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Danger des machines à voter

Publié par wikistrike.over-blog.com sur 10 Mars 2011, 15:36pm

Catégories : #Politique intérieure

 

 

Comment pirater une machine à voter

Par Nicolas Kayser-Bril | Owni.fr | 08/02/2008 | 11H08

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Avoir des idées, c'est dur. Avoir des voix, c'est facile ! Grâce au ministère de l'intérieur et aux machines à voter Nedap ESF1, faites-vous élire en cinq étapes, avec ou sans programme.

 

Choisir sa commune

Les machines Nedap représentent 90% du parc français et équipent une soixantaine de villes. De Brest à Vence, vous trouverez commune à votre pied. Station balnéaire ou banlieue parisienne, vous avez le choix.

Gagner l'accès aux machines

Il vous faut tout d'abord trouver une machine. A l'exception de quelques communes, qui optent pour une chambre forte ou pour les locaux de la police municipale, elles sont, en général, stockées précieusement dans les armoires ou les locaux techniques de la mairie.

Comptons 5000 euros pour s'attacher les services du veilleur de nuit. Si vous avez une estimation plus fiable, n'hésitez pas à l'indiquer !

Programmer votre victoire

Maintenant que vous avez ramené une machine chez vous, il va s'agir de modifier le programme qui contrôle l'ordinateur. Le groupe néerlandais Nous ne faisons pas confiance aux ordinateurs de vote a publié un article expliquant la marche à suivre.

Deux EPROMs, des barrettes de mémoire informatique contiennent le code. Pour les déchiffrer et les reprogrammer, il vous faut un informaticien spécialiste des technologies des années 1980. Pour Ron Gonggrijp, co-auteur de l'article suscité, vous aurez à débourser entre 5000 et 10000 euros pour un tel job, en fonction du niveau de discrétion désiré.

Les mairies peuvent facilement détecter une manipulation trop grossière, en testant, par exemple, les machines avant l'élection. Heureusement, les Nedap ESF1 sont à la fois assez complexes pour vous permettre de les programmer précisément et assez obsolètes pour ne pas détecter la modification.

Vous pouvez, par exemple, spécifier une combinaison de touches qu'un de vos complices effectuera dans le bureau de vote le jour du scrutin, déclenchant alors le mode « triche ».

Avant de désosser l'engin, prenez néanmoins le soin de noter la marque du scellé, s'il est présent. Il vous faudra le remplacer avant le scrutin. A 170 euros les mille pièces, vous aurez du rab » pour les élections de 2014.

Installer les EPROMs

Vous allez maintenant installer votre programme dans les machines de la commune. Une paire d'EPROM coûtant un peu moins de dix euros et chaque machine servant un peu plus de mille électeurs, cette étape ne grèvera pas trop votre budget. Songez quand même que la configuration de chaque EPROM prend plusieurs minutes : ne la laissez pas au dernier moment, surtout si la ville qui vous intéresse est relativement grande !

Vos EPROM doivent ensuite être insérés dans chaque machine. Avec une petite équipe – vos futurs conseillers municipaux, par exemple – la manœuvre dure moins d'une minute. Nous ne faisons pas confiance aux ordinateurs de vote a filmé l'opération. Notez que vous gagneriez quelques secondes avec un tournevis électrique.

Préparer votre discours

En quelques minutes, les machines sont prêtes à vous offrir la mairie, sans risque d'être découvert puisque le recompte n'est pas possible. Surtout, les communes restent persuadées d'avoir acquis des machines infaillibles et candides comme des montres à quartz. A moins d'avoir programmé une victoire soviétique ou chiraquienne, le doute ne sera pas permis.

Tiré par les cheveux ? Peut-être. Impossible ? Sûrement pas.

En reprenant les coûts estimés au dessus, la manipulation d'un parc de machines coûterait aux alentours de 17000 euros dans une ville de 150000 habitants, soit 10% des dépenses de campagne remboursables.

(Une fois la présidence du conseil municipal entre vos main, pensez à vos journalistes préférés s'il reste des emplois fictifs.)

