Wikistrike

Wikistrike

Rien ni personne n'est supérieur à la vérité

Denis Robert : « Les magnats de la finance m’ont appris une chose essentielle, le vrai pouvoir n'est pas l'argent mais la possibilité de rendre public les choses qu'on voudrait cacher. »

Publié par wikistrike.over-blog.com sur 22 Septembre 2011, 10:11am

Catégories : #Culture - médias - Livres - expos - rencontres

Denis Robert : « Les magnats de la finance m’ont appris une chose essentielle, le vrai pouvoir n'est pas l'argent mais la possibilité de rendre public les choses qu'on voudrait cacher. »

                                                                                

 redim proportionnel photo

 

De tels propos pourrait être l’hymne philosophiquo-journalistique de Wikistrike, sa pièce "La Cravate" va être lue par Jean-Luc Porraz et Miglen Mirtchev au Rond-Point les 29 et 30 septembre et il vient de réclamer 3,6 millions d'Euros en dommage et intérêts à la direction de Clearstream. Quelques questions au célèbre journaliste et écrivain Denis Robert:

Après 10 ans d’acharnement judiciaire à ton égard, Clearstream répond que tu as déjà suffisamment été rémunéré en notoriété grâce à eux... Feinte classique d’avocat ou cynisme sans fard ?

Ça ne tient évidemment pas la route une seconde. C'est une défense très grossière venant d'eux qui ont payé 16 millions d'euros un audit suite à mon premier livre. Cet audit n'a jamais été rendu public. Donc 16 millions d'euros pour rien, pour étouffer une affaire. Ce sont eux qui ont lâché 10 millions d'euros  d'indemnité de licenciement à l'ancien PDG viré suite à ce même livre. La presse avait titré que c'était le prix de son silence. La presse n'a pas tort. Il faut se souvenir qu'ils ont lâché 40 000 euros au Monde en avril 2008 rien que pour me proposer dans une page de publicité un marché de dupe. Ils voulaient que je retire mes pourvois contre un arrangement entre amis. Ça les ennuyait beaucoup ces pourvois. Et pour cause. Ils les ont perdus. Ils sont peut être une multinationale mais ils sont pitoyables. Je gagnais beaucoup mieux ma vie avant Clearstream qu'après. En 2000, mon roman "Le Bonheur" s'est vendu dix fois plus que n'importe lequel de mes livres sur leurs manœuvres. Quant à ma soit disant notoriété, j'existais médiatiquement beaucoup mieux avant Clearstream qu'après ou pendant. Aujourd'hui, même quand je suis invité sur un plateau télé pour un de mes romans, on me parle de Clearstream. Ce sont eux qui ont créé ce climat, qui se sont acharnés sur moi. Pas l'inverse. Je n'ai jamais déposé aucune plainte contre eux. J'ai laissé faire la justice. Dix ans, c'était un peu long. Mais ça valait le coup.


« Le football et son monde d'investisseurs, de faisans et d'oligarques est un laboratoire du capitalisme. »

 

Tu as rencontré pas mal de magnats ou de hobereaux de la finance. Certains t’ont-ils fasciné ?

Fasciné, jamais. Intéressé, touché, agacé, emmerdé, menacé. Les magnats de la finance m’ont appris une chose essentielle : le vrai pouvoir n'est pas l'argent mais la possibilité de rendre public les choses qu'on voudrait cacher. On en peut pas tout acheter. Il le savait. On est devenu presqu'ami le temps d'une soirée. Après, il était inutile qu'on se revoie. 

Pourquoi as-tu écrit avec Jacky Schwarzmann “La Cravate”, une pièce de théâtre qui met en scène ta rencontre avec un oligarque russe ?

