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De l’alu pour leurrer le bracelet électronique

Publié par wikistrike.com sur 12 Mai 2012, 20:34pm

Catégories : #Science - technologie - web - recherche

De l’alu pour leurrer le bracelet électronique


Mode de surveillance et/ou peine alternative à la prison, le bracelet électronique ne serait pas aussi fiable qu’annoncé. Un syndicat de surveillants en déplore, aujourd’hui, les dysfonctionnements. Explications. 

 

porte-au-poignet-ou-a-la-cheville-le-bracelet-electronique-.jpgOn connaissait les « vertus » du papier aluminium qui permet aux voleurs de sortir d’un magasin sans déclencher les portiques de sécurité. Cette fois, l’alu semble trouver grâce auprès des détenus. En prenant soin d’en entourer leur bracelet électronique, qui contient une puce, les bénéficiaires de ce système parviendraient à brouiller le dispositif de géolocalisation. Par conséquent, ils ne seraient plus repérables à distance par les autorités pénitentiaires ou policières.

C’est en tout cas ce qu’assure le secrétaire régional du Syndicat pénitentiaire des surveillants (SPS). Étendu aux peines allant jusqu’à deux ans de prison, ce mode de surveillance concerne, actuellement, 874 personnes sur l’ensemble de la direction interrégionale Strasbourg Grand Est (Alsace, Lorraine, Franche-Comté). C’est le juge d’instruction ou un juge des libertés et de la détention (JLD), dans le cadre d’un contrôle judiciaire, qui peut l’ordonner, mais il peut aussi l’être par un juge d’application des peines.

« Tout est parti d’un bruit de coursive à la maison d’arrêt de Belfort, explique le secrétaire régional du SPS. L’information selon laquelle le système est très simplement piratable est parvenue aux oreilles des agents de pose de bracelets électroniques. Une simple manœuvre permettrait de ne plus le capter. Les agents destinataires de cette information ont prévenu la direction interrégionale en février dernier. Depuis, aucune réponse des intéressés ! »

« Un essai concluant »

Et Carlo Di Egidio de renchérir : « Quelques jours après ces révélations, un essai a été effectué par les agents de pose avec le pôle centralisateur de Metz (NDRL, installé au centre de peines aménagées à Metz). Il n’a duré que dix minutes, au cours desquelles le système a effectivement été brouillé. Le message "sortie de zone d’assignation" s’est affiché. Mais l’expérience n’a pas été poursuivie. » Dénonçant « un silence intolérable », le syndicaliste pointe du doigt la fragilité de ce système pourtant réputé inviolable. Porté au poignet ou à la cheville, ce bracelet ne peut être retiré ou désactivé sans déclencher un signal. Il comporte, en effet, un émetteur qui transmet des signaux fréquents à un récepteur placé dans un lieu d’assignation. Ce récepteur envoie, alors, au centre de surveillance diverses informations. En cas de violation des obligations, le centre est immédiatement averti par une alarme.

Contactée, la direction interrégionale de l’administration pénitentiaire reconnaît avoir été contactée par les agents de pose à ce sujet. « La question a été traitée, vérifiée et gérée, y assure-t-on. Si un placé tente de désamorcer le bracelet, en le coupant ou en l’enlevant, cela génère une alarme au niveau du pôle centralisateur. Une vérification immédiate est alors entreprise pour savoir où se situe la personne. Cette situation est gérée comme toute tentative de désamorçage du bracelet. C’est un système qui reste fiable. »

Le syndicaliste SPS ne partage pas cet avis : « Cette révélation n’a troublé personne et aucun essai en situation réellen’a été entrepris. Il faudrait reproduire cet essai avec un planning d’heures de sortie comme celui qu’observent les personnes bénéficiant du bracelet électronique. C’est regrettable, surtout quand on pense que ce système est étendu à la France entière. »


Delphine DEMATTE. 
Source: Le Républicain Lorrain

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