Le principal avantage des machines à voter réside dans leur coût d'exploitation, plus faible que celui d'un scrutin traditionnel. Comme le soulignent Jérôme Tournadre-Plancq et Benoît Verrier, auteurs d'une note sur la question pour le Centre d'analyse stratégiques, les responsables administratifs souhaitent surtout réduire les coûts liés au transport des chaises et des isoloirs – et au traitement du personnel qui les installe.

Selon Nedap, une commune amortirait son investissement de cinq à huit mille euros par machine au bout de quatre scrutins. Mais en l'absence d'une étude systématique et fiable, impossible de savoir si les économies réalisées, si elles existent, justifient les risques de fraude.

Le Forum Internet, recommandateur paragouvernemental, a récemment pondu unrapport sur les machines à voter. Après quelques développements sur les coûts (peut-être inférieurs au dépouillement manuel, mais peut-être pas) et sur le comptage des votes (peut-être plus précis, mais c'est pas sûr) arrive l'unique page sur la sécurité. Où l'on apprend que » le groupe de travail n'a pas auditionné de personnes disposant d'avis ou d'une expertise sur les aspects de sécurité »  . Qu'on se rassure, c'est prévu, » dans les prochains mois » .

Les ordinateurs de vote suspendus à l'étranger

Aux Pays-Bas, les machines à voter ont été suspendues en octobre à la suite d'unrapport suggérant que seul le vote papier répondait aux exigences imposées par le ministère de l'Intérieur.

Le pays ne retourne pas à l'âge de pierre pour autant. A l'avenir, les bureaux de vote seront équipés de lecteurs de bulletins optiques. Le Maryland et la Floride sont également en train d'adopter ce système, où l'électeur dépose son bulletin dans une urne dotée d'un scanner et capable de le lire. On conserve la rapidité d'exécution tout en regagnant beaucoup de transparence. Le beurre et l'argent du beurre.

► Sur son blog, François Nonnenmacher a publié une série de billets sur le thème.

► Le site Ordinateurs de vote.org propose lui aussi plein d'infos, ainsi qu'une pétition contre les machines à voter.

 

 

Source rue89

 

 

 

 

Ce qui me choque au-delà de tout cela, dans cette intrusion des machines à voter, c'est que je crois essentielle la simplicité de l'exercice démocratique.
Un morceau de papier, une enveloppe, un rideau et une urne : tout cela est aisément contrôlable par le citoyen, et peu onéreux de surcroît. Considérant tous ces avantages, je me demande bien quelle mouche a piqué les amateurs de machines pour vouloir à toute force nous les faire avaler, sinon une volonté de trafiquer les votes légalement.
De même, le dépouillement : n'importe qui a le droit d'y assister (et je ne parle même pas d'y participer attendu que, pour ça, les candidats se bousculent rarement).
Faire intervenir une technique que nous ne comprenons pas (ou que nous ne comprenons que grossièrement), c'est évidemment éloigner le vote d'une loyauté insoupçonnable. Or, en matière démocratique, le simple soupçon est déjà insupportable.

En outre, pour avoir un peu suivi l'installation des machines un peu partout en France, j'ai cru comprendre que le motif principal de ce choix résidait dans la difficulté d'organisation du scrutin.
Là, j'ai cru rêver ! Donc, maintenant, on se plie à la plus ou moins bonne volonté de son maire ! Et le mandat au service des citoyens, ça leur dit quelque chose, à ces maires-là ?

De plus des chercheurs de Princeton ont découvert une faille de sécurité dans les machines a voter DieBold. En moins d'une minute, quelqu’un peut rebooter la machine en y injectant un cheval de troie ou un virus afin de truquer le résultat des élections...

Beaucoup de spécialistes dans le monde ont démontré le risque d’imposer ce genre de machines pour le vote démocratique.

 

 

Des opposants au vote électronique font l’objet d’intimidations en Inde

lundi 23 août 2010


Un informaticien indien qui a démontré l’existence de failles de sécurité sur les machines de vote utilisées lors des élections a été arrêté ce week-end.