J'en ai fait un oligarque mais à l'origine c'est un intermédiaire dans le pétrole. Un homme d'influence. De grande influence. J'ai transposé ce que nous avons vécu autour d'un match de football. Unité de temps, de lieu. Le football et son monde d'investisseurs, de faisans et d'oligarques est un laboratoire du capitalisme. J'ai envie d'avoir ces bruits du terrain qui remontent, ces écrans de contrôle qui occupent l'espace. Je suis parti d'une situation vécue, mais avec Jacky on a inventé un dialogue où la menace plane et où on ne sait pas très bien avant la fin qui va gagner, qui est le méchant....

Qu’est-ce que tu attends d’une pièce de théâtre après tes livres, les romans, la peinture où tu retravailles tes enquêtes ?

C'est très particulier. C'est ma première pièce. Je l'ai écrite assez vite et assez facilement en échangeant des mails avec Jacky qui ne connaît rien de ce milieu mais qui est très réactif et qui connaît mon travail. Je ne sais pas si ce sera toujours aussi rapide et évident. C'est pour moi un exercice différent du travail de scénariste pour le cinéma ou la bande dessinée. Assez éloigné du roman où la mise en place et la maturation sont plus longues et plus compliquées. D'ailleurs, Niegouchine et Klebert sont des personnages de mon roman La Domination du monde (Editions Julliard) et je suis parti d'une page de dialogue entre les deux sur la question du pouvoir. Je suis assez difficile au théâtre. J'ai eu une période où j'y allais souvent. J'ai même été critique à Avignon il y a une vingtaine d'années. Je n'aime pas l'emphase, ni les longueurs. Il faut que j'y croie très vite. Il faut que les acteurs jouent comme dans la vie. Il faut une tension. C'est ce qu'on a essayé de faire avec La Cravate. Je sais exactement comment parlent mes trois personnages, ce qu'ils font et pourquoi. La musique et les dialogues ont gravés entre mes deux oreilles. J'espère en écrire d'autres. J'en ai une en tête en ce moment. Elle mûrit.

 

Source : http://www.ventscontraires.net/article.cfm/5429_denis_robert_:_

 

Qui est Denis Robert ?

Denis Robert, né le 9 mai 1958 à Moyeuvre-Grande, est un journaliste et écrivain français. Son œuvre se compose de romans, de films documentaires, et d'essais (souvent qualifiés de journalisme d'investigation). Il est également plasticien et exposé dans différentes galeries parisiennes (La Bank, W).

Ses livres, films et interviews à la presse, dénonçant le fonctionnement opaque de la chambre de compensation financière Clearstream, lui ont valu de nombreuses procédures judiciaires (une soixantaine) intentées contre lui en France, en Belgique et au Luxembourg, par des banques comme Menatep (une banque russe), la Banque Générale de Luxembourg (filiale de Fortis) et bien sûr la société Clearstream.

Il a été, en 2008, au coeur d'une polémique qui l'a opposé à l'ancien patron du journal Charlie Hebdo, Philippe Val et au journaliste Edwy Plenel.

Le 3 février 2011, soit après 10 ans de procédures judiciaires, il est blanchi par la Cour de cassation de sa condamnation pour ses deux ouvrages Révélation$ et La Boîte noire, ainsi que pour son documentaire Les Dissimulateurs[].

Biographie

Il suit des études de psychologie et obtient un DEA de Psycholinguistique. Après avoir lancé un fanzine en Lorraine, Santiag, en 1982, il rejoint la rédaction du mensuel Actuel où il restera une année. Il intègre fin 1983 Libération où il sera journaliste pendant douze ans, d'abord en tant que correspondant dans l'Est de la France puis chargé des affaires politico-financières du service « Société ». Il démissionne en 1995 pour consacrer tout son temps à son travail d'écrivain. Il avait déjà publié deux romans, Chair Mathilde, aux éditions Bernard Barrault, en 1991, et Je ferai un malheur, chez Fayard, en 1994. Mais c'est un essai Pendant les affaires, les affaires continuent qui le fait connaître à un plus grand public au début de l'année 1996.

