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"Si vous ne changez pas en vous-même, ne demandez pas que le monde change"
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Naomi Oreskes,
historienne
des sciences de
la Terre, professeure à l'université de Californie à San Diego (Etats-Unis), est
coauteure, avec Erik
Conway,
d'un ouvrage de référence sur les racines du climatoscepticisme, qui est paru en
français (les Marchands de doute - Le Pommier, 524 pages, 29
euros).
Ce livre traite principalement des causes du scepticisme climatique. Naomi Oreskes s’est récemment rendu à Paris où elle y a tenu une série de conférences. Elle a également accordé
un entretien au quotidien Le Monde. Dans cet entretien, elle explique qu’il n’y a pas de débat scientifique sur le fait que le réchauffement climatique est causé par les gaz à
effet de serre et par la déforestation. Un débat s’impose selon l’auteure, et pour qu’il y ait débat, il faut que des travaux soient soumis au reste de la communauté
scientifique.
Or, il n’en est rien. Aux États-Unis, explique la scientifique, ceux qui contestent la science climatique sont les mêmes qui ont précédemment mis en doute les pluies acides ou les trous dans la
couche d’ozone… voire la nocivité du tabac. Naomi Oreskes explique dans son livre comment ces « scientifiques » agissent, poussés par ce qu’on peut appeler « le
fondamentalisme du libre marché, fondé sur l’absence de toute réglementation ». C’est ainsi que les Républicains, malgré les dégâts considérables provoqués par l’ouragan Katrina en 2005, continuent de nier la science climatique. De surcroît, ces mêmes « scientifiques » toucheraient un
pactole pour attaquer la science.
En Europe aussi, la bataille négationniste sur le climat a commencé depuis bien longtemps, menée par des cabinets de relations publiques bien « financés » qui ont diffusé des messages
efficaces et convaincants. On retrouve donc d’un côté, les scientifiques qui analysent un dossier compliqué, le climat, et tentent d’anticiper la survenue d’événements extrêmes (cyclones,
sécheresses, etc.) ; de l’autre, ceux qui prétendent que la main invisible du marché réussira à résoudre tous les problèmes. Le message que les braves gens préfèrent naturellement entendre
est bien évidemment celui qu’assènent ces derniers.
Naomi Oreskes poursuit son entretien en soutenant que le « climatoscepticisme est avant tout une histoire étatsunienne qui trouve sa source dans l’angoisse face au communisme. On
trouve à l’origine un groupe de « scientifiques » qui ont fait carrière durant la Guerre froide et qui, après l’effondrement de l’URSS, ont vu dans les préoccupations environnementales
un avatar du socialisme ».
La scientifique conclut
en « voyant cette campagne contre la science climatique comme une sorte de maladie qui s'est propagée. Et il y a toujours des raisons différentes de tomber malade
! ».
Capitaine Martin
http://www.resistance-politique.fr