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Reprise d’un article publié par Numerama sous Contrat creative Commons par Guillaume Champeau - publié le Lundi 23 Août 2010

L’article, ses liens et commentaires

Souvent considéré comme l’avenir, le vote par bulletins électroniques est sujet à beaucoup de critiques et de soupçons. La modernité n’est pas toujours le progrès, comme nous l’avions expliqué dans un article publié l’an dernier au sujet d’un vote électronique en Finlande :

Si un anthropologue se penchait dans quelques milliers d’années sur les rites de la société du 20ème siècle, il s’intéresserait sans doute de près au processus du vote dans les sociétés démocratiques. Plus qu’une élection, c’est un véritable rituel qui répond à des codes et à des symboles que l’on trouve parfois dépassés, mais qui ont été élaborés avec soin par ceux qui ont inventé la démocratie. Le symbole le plus important est la transparence de l’urne dans laquelle le citoyen glisse son vote, dissimulé sous une enveloppe opaque. Chaque citoyen fait son choix dans le secret de l’isoloire, mais chacun doit pouvoir vérifier grâce aux parois transparentes de l’urne que son bulletin n’a pas pu être manipulé entre le moment où il a été glissé dans l’urne et le moment où le comptage des voix est effectué. L’opacité de l’enveloppe, elle, doit empêcher de savoir qui a voté quoi.

Ce sont des symboles essentiels qu’une société démocratique ne devrait pas pouvoir effacer sans se nier elle-même. Il y a quelques vieilleries que le tout numérique, dont nous sommes généralement les premiers partisans, ne devrait pas supprimer. Et tant pis s’il faut paraître réac’, le réactionnisme n’est parfois qu’un rappel à des valeurs fondamentales que l’on tend à oublier, sur ce sujet comme sur d’autres.

En Inde, un informaticien vient d’être placé en garde à vue par les autorités, après qu’il a refusé de livrer le nom d’une source anonyme qui lui avait livré une machine de vote électronique utilisée dans le pays.

Directeur de la société Netindia, Hari Prasad s’était battu avec les autorités pour dénoncer des irrégularités lors des élections, en pointant du doigt les ordinateurs qui enregistrent les votes. La Commission des Elections de l’Inde avait affirmé que les machines étaient fiables, et demandé en 2009 à Prasad de prouver le contraire. Mais elle avait refusé de fournir à l’informaticien l’accès à une machine pour vérifier son bon fonctionnement (sic).

C’est finalement une source anonyme qui lui a fourni une machine en début d’année. Elle lui a permis de constituer une équipe de chercheurs et de démontrer des failles de sécurité, publiées le mois dernier (.pdf). Samedi, Prasad a vu les autorités débarquer à son domicile pour l’interroger, et finalement l’embarquer à Bombay devant son refus de révéler l’identité de son généreux donateur.

"Plutôt que de d’essayer de poursuivre Prasad et sa source anonyme, le gouvernement devrait concentrer son attention et ses ressources sur le vrai problème : les machines de vote électronique sans mécanisme de contrôle",critique aujourd’hui l’Electronic Frontier Foundation.

©© Brest-ouvert, article sous licence creative common info

 

 

 

 

France : élections présidentielle & législatives 2007
Machine à voter, machine à truquer

Les scrutins présidentiel et législatifs de 2007 en France risquent de donner lieu à une polémique qui pourrait être aussi intense que lors de l’élection de George W. Bush à la présidence des États-Unis en 2000. On se rappelle que lesplaintes et recours avaient afflué de tout le pays, que le dépouillement avait duré plus d’un mois, puis que la Cour suprême avait désigné George W. Bush en ordonnant la suspension du recompte des bulletins. Ce désordre était en grande partie dû à l’utilisation de machines à voter. Depuis, de nombreuses études menées par des laboratoires de recherches, des commissions gouvernementales et des commissions d’experts indépendants jettent le doute sur la sincérité des scrutins dans lesquels des dispositifs de votes électroniques sont utilisés. De telles machines seront utilisées dans de nombreuses circonscriptions françaises lors des élections présidentielle et législatives de 2007. Au risque de mettre en doute la légitimité des nouveaux élus.