Cette même année, Denis Robert réunit sept grands magistrats anti-corruption pour lancer l'Appel de Genève pour la création d'un espace judiciaire européen afin de lutter plus efficacement contre le crime financier. Cet appel fait l'objet d'un livre La justice ou le chaos, paru la même année. Suivront une dizaine de romans et autant d'essais, dont ses enquêtes récentes sur la multinationale de la finance Clearstream.

Parallèlement à ces livres, Denis Robert a réalisé ou co-réalisé cinq documentaires pour le cinéma, d'abord, avec le cinéaste Philippe Harel, Journal intime des affaires en cours (1998), pour la télévision ensuite : Le cahier (1999), Les dissimulateurs (2001), Histoire clandestine (2002), L'affaire Clearstream racontée à un ouvrier de chez Daewoo (2003).

Il est également l'auteur de romans à succès : Le bonheur, livre érotique écrit en 2000 et traduit en 14 langues, Une ville publié en 2004 qui va faire l'objet d'une série télévisée et La domination du monde édité en 2006. Il a également publié cette même année 2006 un roman sur le football Le milieu du terrain objet de plusieurs procès, un livre enquête sur le corbeau de l'affaire Clearstream (Clearstream, l'enquête) qui sera, fait très rare, interdit à la vente et retiré des librairies pendant près d'un mois. En fin d'année, il publie avec un ami peintre, parallèlement à une exposition d'art contemporain parisienne, un livre d'art Dominations, étrange objet de peinture et de littérature.

En 2009, il publie Dunk chez Julliard,un roman d'anticipation. Il est également l'auteur d'une bande dessinée à succès (L'affaire des affaires) prévue en quatre tomes (chez Dargaud).

La première affaire Clearstream

Dans la foulée de l'Appel de Genève, il enquête sur la multinationale Clearstream alors inconnue du grand public. Il rencontre Ernest Backes, un des cadres ayant fondé cette chambre de compensation internationale.

Pendant deux ans, Denis Robert mène l'enquête. Un ancien responsable informatique et vice président de la firme, Régis Hempel, explique qu'une partie de ses activités a consisté à effacer les traces de transactions sensibles. Trois mois avant la publication de son livre Révélation$, il envoie une série de lettres recommandées demandant des explications à la direction de Clearstream et aux banques mises en cause dans son livre.

À sa sortie, en février 2001, Révélation$ fait l'effet d'une bombe. Denis Robert accuse en effet Cedel International (devenu Clearstream depuis) d'être l'une des plates-formes majeures de la dissimulation de transactions financières au niveau mondial. Il poursuit sa dénonciation en co-réalisant avec Pascal Lorent un film Les Dissimulateurs dans le cadre de 90 Minutes, l'émission d'enquête de Canal+. Les journalistes financiers sont soit incrédules ou hostiles, d'autres hésitant, car Clearstream menace de procès en cascade. Le film rencontre un grand succès dans les réseaux altermondialistes.

La mission parlementaire sur le blanchiment d'argent présidée par Vincent Peillon et Arnaud Montebourg se saisit des révélations et convoque les témoins qui tous confirment les dires de l'auteur.

Sous la pression, une information judiciaire est ouverte au Luxembourg. Le PDG de Clearstream, le banquier suisse André Lussi, est mis à pied et Clearstream est racheté dans la foulée, et à bon prix, par le groupe allemand Deutsche Börse. La Deutsche Börse cherchait depuis très longtemps à racheter cette chambre de compensation, ce qui lui permettait de maîtriser les marchés européens de bout en bout. Notons qu'elle a largement indemnisé André Lussi mais qu'elle a maintenu les poursuites judiciaires contre Denis Robert (en embauchant l'avocat de Charlie Hebdo Richard Malka, entre autres).

De ces développements, Denis Robert tire un second récit La Boîte noire, et un second film, toujours diffusé par Canal+, L'Affaire Clearstream racontée à un ouvrier de chez Daewoo.

