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Emprunts toxiques de Dexia : les hôpitaux contaminés

Publié par wikistrike.over-blog.com sur 18 Octobre 2011, 07:43am

Catégories : #Santé - psychologie

 

Emprunts toxiques de Dexia : les hôpitaux contaminés

 

 

tf1-lci-urgences-hospitalieres-ambulance-2232669_1713.jpgDes dizaines d'hôpitaux français se retrouvent en difficulté financière après avoir contracté des emprunts toxiques, à des taux pouvant aller jusqu'à 15%, notamment auprès de la banque franco-belge Dexia, dont le démantèlement est en cours.

 

L'ampleur des effets de la crise Dexia ne se révèle que mois après mois. Les collectivités locales ou municipalités ne sont pas les seules à avoir été victimes des emprunts toxiques de la banque franco-belge, actuellement en cours de démantèlement : des hôpitaux sont également concernés. Et parfois, placés dans une situation financière des plus acrobatiques. Certains tentent sans grand succès de renégocier les prêts. D'autres comme l'hôpital psychiatrique de Sevrey, près de Chalons sur Saône, ont choisi de laisser éclater la crise au grand jour en choisissant la voie judiciaire. "Nous avons porté plainte auprès du tribunal de grande instance pour un emprunt de 3 millions d'euros que mon prédécesseur avait souscrit auprès de Dexia", a indiqué son directeur Philippe Collange. "Il était indexé sur la parité dollar/franc suisse, bonifié à 4,31% les deux premières années, puis ensuite leur formule s'appliquait, et en août dernier le taux est monté jusqu'à 14%", a-t-il précisé, déplorant être dans un système de "montagnes russes".

 

Combien d'hôpitaux pourraient voir leurs finances menacées de cette manière ? Sans doute plusieurs dizaines. Les emprunts à taux variables qu'ils ont contractés sont souvent indexés sur les parités de change entre l'euro ou le dollar, devises malmenées actuellement sur les marchés, et le franc suisse ou la couronne norvégienne, perçus comme des valeurs refuge. Les établissements concernés sont de taille variable, allant du tout petit hôpital au grand centre hospitalier universitaire (CHU), mais ce sont les petites structures concernées qui ont les plus gros soucis financiers.

 

"On doit quand même penser aux risques"

 

Pour les produits les plus toxiques "la situation s'aggrave assez rapidement, les taux sont maintenant à 15% et il est possible que ça continue encore à flamber" s'alarme Yves Gaubert, responsable du pôle financier à la Fédération hospitalière de France qui représente le millier d'hôpitaux publics français. Dans une étude fouillée, une société de services technologiques et financiers, Finance active, a évalué à 20% la proportion d'emprunts plus ou moins risqués par rapport à l'ensemble des prêts assurant le financement du monde hospitalier. "Il y a une grande hétérogénéité suivant les établissements" et pour certaines petites structures, le taux d'endettement toxique peut monter jusqu'à 70%, selon Yves Gaubert.

 

Si certains directeurs d'hôpitaux ont pu manquer un peu de jugement face aux offres alléchantes qui leur ont été faites, ils considèrent avoir été lésés, notamment par Dexia (ex Crédit Local de France), en qui ils avaient toute confiance puisque c'était un partenaire privilégié des collectivités locales et du monde hospitalier. "Certains établissements bancaires ont présenté ces produits financiers comme des produits extrêmement sûrs, on peut donc dire qu'il y a une responsabilité partagée", estime Frédéric Boiron, président de l'Association des Directeurs d'hôpitaux (ADH). "Il y a un problème moral : on ne peut pas jouer sur des places boursières la capacité d'un hôpital à répondre aux besoins de santé. Si on conseille dans des proportions importantes ce genre de produits à des établissements, on doit quand même penser aux risques qu'on lui faire courir", ajoute-t-il.

 

Ces prêts ont été très attirants pour les directions hospitalières car leurs taux étaient très bas pendant plusieurs années et permettaient d'abaisser rapidement les charges des établissements qui voulaient investir. "Pour se restructurer, pour se reconstruire, les hôpitaux ont besoin d'emprunter", explique Frédéric Boiron qui dirige depuis quelques semaines le CHU de Saint-Etienne, une ville dont le budget municipal est également gangrené par ce type d'emprunts. Les hôpitaux attendent que les pouvoirs publics interviennent et trouvent des solutions pour que les plus contaminés soient mis hors de danger. Comment en sortir ? "Un jour il faudra bien recapitaliser les hôpitaux", estime Frédéric Boiron.

 

 

 

Source : TF1 News

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