 

 


9 MAI 2007

 

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On se souvient que l’élection de George W. Bush à la présidence des États-Unis en l’an 2000 s’avéra frauduleuse.

L’un des moyens systématiques de triche alors mis en place pour lui garantir le pouvoir était l’utilisation des machines àvoter. Il s’agissait d’invalider une partie des votes dans des bureaux habituellement démocrates, en s’appuyant sur des « erreurs » des machines. À l’époque, une partie de cesmachines était équipée d’un système mécanique de perforation des bulletins dont le mauvais fonctionnement assura la non-élection d’Al Gore. par la suite, l’ex-président Jimmy Carter, co-président de la commission bipartisane sur la réforme des procédés de scrutin, déclara publiquement que lesélecteurs avaient en réalité choisi Al Gore [1]

Alors que les machines sont présentées comme augmentant la rapidité et la fiabilité des résultats, il s’ensuivit un mois detroubles durant lequel personne ne savait qui était le nouveau président élu. Les candidats opposaient procédures à procédures, l’un afin de faire recompter manuellement les voix, l’autre afin d’empêcher ce recomptage. Le résultat de l’élection fut finalement renvoyé devant la Cour suprême contrôlée par des juges proches de George Bush père – qui désignèrent sans surprise son fils comme 43e président des États-Unis. Grâce à sa systématisation, l’utilisation de machines avait permis la plus grande fraude électorale de l’histoire. [2]

À titre d’exemple, citons le Washington Post du 7 novembre 2000 : « Une chose très étrange est arrivée à Deborah Tannenbaum, qui représentait le parti démocrate dans le comté de Volusia durant cette nuit d’élection. À 22 h, elle avait appelé le bureau du comté chargé du décompte et on lui avait appris qu’Al Gore devançait George Bush par 83 000 voix contre 62 000. Mais quand elle consulta, une demi-heure plus tard, le site Internet du comté pour une mise à jour de ses chiffres, elle découvrit un résultat surprenant : le score de Gore avait baissé de 16 000 voix. »

L’erreur venait du bureau 216 du comté de Volusia, qui compte 585 inscrits. La machine à voter annonçait que 412 des inscrits étaient venus voter, un pourcentage habituel. Le problème est que la machine annonçait que ces 412 votants avaient exprimé 2 813 voix pour George Bush – ainsi que 16 022 voix négativesà Al Gore.

Aux États-Unis toujours, en novembre 2003, dans le comté de Boome (Indiana), un ordinateur de vote enregistra 144 000 votes alors qu’il n’y avait que 19 000 électeurs. En octobre 2004, dans le Dakota du Nord, les codes-barres lus par lesmachines à voter censés coder un « oui » et un « non » lors d’un référendum donnaient tous les deux un « non ».

Généralisation de la fraude électorale

Ce système de triche fut rapidement perfectionné par la généralisation des ordinateurs de vote à de nombreux États. À chaque scrutin, les plaintes, recours et demandes d’annulation affluent. Lors des élections parlementaires de mi-mandat, le 7 novembre 2006, l’ONG VotersUnite a recensé plus de 250 incidents à travers le pays. Le Congrès avait pourtant dépensé plus de 3 milliards de dollars pour remettre à jour leséquipements, après les problèmes de comptage des voix constatés depuis l’élection présidentielle en 2000.

Un faisceau d’éléments semble, en fait, montrer que la principale utilité des machines à voter est de faciliter la fraude électorale. L’exemple de l’élection du sénateur républicain du Nebraska Charles Hagel est édifiant.

Sa première élection au sénat, en 1996, fit sensation tant elle allait à l’encontre des sondages qui donnaient son adversaire démocrate loin devant. L’explication de cette élection surprise fut apportée bien des années après par la responsable de l’ONG BlackBoxVoting, Bev Harris, qui révéla qu’avant d’être sénateur, Charles Hagel avait été actionnaire, président et directeur du fabricant d’ordinateurs de vote ES&S. Cette société compte environ 60 % des bulletins des États-Unis et constitue l’une des trois marques homologuées en France. Lors de son élection surprise, les bureaux de vote de sa circonscription étaient équipés d’ordinateurs de vote… ES&S.