Les procès

À la suite de la publication du livre Révélation$, Denis Robert et Ernest Backes ont dû affronter trente et un procès en diffamation[]. Les plaintes pleuvent en France, en Belgique, en Suisse, et même au Canada, déposées par Clearstream, mais aussi par la banque russe Menatep de Mikhaïl Khodorkovski et la Banque générale du Luxembourg (BGL).

L'éditeur Les Arènes et Laurent Beccaria font leurs comptes : les demandes de dommages et intérêts dépassent leur chiffre d'affaires annuel. Le service juridique de Canal+ se lance dans de coûteux procès.

Au fil des mois, les relaxes se succèdent en première instance, mais les plaignants font systématiquement appel (appels rejetés) et se pourvoient en cassation (pourvois rejetés également). Cinq ans plus tard, il ne reste plus que deux procédures pendantes, toutes les deux en appel : l'une après un jugement favorable à Clearstream (un euro symbolique), l'autre défavorable à la firme (relaxe de Denis Robert). Les juges ont considéré « les allégations bien-fondées et étayées par de solides arguments ».

Le 11 juin 2008, il décide d'arrêter de s'exprimer à propos de Clearstream, il serait en effet, selon-lui, sujet à trop de pression[].

Procédures en France

Clearstream dépose trois plaintes pour diffamation contre Denis Robert, l'une pour son livre Révélation$, la deuxième pour son livre La Boîte noire et la dernière pour le documentaire diffusé sur Canal+ Les Dissimulateurs, tous portant sur les activités de blanchiment d’argent sale de Clearstream[].

Première instance

Le 29 mars 2004, la 17e chambre du tribunal correctionnel de Paris a condamné pour diffamation Denis Robert, à la fois pour son livre Révélation$ et pour le documentaire diffusé sur Canal+, qu'il avait réalisé sur les activités de l'institution financière, mais la même chambre avait rejeté la plainte de Clearstream contre La Boite Noire en octobre 2003. Clearstream et Denis Robert font appel des décisions qui leur sont défavorables[].

Cour d'Appel

En 2008, la cour d’appel de Paris condamne Denis Robert dans les trois affaires[].

Le 4 décembre 2006, Denis Robert a été condamné à 1500 euros de dommages et intérêts pour les propos à caractère diffamant qu'il aurait tenus dans VSD envers Clearstream. L'écrivain a fait appel de cette condamnation invoquant le fait que l'interview dans VSD était tronquée. Il a par ailleurs gagné tous les procès intentés par Clearstream contre ses interviews ou articles parus ou diffusés par France 2, Le Point, Le Nouvel Observateur ou sur différents sites web.

Des pourvois en cassation sont formés par Clearstream qui estime que ces décisions violaient la Convention européenne des droits de l'homme, car elles lui interdisaient abusivement une action en justice. La société luxembourgeoise estimait en effet être dans l'impossibilité de se faire représenter par une personne physique dans cette procédure judiciaire française, puisqu'elle est obligée, conformément à la législation luxembourgeoise, d'être dirigée par un conseil d'administration par nature collégial. Le 23 mai 2006, le rejet de ces deux pourvois en cassation a été demandé par l'avocat général près la Cour de cassation Francis Fréchède. Ce dernier estime que Clearstream aurait pu utiliser la procédure civile, dans laquelle il n'est pas obligatoire d'être représenté par une personne physique pour agir.

Cour de Cassation

Enfin, en février 2011, Denis Robert remporte une victoire judiciaire dans les trois affaires devant la cour de cassation, qui met en avant le sérieux de l’enquête, la liberté d’expression et l’intérêt général[].

L'arrêt n° 106 du 3 février 2011 de la Cour de cassation[] « casse et annule en toutes ces dispositions » la décision de la Cour d'appel, rejetant tous les arguments de Clearstream. Les juges observent que « l'intérêt général du sujet traité et le sérieux constaté de l'enquête, conduite par un journaliste d'investigation, autorisaient les propos et les imputations litigieux, la cour d'appel a violé les textes susvisés », annulant les condamnations précédentes de Denis Robert[]. La Cour de Cassation précise « que la liberté journalistique comprend, lorsque est en cause un débat public d’intérêt général, le recours possible à une certaine dose d’exagération, voire de provocation dans le débat »[].

