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Dans l'Espagne en crise, les immigrés sans-papiers bientôt privés de santé

Publié par wikistrike.com sur 29 Avril 2012, 11:59am

Catégories : #Santé - psychologie

Dans l'Espagne en crise, les immigrés sans-papiers bientôt privés de santé


une-vague-dimmigration-deferle-sur-seville-immigration-perm.jpgMADRID - Même si elle n'a pas de papiers, Carmen Maria est suivie gratuitement en Espagne pour sa maladie incurable. Mais dans ce pays englué dans la crise, ce ne sera bientôt plus le cas, alors que le gouvernement a lancé une cure d'austérité historique.

Cette Nicaraguayenne de 33 ans, qui préfère ne pas donner son nom de famille, est arrivée en Espagne début 2010. Depuis, elle travaille comme femme de ménage mais n'a pas réussi à obtenir de permis de résidence.

Dans ce pays qui se targue de fournir une assistance médicale universelle, son statut d'immigrée en situation irrégulière ne l'a pas empêchée d'être soignée gratuitement quand, il y dix mois, on lui décelé une dermatomyosite, une maladie de la peau qui peut être associée avec un cancer.

C'est une maladie considérée comme rare et je dois avoir une surveillance médicale constante, explique Carmen Maria, qui a laissé au pays son mari et ses quatre enfants.

Ici je suis seule, je n'ai personne, dit-elle, la voix tremblante. C'est pour cela qu'elle s'est a demandé de l'aide à SOS Racisme.

Cette ONG, ainsi que nombre d'associations de défense des immigrés, a tiré la sonnette d'alarme à l'annonce du plan de rigueur du gouvernement conservateur de Mariano Rajoy, engagé dans une course à la réduction du déficit public, de 8,51% du PIB en 2011 à 5,3% en 2012.

Parmi les mesures de ce plan, qui vise notamment à économiser 7 milliards d'euros dans la santé: à partir du 1er septembre, seuls les immigrés en situation régulière auront accès au système de santé public, ce qui représente selon le gouvernement une économie de 500 millions.

Les immigrés sans statut légal ne pourront se faire soigner gratuitement que dans trois cas: la pédiatrie, le suivi de grossesse et les urgences. En agissant ainsi, l'Espagne se met au niveau des autres pays de l'Union européenne, a affirmé la ministre de la Santé, Ana Mato.

La crise économique, aussi dure soit-elle, ne peut pas être une excuse pour ôter tous les droits aux immigrés, rétorque SOS Racisme, qui rappelle que l'accès à la santé est un droit fondamental.

C'est une situation très dangereuse, renchérit Vladimir Paspuel, président de l'association hispano-équatorienne Ruminahui, qui fournit aux immigrés une assistance juridique et sociale, car cela peut créer un risque vital dans le cas de maladies qui ne sont pas traitées à temps.

En outre, cela donne un message subliminal à la société espagnole: +ce sont les immigrés en situation irrégulière qui piquent l'argent, ce sont eux qui créent la crise+, regrette-t-il.

Pour démonter ce message, plusieurs ONG ont tenu ces derniers jours à prouver que ce ne sont pas les immigrés qui vont le plus souvent chez le médecin: sur une même période, 5,05 fois en moyenne contre 7,65 fois pour les Espagnols, selon une étude effectuée par un technicien de la santé publique à Madrid et citée par El Pais.

Une autre étude, réalisée par des médecins de Saragosse (est) et révélée par Médecins du Monde, va dans le même sens: au cours d'une période donnée, les immigrés adultes y vont 4,2 fois en moyenne, les Espagnols 6,7 fois.

Je ne vais pas au médecin plus de deux fois par an, témoigne Wilson Quintero, Equatorien de 42 ans, mais c'est un problème grave de restreindre ainsi l'accès à la santé.

Car si quelqu'un tombe malade et n'a pas de travail fixe, comment va-t-il faire? Ce serait très compliqué, dit-il. Wilson, qui habite en Espagne depuis 2002, a travaillé dans la construction avant de perdre son travail quand la bulle immobilière a éclaté... sans emploi, il a perdu son permis de résidence.

Avec la crise, de plus en plus d'étrangers sont dans son cas: dans ce pays au taux de chômage record dans le monde industrialisé (24,44%), plus de 40% des immigrés sont sans travail. Et selon les médias, l'Espagne compte environ 500.000 étrangers en situation irrégulière.

Source: Romandie

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