Devant un exemple aussi flagrant de conflit d’intérêts entachant la légitimité de l’élection, le comité d’éthique du Sénat fut saisi. Dans une décision qui fit scandale, il finit par confirmer M. Hagel – qui avait acquis un rôle politique clef puisqu’il contrôlait potentiellement l’élection de plus de la moitié des élus – dans sa fonction de sénateur et, afin d’éviter la réédition de ce genre de problème… modifia la règle régissant le conflit d’intérêt.

La supériorité des ordinateurs de vote sur les vieilles machinesà voter à perforation est incontestablement que la majorité d’entre eux ne permettent pas le recomptage des voix, puisque tout est électronique et qu’il n’y a pas de bulletin. Ce qui évite de longues batailles juridiques.

Une étrange société du nom de VoteHere joua d’ailleurs un rôle prépondérant dans l’installation systématique des ordinateurs de vote aux États-Unis. Malgré sa taille réduite, elle dépensa plus d’argent que les trois fabricants d’ordinateurs de vote réunis, ES&S, Diebold et Sequoia, pour promouvoir le vote électronique. Le fait que Robert Gates, remplaçant de Donald Rumsfeld au poste de secrétaire à la Defense, ait été l’un des directeurs de VoteHere accroît la suspicion légitime contre les ordinateurs de vote.

Rappelons pour mémoire que Robert Gates fut embauché par la CIA lors de son cursus universitaire et devint analyste spécialisé en « soviétologie ». Il navigua entre l’Agence et le Conseil de sécurité nationale jusqu’à devenir, en 1991, directeur de la CIA. Au sein de l’agence, il organisa ou participa à de nombreuses opérations de manipulation de l’opinion publique telles que l’imputation erronée de la tentative d’assassinat de Jean-Paul II au KGB via la « filière bulgare » [3].

Nicolas Sarkozy autorise les ordinateurs de vote en France

En France, le ministère de l’Intérieur – alors dirigé par Nicolas Sarkozy – a autorisé l’utilisation des ordinateurs de vote par l’arrêté du 17 novembre 2003. Les modèles agréés sont le modèle « ESF1 » de la société Nedap-France élection, le modèle « iVotronic » de la société ES&S Datamatique et le modèle « Point & Vote » de la société Indra Sistemas SA. Ils ont été utilisés à partir de 2004. Lors des élections européennes, une quarantaine de villes les ont utilisées dont Marseille, Nice, Dijon, Rennes et Grenoble. Lors de l’élections présidentielle de 2007, 82 villes, dont la grande majorité était des fiefs de la gauche, ont eu recours aux ordinateurs de vote, ce qui représente 1,5 millions d’électeurs...

Cependant, l’arrivée en France des ordinateurs de vote se base sur une interprétation litigieuse du terme « machines àvoter » introduit dans le code électoral en 1969, époque où lesordinateurs n’existaient pas et où ce terme désignait une machine mécanique que les autorités essayaient de mettre en place pour réduire le taux de fraude électorale en Corse. La fiabilité de cette machine dans laquelle aucune électronique n’intervenait était sans commune mesure avec celle des ordinateurs de vote actuels.

De nombreuses études menées par des informaticiens, ou avec leur concours, se sont posées la question de savoir si l’utilisation du vote électronique était neutre ou si elle pouvait introduire des biais contraires aux critères de sincérité, confidentialité, transparence, unicité et anonymat du scrutin.Les études indépendantes se concluent toutes par l’émission de sérieuses réserves.

En septembre 2006, le département informatique de la prestigieuse université de Princeton a, par exemple, rendu publique une étude sur la sécurité des machines à voterLeschercheurs ont analysé une des machines présente dans lesbureaux de vote aux États-Unis, la Diebold AccuVote-TS. Leurs conclusions sont, sur les points principaux, transposables à l’ensemble des ordinateurs de vote présents sur le marché électoral du fait de leurs similitudes de fonctionnement.