Inculpation au Luxembourg (janvier 2006)

Le 27 janvier 2006, Denis Robert est inculpé au Luxembourg pour injure, calomnie et diffamation. La plainte vise la dénonciation dans le livre Révélation$ d'une transaction entre la banque BCCI et la BGL. Denis Robert a qualifié ce transfert d’« illégal », alors qu’une décision d’un tribunal de Luxembourg l’autorisait.

Les soutiens de Denis Robert soulignent que les mêmes plaintes de la BGL ont déjà été déboutées en France à deux reprises. La Cour de cassation a donné raison à la BGL et les procédures vont donc reprendre. Denis Robert est également poursuivi par Clearstream (avocat: Richard Malka) ainsi que Florian Bourges, ex-auditeur d'Arthur Andersen qui avait utilisé des fichiers de Clearstream et les avait remis à Denis Robert (cf La Boite Noire).

Ce même don de document lui vaut une mise en examen en France pour recel de vol et d'abus de confiance dans le cadre d'une plainte déposée à Paris par Clearstream.

Denis Robert risque une peine de prison, une amende dont le montant peut être très élevé au Luxembourg, en sus des frais d'avocats. Par une ironie du sort, c'est l'espace judiciaire européen qu'il a contribué à établir avec l'Appel de Genève qui permet aujourd'hui cette procédure à la justice luxembourgeoise.

Plusieurs pétitions de soutien ont été ouvertes.

La deuxième affaire Clearstream

En février 2003, le trader-informaticien Imad Lahoud, missionné par la DGSE, rencontre, à Metz, Denis Robert pour sa connaissance du système Clearstream. L'écrivain lui remet un listing non falsifié de comptes de Clearstream. Des noms seront ensuite ajoutés.

En mars-avril 2006, Denis Robert devient un des protagonistes principaux de l'affaire du corbeau survenue en marge de l'affaire des frégates de Taïwan (dite affaire Clearstream 2). Le 8 juillet 2004, dans Le Point, Denis Robert avait écrit « si on laisse les juges faire leur travail et si le corbeau reste vivant et actif, les révélations vont pleuvoir et le scandale irrémédiablement enfler ». Il voulait signifier par là que la première lettre du corbeau ne comprenait pas que des invraisemblances et révélait un fonctionnement jusqu'alors caché de Clearstream. Le juge Van Ruymbeke conclura plus tard à une manipulation. À la suite de la plainte et la constitution de partie civile de Nicolas Sarkozy en janvier 2006, l'affaire devient une affaire d'État avec la mise en examen de Jean-Louis Gergorin, ancien dirigeant d'EADS, d'Imad Lahoud, de Florian Bourges et de Denis Robert.

Dans une fin non-publiée de son dernier livre La Domination du monde postée sur son blog, il mettait en scène un « corbeau » écrivant à un juge d'instruction à l'issue d'une vaste enquête d'un journaliste contre une multinationale de la finance.

Le 22 juin 2006, Edwy Plenel, partie civile dans l'affaire du corbeau (affaire Clearstream 2) a mis en cause Denis Robert, lors de son interrogatoire avec les juges d'instruction. Denis Robert lui a répondu sur son blog, indiquant que Plenel cherchait bassement à régler des comptes personnels, c’est dire la mentalité et le travail douteux de Mediapart…

Le domicile de Denis Robert a été perquisitionné le 12 octobre 2006. Le procureur de la République de Paris a annoncé le 29 octobre 2006 avoir requis la mise en examen du journaliste Denis Robert et de son informateur Florian Bourges pour recel d'abus de confiance et pour avoir détenu et utilisé des documents bancaires détournés issus de Clearstream.

