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Déserts médicaux: 133 jours d'attente en moyenne pour consulter un ophtalmologue, 40 pour un gynéco

Publié par wikistrike.com sur 17 Octobre 2012, 11:08am

Catégories : #Santé - psychologie

Les déserts médicaux pointés du doigt par

l'UFC Que Choisir

 

medecin-assurance-sante-vaccin-mutuelle_paysage360.jpg133 jours d'attente en moyenne pour consulter un ophtalmologue, 40 pour un gynéco… dans une étude, l'association de consommateurs dresse un panorama inquiétant du système de santé en France.

A la veille de l'issue des négociations sur les dépassements d'honoraires des médecins, l'UFC Que Choisir dénonce les difficultés d'accès au soin en France. L'association publie une enquête alarmante , qui prend en compte à la fois le nombre de praticiens disponibles par habitant et les tarifs pratiqués, pour 4 catégories : généraliste, ophtalmologue, gynécologue et pédiatres.

Pour ce faire, l'association de défense de consommateurs a défini la densité moyenne de médecins disponibles pour 100.000 habitants. Elle a ensuite comparé ces chiffres à ceux des différentes communes, pour déterminer celles où l'accès au soin est difficile et celles où l'offre est, à l'inverse, surabondante. Le tout, en différenciant les médecins au tarif sécu et ceux pratiquant des dépassements d'honoraires.

Premier constat : les déserts médicaux sont nombreux, et ce partout en France. Si les généralistes sont plutôt bien répartis, ce n'est pas le cas pour les spécialistes. Ainsi, 19% des Français, soit environ 12 millions de personnes, vivent dans un "désert pédiatrique", c'est-à-dire une zone où la densité de pédiatres est inférieure de plus de 60% à la moyenne nationale (67,77 pour 100.000 habitants).

Et les dépassements d'honoraires creusent encore cette fracture sanitaire, déplore l'UFC Que Choisir. Si les généralistes sont une minorité (8%) à pratiquer des dépassements, plus de la moitié des ophtalmos et des gynécos sont dans ce cas. 51 millions de personnes, soit plus de 80% de la population, ont un "accès difficile" aux gynécologues au tarif conventionné, c'est-à-dire qu'ils se situent dans une zone où la densité de ces praticiens est plus de 30% inférieure à la moyenne nationale. Leur nombre atteint 51,6 millions pour les ophtalmos.

Les grandes villes ne sont pas épargnées par ce phénomène. "Pour les ophtalmologistes, l’offre de médecins au tarif de la sécurité sociale est insuffisante à Paris, Aix-en-Provence, Saint-Etienne, Nice ou encore Lille", explique l'association. La situation est particulièrement critique au Mans : on y trouve seulement 2,7 ophtalmos ne pratiquant pas de dépassements pour 100.000 habitants, contre 8,27 en moyenne sur le territoire. Du côté des gynécos, Lyon, Nice, Paris, Dijon et Strasbourg sont qualifiés de déserts médicaux si l'on prend seulement en compte les professionnels au tarif conventionné.

Conséquence logique : les délais d'attente pour consulter un spécialiste sont de plus en plus longs. En moyenne nationale, il faut ainsi patienter 18 jours pour voir un pédiatre, 40 jours pour un gynéco et même… 133 jours pour un ophtalmo, "A Châteauroux, 2 ophtalmos (…) n’acceptent de nouveaux rendez-vous qu’en février et avril 2014 !", souligne Que Choisir, qui a mené une campagne d'appel auprès de 536 spécialistes.

Face à ce constat alarmant, l'association appelle le gouvernement à limiter le nombre d'installations de médecins dans les zones sur-dotées et prône une disparition progressive des dépassements d'honoraires. Reste qu'un meilleur encadrement de ces tarifs ne serait pas forcément efficace,expliquait récemment à Capital Jean de Kervasdoué , économiste de la santé au Cnam.

 

Source: Capital

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