Partager l'article ! Effacer Fukushima: Effacer Fukushima Les faits présent ...
"Si vous ne changez pas en vous-même, ne demandez pas que le monde change"
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Effacer Fukushima
Les faits présentés ci-dessous sont réels. Ils ont servi et servent à
atténuer l'impact d'informations dramatiques sur l'industrie nucléaire, voire à faire oublier aux hommes qu'une catastrophe de grande ampleur a lieu sur la Terre, celle qui a commencé il y a un
an à Fukushima.
Toutes les astuces utilisées pour cacher les données, pour minimiser
les dangers, pour éviter de reconnaître les responsabilités seront évidemment réutilisables pour la prochaine catastrophe qui ne manquera pas d'arriver bientôt, selon les lois statistiques, à
l'un des 440 réacteurs répartis tout autour de la planète.
Alors voyons, quelles sont ces astuces ?
1) Effacer les
données
Au Japon, les données de contamination obtenues via Speedi entre le 11
mars et le 15 mars ont été effacées « par mégarde ». Le système Speedi était sensé alerter la population rapidement en cas de pollution radioactive. Il n'a pas été utilisé, car les données
recueillies ont été estimées « surréalistes ».
http://mainichi.jp/select/today/news/20120322k0000m040030000c.html?inb=tw
2) Etre frappé
d'amnésie
« Je n'ai pas dormi pendant plus d'une semaine, et je ne me souviens
de presque rien », a déclaré M. Haruki Madarame, directeur de la NISA (agence japonaise de sûreté nucléaire). Quand on est directeur de la sécurité nucléaire, il n'y a pas besoin d'assumer, il
suffit d'être amnésique.
http://bistrobarblog.blogspot.fr/2012/02/japon-16-fevrier-2012.html
3) Ne pas
communiquer les informations sensibles
Si toutefois on ne peut pas faire autrement, attendre plusieurs mois,
par exemple avant d'annoncer la fonte des cœurs des réacteurs.
http://fukushima.over-blog.fr/article-fukushima-1-2-3-a-fait-3-coeurs-fondus-74602670.html
Si par hasard un organisme de sécurité vous demande la copie d'un
rapport, il suffit de le caviarder pour éviter d'être reconnu responsable.
http://www.gen4.fr/blog/2011/09/nouvel-exemple-de-transparence-opacifiante-de-lop%C3%A9rateur-tepco.html
4) Une fois les
cœurs fondus, ne jamais utiliser le mot « corium » et ne jamais parler de reprise de criticité.
Si on en parle par mégarde, se rétracter
immédiatement.
http://www.yomiuri.co.jp/dy/national/T111103004770.htm
5) Surtout, ne pas
diffuser les images des explosions !
La vidéo de l'explosion de l'unité 4 n'a jamais été rendue
publique.
La vidéo de l'explosion de l'unité 3 ne doit plus être
diffusée.
Exemples :
- Le documentaire « Fukushima » (Thierry Lefranc) ne montre aucune
explosion. Pourtant cette vidéo est censée expliquer les circonstances de la catastrophe.
http://www.dailymotion.com/video/xngj0l_fukushima_webcam
- « Le déroulement de l'accident de Fukushima Daiichi » (IRSN) ne
montre pas l'explosion de l'unité 3. Pourtant, ce film est censé détailler le déroulement de l'accident de la centrale de Fukushima Daiichi.
http://www.youtube.com/watch?v=gF19Ukb4S-I&feature=player_embedded
Et bien sûr, si une explosion dont on a malencontreusement diffusé la
vidéo a une allure bizarre, a un panache noir ou est trop puissante, surtout marteler qu'il s'agit d'une explosion d'hydrogène. Il n'est pas nécessaire d'en dire plus, les gens n'y connaissent
rien en explosion nucléaire.
6) Nier une
explosion si elle n'est pas visible
Tepco a modifié sa position sur l'existence d'une explosion dans le
réacteur 2 et a conclu, 7 mois après les faits, qu'elle n'a pas eu lieu. Il est en effet préférable de nier ce qui ne se voit pas. 3 explosions au lieu de 4, c'est toujours ça de
pris.
http://bistrobarblog.blogspot.fr/2011/10/japon-2-octobre.html
7) Faire des tours
de magie pour démontrer l'innocuité de la radioactivité
Par exemple, boire en public de l'eau de refroidissement d'un réacteur
nucléaire, comme l'a fait Yasuhiro Sonoda, secrétaire parlementaire.