D’après le professeur Felten, membre du laboratoire, les défis techniques nécessaires pour rendre fiable le vote électronique sont « très difficiles voire impossibles à relever ». L’étude stipule : « À la lumière des procédures réelles d’élection, l’analyse de la machine montre qu’elle est vulnérable à de très graves attaques. Par exemple, une personne qui obtient un accès physique ne serait-ce que pendant une minute à la machine ou à sa carte mémoire, peut y installer un programme pirate ; un tel programme peut voler des voix de manière indétectable, modifierles enregistrements, journaux et compteurs de sorte qu’ils soient en accord avec les faux résultats qu’il vient de créer. Une telle personne mal intentionnée peut également créer un programme qui se répand silencieusement et automatiquement durant le cours normal des activités électorales – un virus de vote. Nous avons procédé à des démonstrations de ces attaques dans notre laboratoire. »

Le logiciel pirate peut être installé aussi bien par un employé du fabricant, du vendeur ou loueur, que par le transporteur ou toute personne ayant accès au lieu de stockage des machinesou à ces même machines le jour du vote.

Dans le cas de figure précédent, il est facile de faire en sorte que le programme pirate installé sur la machine vole les voix à l’un des candidats pour les donner à un autre — sans que cela soit détectable ni que l’on puisse ultérieurement recompter lesbulletins. Il n’y aurait ainsi aucun moyen de détecter la fraude électorale.

De même, on peut aisément programmer l’ordinateur pour qu’il répartisse les voix au profit d’un parti plutôt que d’un candidat, qu’il truque les votes sur certaines élections seulement, qu’il assure un certain pourcentage final ou, au contraire, qu’il vole un certain pourcentage des voix adverses et ainsi de suite.

« Le décompte des votes se fera correctement, le total des votes exprimés se fera correctement, et les journaux internes de la machine ainsi que ses compteurs seront en accord avec lesrésultats annoncés — mais les résultats seront frauduleux. »

D’après l’étude, les failles de la machine « sapent la fiabilité et la crédibilité des élections dans lesquelles elle est utilisée. Leschercheurs en informatique se sont toujours montrés sceptiques envers les systèmes de vote de type Direct Recording Electronic (DRE, le type d’ordinateurs de vote présents en France) qui sont essentiellement constitués d’ordinateurs personnels sur lesquelstournent des logiciels conçus pour les élections. L’expérience de toute sorte de systèmes informatiques montre qu’il est extrêmement difficile de garantir la fiabilité et la sécurité de logiciels complexes ou de détecter et diagnostiquer les problèmes quand ils arrivent. Pourtant les DRE reposent fondamentalement sur le fonctionnement correct et sécurisé de logiciels aux programmes complexes. Pour le dire simplement, de nombreux chercheurs en informatique doutent que des ordinateurs de vote sans impression papier simultanée puissent être fiables et sûrs. Et ils s’attendent à ce que les failles de tels systèmes restentindétectables. »

La procédure de vote à l’aide d’un ordinateur dont le résultat est invérifiable, et qui est entièrement contrôlé par une entreprise privée peut être représentée par une analogie : il faut imaginer que le vote se déroule selon la procédure habituelle à l’aide de bulletins papier, mais que le dépouillement des bulletins soit réalisé par une entreprise privée qui emporterait les bulletins, sans que quiconque puisse contrôler ce dépouillement, et qu’il soit impossible d’obtenir lesbulletins afin d’effectuer une vérification.

Cela peut être analysé comme une confiscation du contrôle du vote qui échappe alors aux citoyens pour être confié à une entreprise privée.

Opposition de la population

En France, alertée par des associations, des informaticiens et un documentaire vidéo faisant la démonstration d’une fraude, la population est très majoritairement opposée à l’utilisation d’ordinateurs de vote. À titre d’exemple, une pétition demandant le retrait des machines a recueilli en quelques semaines plus de 80 000 signatures.