Denis Robert est convoqué le 12 décembre 2006 en vue de sa mise en examen par les juges d'instruction d'Huy et Pons pour « recel de vol et abus de confiance ». Florian Bourges a été mis en examen pour « abus de confiance » le 8 décembre. Florian Bourges a désigné Imad Lahoud comme le falsificateur des listings.

« C'est nous qui débloquons l'instruction et c'est nous qui servons aujourd'hui de fusible. Rarement la justice a autant été instrumentalisée à des fins politiques », a-t-il déclaré à sa sortie du Palais. La mise en examen de l'écrivain résulte directement de la plainte de Clearstream, que celle-ci aurait pu être classée sans suite si le Parquet général de Paris l'avait décidé. Le procureur général de Paris est Laurent Le Mesle, ancien conseiller de justice de Jacques Chirac à l'Élysée.

Le 28 janvier 2010 il est relaxé par le tribunal qui considère qu'il ne faisait que son métier de journaliste[].

Dans un entretien au journal Siné Hebdo, Denis Robert déclare : « J'étais poursuivi pour « recel de vol » mais le tribunal l'a justifié en indiquant qu'il y avait un intérêt supérieur qui s'appelle le devoir « d'informer le public sur un sujet d'intérêt général ». C'est une décision importante pour l'ensemble des journalistes[]. »

Bibliographie

Romans

  • Chair Mathilde, 1991
  • Je ferai un malheur, 1995
  • Notre héros au travail, 1997
  • Tout va bien puisque nous sommes en vie, 1998
  • Le Bonheur, 2000
  • Une ville, 2003
  • La Domination du monde, 2006 (ISBN 226001707X)
  • Le Milieu du terrain, 2006 (ISBN 2352040035)
  • Une affaire personnelle, 2008 (ISBN 2081208695)
  • Dunk, 2009

Essais

  • Pendant les "affaires", les affaires continuent, 1996 (ISBN 2234046440)
  • La Justice ou le chaos, 1996 (ISBN 2234046572)
  • Révolte.com, 2000 (ISBN 2912485118)
  • Révélation$, 2001 (ISBN 2912485282)
  • La Boîte noire, 2002 (ISBN 291248538X)
  • Leçons de journalisme, 2004 (ISBN 2912485657)
  • Clearstream, l'enquête, 2006 (ISBN 2352040221)
  • Tout clearstream, ed. Les Arènes, 2011 (ISBN 9782352041542)

Autres et collaborations

  • Convocation à la mise en examen des oeuvres de Denis Robert, Galerie W, 2008
  • Portrait de groupe avant démolition (texte de Denis Robert sur des photos de René Taesch)
  • Deux heures de lucidité : entretien avec Noam Chomsky (avec Denis Robert et Weronika Zarachowickz)
  • Tout va bien (scénario) de bande dessinée avec dessins de Thomas Clément, 2005, (ISBN 2205055593)
  • Journal intime des affaires en cours, scénario avec Philippe Harel, Stock, 1997
  • Dominations, livre de Kombart et de peintures, avec Philippe Pasquet, Hugodoc, 2006
  • Mémoires d'un rat, au coeur de l'affaire Villemin, Hugodoc, 2006
  • L'affaire des affaires T1 "l'argent invisible", bande dessinée avec Laurent Astier et Yan Lindingre, ed. Dargaud, 2009
  • L'affaire des affaires T2 "l'enquête", bande dessinée avec Laurent Astier, ed. Dargaud, 2009
  • L'affaire des affaires T3 "Clearstream Manipulation", bande dessinée avec Laurent Astier, ed. Dargaud, 2011

Filmographie

Journal intime des affaires en cours (1998)

Le cahier, (2000)

Les Dissimulateurs (2001)

Histoire clandestine de ma région (avec Gilles Cayatte, 2001)

L'Affaire ClearStream racontée à un ouvrier de chez Daewoo (2002)

Musique

  • Les pilleurs de foule, 2007.

 

 

Svetlana Antonovitch pour Wikistrike

 

Archives

Articles récents