8) Diffuser des
cartes truquées
Une carte de contamination du Japon a été diffusée, puis rapidement
modifiée. Il ne faut pas affoler inutilement les populations. Il ne faut pas non plus accréditer l'idée que la pollution radioactive ait pu retomber à des centaines de kilomètres de la
centrale.
http://www.netoyens.info/index.php/contrib/11/11/2011/chroniques-anti-nucleaires-ils-ont-sauve-karuizawa
9) Ne jamais parler
de plutonium
Ne parler que de l'iode et des césiums, surtout ne pas parler ni
rechercher de traces de plutonium, d'américium, de strontium, etc. qui ont des périodes radioactives trop longues. Et si par hasard on retrouve du plutonium, surtout dire qu'il n'est pas
dangereux pour la santé et qu'il provient des essais atmosphériques des années 60. Mais en général, il faut éviter de rechercher du plutonium, ça permet de ne pas en trouver, et du coup de ne pas
inquiéter la population.
http://www.letemps.ch/Page/Uuid/41ce34ca-692c-11e1-8096-46f518f7127c%7C15
Si on est obligé de parler de plutonium, alors il ne faut pas hésiter
à mentir, à la télévision, on peut dire n'importe quoi ça passe bien et ça rassure les gens :
« Si vous comparez la toxicité, le plutonium, lorsqu'il est ingéré,
n'est pas très différent de celle du sel. » (Tadashi Narabayashi)
http://fukushima.over-blog.fr/article-peut-on-boire-du-plutonium-sans-danger-81653115.html
10) Modifier les
seuils légaux
Comme on ne peut pas tout manipuler et que les gens achètent des
compteurs Geiger, un moyen radical est de changer les normes. S'il y a trop de radioactivité, il suffit que le gouvernement décrète des seuils plus hauts. Par exemple au Japon, les normes de
radioactivité pour l'eau potable ont été relevées : le taux limite était précédemment de 10 Bq/litre pour le césium et l'iode ; il est à présent de 200 Bq/litre pour le césium et de 300 Bq/litre
pour l'iode.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Cons%C3%A9quences_sanitaires_et_sociales_de_l'accident_nucl%C3%A9aire_de_Fukushima#cite_note-normes-160
Comme la radioactivité est invisible et inodore, tout le monde n'y
voit que du feu !
Une autre astuce est de déplacer les sondes. Au Japon, on les a
remontées entre 20 et 80 m au dessus du sol et de ce fait les mesures ont été plus faibles. Peu importe si cela conduit les enfants japonais à être exposés à 20 mSv/an ‒ comme la limite des
travailleurs d'une centrale nucléaire en France ‒ cela ne se verra pas. S'ils tombent malades dans l'avenir, personne ne pourra prouver l'origine des maladies.
http://fukushima.over-blog.fr/article-20-millisievert-an-pour-les-enfants-de-fukushima-72380817.html
11) Eparpiller les
déchets radioactifs dans tout le pays
Cette technique est nouvellement expérimentée au Japon, mais ça marche
! Cela a deux avantages : d'abord ça permet d'augmenter en douceur le bruit de fond radioactif général sans créer de manifestation antinucléaire ; la banalisation de la radioactivité est l'avenir
de cette énergie ! Ensuite cette dissémination des radionucléides dans l'environnement provoquera des maladies mieux réparties sur l'ensemble du territoire japonais, ce qui permettra de
pourfendre l'idée que la région de Fukushima a été plus atteinte que les autres, et donc que globalement, un accident nucléaire n'est pas si catastrophique que ça.
Donc résumons le discours des tenants de l'industrie atomique qui
veulent effacer cette catastrophe nucléaire : oui, il y a bien eu un accident à Fukushima dans une centrale nucléaire. Mais bon, c'était il y a plus d'un an. En fait, il n'y a pas eu de mort, et
la centrale est depuis longtemps sous contrôle. Le peu de radioactivité qui s'en est dégagé s'est finalement dilué dans l'immensité de l'océan, et de toute manière la radioactivité n'est pas
dangereuse pour la santé. Au contraire, elle crée des paradis où il fait bon vivre et se régénérer.
Vue comme ça, elle n'est pas belle la vie ?
Source: Fukushima.over-blog.fr
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