désormais sa menace d'éclatement. Madrid n'a toujours pas déposé de demande d'aide européenne. Sans elle, pas moyen de bénéficier du «bouclier» de la BCE. Mais le gouvernement Rajoy, soumis à la montée des extrêmes et des indépendantistes rechigne à se placer sous la coupe de la Troïka. Mercredi, le ministre de l'Economie a indiqué qu'il voulait une aide «différentes de celle de l'Irlande». Autrement dit, Madrid veut une surveillance allégée de ses finances par l'Europe et le FMI. Mais plus l'Espagne tarde, plus le doute s'installe sur ses intentions.

Or, pendant ce temps, la situation financière de ses banques reste difficile. Les 62 milliards d'euros versés à l'automne ne suffiront pas. Là encore, l'Espagne attend. La mise en place des modalités de l'Union bancaire qui devrait permettre au MES de prêter directement aux banques. Seulement, la chancelière Angela Merkel voit d'un mauvais œil une demande d'aide soumise au Bundestag avant les élections fédérales de septembre 2013. Elle fait donc tout pour repousser à plus tard cette possibilité. Lors de l'accord européen récent sur l'union bancaire, cette donnée restait floue. Seulement, plus la situation est bloquée, moins Madrid dispose de marges de manœuvre. Le risque, c'est que l'Espagne doive réclamer, sous l'effet de la dégradation de la situation de ses banques ou de la conjoncture, une aide au MES en urgence et se retrouve ainsi contrainte d'appliquer un régime de rigueur sévère qui briserait tout risque de reprise du pays. Avant le référendum catalan sur l'indépendance de 2014, ce serait de mauvais augure. Car là aussi, les investisseurs y regarderont à deux fois avant de prêter à une Espagne qui devra gérer son éclatement et la répartition future de sa dette.

5. La contribution des créanciers publics

La quasi-totalité de la dette grecque est désormais détenue par des institutions publiques. Si le programme OMT de la BCE, le «bouclier anti-spread» est activé, la banque centrale de Francfort renforcera son statut de créancier majeur des pays de la zone euro. Or, de plus en plus de voix, à commencer par celles du FMI estiment qu'un défaut de cette dette est inévitable.

Dans le cas de la Grèce, ceci est évident. Malgré une deuxième restructuration de la dette détenue par les créanciers privés, malgré un aménagement des taux et des maturités du reste de la dette, le poids des intérêts demeure intenable pour Athènes. Pour donner de l'air au pays, une coupe dans le stock de dettes du FESF, des Etats de la zone euro ou de la BCE semble inévitable. L'ennui, c'est que ce serait une nouvelle étape dans la crise où, cette fois, les garanties deviendraient des pertes sèches. Les gouvernements de la zone euro qui ont toujours prétendu que le sauvetage de l'euro ne coûterait rien en seraient sans doute gênés devant leurs opinions publiques. Le mouvement semble du reste presque impossible aux Pays-Bas, en Finlande et en Allemagne, du moins jusqu'au scrutin de septembre. Mais en attendant, Athènes doit continuer à supporter ce fardeau, quitte à renoncer à la stabilisation de son économie. Il y a donc fort à parier qu'une fois les fonds accordés début décembre épuisés, il faille à nouveau se pencher sur le problème grec. Sauf que, cette fois, les moyens de gagner du temps semblent épuisés. Il va falloir trancher dans la dette ou trouver une autre solution... De quoi faire à nouveau trembler le marché sur un risque de sortie de la Grèce de la zone euro.

6. Les élections allemandes

Angela Merkel est au pus haut dans les sondages. Mercredi, son parti, la CDU a, avec son allié bavarois CSU, atteint 41% dans un sondage. Une première depuis 2007. La chancelière bénéficie de son aura de «sauveur des intérêts allemands» tout en ayant su préserver l'euro.

Il n'empêche: en période de campagne électorale, la chancelière ne va vouloir prendre aucun risque. Pas question pour elle de s'offrir avant le scrutin le luxe d'un nouveau débat autour du coût et des risques du sauvetage de l'euro dans le cadre d'une nouvelle demande d'aide soumise au Bundestag. Pas davantage question de se montrer souple sur la conditionnalité de l'OMT de la BCE qui inquiète toujours les Allemands. Enfin, pour se distinguer des Sociaux-démocrates fédéralistes, la chancelière va être tentée de tenir un discours plus musclé, notamment pour soutenir les ailes droite de son camp, l'eurosceptique CSU, qui devra faire face avant les élections nationales à une élection régionale difficile et les Libéraux, ses alliés indispensables pour éviter une grande coalition et qui sont actuellement dans les sondages sous les 5% nécessaires à l'entrée au Bundestag.

Autrement dit, il ne faut pas compter sur une Allemagne très souple pendant les neuf premiers mois de l'année. Angela Merkel qui entend faire de la réduction du déficit allemand un de ses arguments de campagne, ne voudra pas dépenser ou engager le moindre euro pour l'Europe. Une attitude qui peut faire renaître des doutes sur la solidarité intra-européenne et, éventuellement, on l'a vu, retarder des actions nécessaires. Autrement dit, les élections allemandes vont être un facteur de déstabilisation de la zone euro, surtout dans les cas où la France ou l'Italie seront touchées par la crise. 

Source: La Tribune

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ulrik 04/01/2013 12:04


Un monde parano et idiot??


 


http://www.youtube.com/watch?v=rLDANbrHgpU

ulrik 04/01/2013 12:01


Meme au paradis c est la crise!!!

Arlette 03/01/2013 14:49


Entretien avec Pierre JOVANOVIC - Nous suivons le chemin de la GRECE :


http://youtu.be/VTEF_QChrpU

marie 29/12/2012 17:41


ILS nous mentent , ils le savent , nous aussi ; ça ne va pas  les empécher de se baffrer


et de sabler le champagne ; il y a de fortes chances en éffet que le pire soit à venir ; accrochons nous  , ça va avoiner , et pas qu'un peu !

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