Le 22 avril 2007, le premier tour de l’élection présidentielle n’a pas été pour rassurer les électeurs : alors que les ordinateurs de votes sont présentés comme rendant plus rapides lesélections, de nombreux électeurs ont été contraints de faire de longues queues devant les machines — et certains bureaux ont été amenés à fermer après l’heure légale du fait des difficultés rencontrées ; alors que les ordinateurs de vote sont présentés comme apportant plus de garanties que les urnes transparentes traditionnelles, de nombreuses personnes ont dû se faire aider dans l’expression même du vote — remettant en cause la confidentialité du scrutin. Sans parler des différences constatées entre les voix exprimées par la machine et les émargements…

D’autres problèmes ont été soulevés. Ils concernent lesagréments des machines présentes dans les bureaux de vote. Sous la pression d’associations et d’élus de l’opposition, ES&S a dû remplacer dans l’urgence – à trois jours du scrutin – la quasi-totalité de ses machines, manifestement non conformes à l’agrément du ministère de l’Intérieur. Le logiciel installé dansles ordinateurs datait de janvier 2007, date postérieure à l’agrément. Cette différence entre le logiciel autorisé et le logiciel installé laissait la porte ouverte à toutes lesinterprétations…

Les ordinateurs Nedap (France élection), qui représentent 80 % des machines présentes dans les bureaux de vote, ont quant à eux un autre problème. Ils ne sont pas équipés d’horloge interne, comme en atteste le site Internet de France élection. [4] Or l’arrêté du 17 novembre fixe parmi lesexigences de conception des machines qu’elles possèdent une horloge interne.

« Exigence 46 : La machine à voter doit comprendre une horloge interne qui permette de dater les divers événements et comptes-rendus mémorisés au cours d’un scrutin. Les données heure-minute-seconde doivent pouvoir être ajustées par les membres du bureau de vote avant l’ouverture du scrutin. Un dispositif complémentaire, interne à la machine, doit permettre d’enregistrer et de dater tous les événements, qu’il s’agisse d’actions effectuées durant ou hors d’un scrutin, de manière à garder une trace de toutes les interventions sur la machine et d’en vérifier l’imputabilité en cas de contrôle ou de contentieux. »

Là encore, ces ordinateurs de vote ne sont donc pas conformes à l’agrément et ne devraient pas être utilisés lors des élections en France. Ils équipent pourtant 1 500 bureaux de vote dans 70 villes.

Des recours devant le tribunal administratif déposés avant le premier tour de l’élection présidentielle ont tous été déboutés.Interrogé par Le Monde informatique Gilles Guglielmi, professeur de droit public à Paris II, livre son analyse : « Le tribunal dit :"l’irrégularité existe mais au vu de l’urgence, ce n’est pas suffisamment important pour que je règle le problème à mon niveau". Or, explique Gilles Guglielmi, il faut comprendre : "c’est trop compliqué pour moi, ça dépasse le ressort territorial de Boulogne ou d’Issy, il vaut mieux que ce soit le Conseil d’État qui tranche le problème". De fait, estime le professeur, "il s’agit presque d’une incitation à faire appel. " »

Pour les élections présidentielle et législatives de 2007, 1.5 millions d’électeurs voteront sur un ordinateur. Vu les doutes exprimés par les informaticiens et les problèmes de conformité au code électoral des machinesles partis politiques démocrates, et singulièrement les candidats, s’ils ne veulent pas être suspectés de fraude seraient bien inspirés d’obtenir la suspension de l’utilisation des ordinateurs de vote en France.


 

 

 

 



[2Démocratie-Business, par Greg Palast, Éditions Timeli, 2006.


[4] « Questions/Réponses », La machine à voter Nedap, alinéa 9, mars 2007, Grégoire REYNS, France Election.

 

 

 

Les machines à voter vont détruire la démocratie qui ne sera bientôt plus qu’un panneau publicitaire, un slogan non contractuel. La démocratisation du monde n’a aucun sens avec ces machines. On peut vivre dans un monde ultra-technologique sans réduire en esclavage personne. Technologie et liberté peuvent aller de pair si chacun se réapproprie ses droits civiques gravement menacés.

Wikistrike encourage chaque citoyen en France et dans le monde a refusé les machines à voter, à se battre contre cela par tous les moyens. Faites circuler cet article, nous sommes les enfants de la liberté, alors défendez-la !

 

                                                               Joseph Kirchner pour Wikistrike

 

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