Wikistrike

Wikistrike

Rien ni personne n'est supérieur à la vérité

Et si l’annonce de la fin de l’euro cachait un autre objectif ?

Publié par wikistrike.com sur 5 Janvier 2012, 21:22pm

Catégories : #Economie

Et si l’annonce de la fin de l’euro cachait un autre objectif ?


624_341_c452d699ce4310e118f40f954c43a602-1324711908.jpg


Dans un climat grandissant de peur, les articles se multiplient pour annoncer la fin de l’euro. Cette disparition est bien entendu un scénario possible à terme mais la mise en place de l’euro a été un long processus ainsi sa disparition devrait lui aussi être un long processus, sous peine de provoquer un choc aux conséquences imprévisibles sur les bilans des banques et surtout sur le marché des produits dérivés. Il est très simple de demander aux banques centrales nationales d’imprimer des billets nationaux à la place de l’euro pour les mettre dans des distributeurs. La véritable difficulté vient après. Le but de l’article n’est pas de le démontrer mais lorsque l’on analyse la question un peu plus en profondeur, on s’aperçoit qu’aucune banque ne pourrait probablement résister à une disparition brutale de l’euro. Dans ces conditions, on peut légitimement se demander si les banques souhaitent vraiment la fin de l’euro ? Et si ce climat de peur était entretenu pour mettre en place une autre politique nettement plus profitable pour les banques et bien plus désastreuse pour les populations ?

On observe un large consensus, sur les deux points suivants,  y compris parmi ceux qui proposent une analyse moins consensuelle de la crise et dénoncent la financiarisation de la société. Il existe des exceptions et je précise que je  ne partage ni ce consensus ni les conclusions qui en découlent mais cela permet de comprendre ce qui va vraisemblablement se produire dans les prochains mois:

- Les banques contiennent l’épargne des électeurs et fournissent les prêts aux Etats, aux entreprises et aux citoyens. Sans crédit, il n’y a ni consommation, ni investissement.  Les banques portent une part de responsabilité dans la crise et devraient donc accepter de subir des pertes. Cependant la faillite d’une grande banque aurait des conséquences incalculables et doit absolument être évitée. Signalons également, sans approfondir, que de nombreuses institutions financières ont toujours servis de relais de pouvoir aux élites qui agissent en coulisse et il n’y a aucune raison de croire que ces élites voudraient se priver de ces fidèles relais.

- Les banques centrales aident l’économie en tentant de réguler les taux d’intérêts et de changes et en fournissant des « liquidités ». Avec les banques commerciales, elles permettent l’existence de monnaies adossées à des dettes ce qui représente l’aboutissement le plus moderne de l’évolution de la finance.

En plus de ces points « quasi universellement » acceptés, rappelons deux constatations :

- Ce sont pour l’essentiel  les banques qui détiennent les dettes souveraines.

- Les dirigeants des grandes banques dans le monde sont parfaitement conscients que la survie d’une banque dépend de la survie de l’autre. C’est un point essentiel que le grand public ne réalise absolument pas. On imagine les banques comme des grandes entreprises relativement indépendantes et en concurrence. Pour évaluer leurs pertes possibles, il suffirait simplement d’examiner la qualité de leurs prêts et des instruments qu’elles détiennent en trésorerie. Et pour évaluer leur degré d’interdépendance, il suffirait d’observer quelle banque prête à quelle autre. Mais ce faisant on passe à côté de l’essentiel qui est caché dans le « hors bilan ». A titre d’exemple, citons les innombrables opérations « over the counter » de swaps de taux, de changes, de crédits (CDS), …etc. Citons également les opérations de « rehypothecation » dont on découvre la dangerosité avec la méga faillite de MF Global : certains clients de ce courtier ne savent toujours pas où sont passés leurs actifs. Cette pratique totalement légale consiste pour une banque à utiliser les titres reçus en gage pour réemprunter. Ainsi une banque A prête à une banque B et reçoit de celle-ci en gage des titres (actions, obligations, ..etc). Ces titres restent la propriété de la banque B, ils servent juste de garantie. Là où les choses prennent une étrange tournure c’est que la banque A emprunte ensuite à la banque C en gageant les titres donnés par la banque B, à son insu. La banque C fait de même auprès de la banque D. Et ainsi de suite, chaque banque demandant plus ou moins de gages pour couvrir le prêt, les banques peuvent ainsi habillement emprunter à un taux inférieur à celui auquel elles reprêtent. La banque B imagine que c’est bien la banque A qui garde ses titres mais en réalité une chaine de risque s’est crée et c’est la banque Z qui détient les titres. Sans rentrer dans des détails qui ne font pas l’objet de cet article ce qu’il faut bien comprendre c’est que dans ce que l’on qualifie de « shadow banking », l’interdépendance est telle que la faillite d’une seule grande banque provoquera une véritable onde de choc. La faillite de plusieurs grandes banques entraînera inévitablement la désintégration de toute la sphère financière au niveau mondial. C’est cela l’enjeu principal qui motive réellement les grandes banques centrales à sauvegarder prioritairement les banques.

Quelles conclusions logiques peut-on tirer sur les objectifs des décideurs politiques?

- La survie des grandes banques est une priorité.

- Le rôle d’institutions financières supranationales destinées à créer et réguler la quantité de monnaie n’a aucune raison d’être remis en cause.

Sur base de ces conclusions, quelle « solution » va finalement émerger à terme ?

On observe que les divers mécanismes de sauvetage proposés jusqu’à présent ont ceci en commun : ils font tous appel au marché pour se financer.

Or c’est très précisément là que cela ne fonctionne pas. On le sait l’argent est crée à partir de dettes et dans un environnement où les crédits nouveaux se ralentissent et où les prêts existants font de plus en plus défaut, il y a de moins en moins d’argent disponible. De ce fait, proportionnellement, le cash qui existe encore devient de plus en plus précieux et s’éloigne de plus en plus des zones à risques. C’est un peu imagé mais la réalité est bien là, dans un environnement où l’avenir est incertain, l’argent facilement disponible diminue, les investisseurs fuient le risque et donc se détournent du financement de plans de sauvetage imaginés par des politiciens.

C’est pourquoi, pour de nombreux analystes, les seules entités capables de « sauver » les banques sont les banques centrales. Et ces mêmes analystes rappellent que c’est d’ailleurs leur rôle historique, les banques centrales sont au service de leurs actionnaires qui sont in fine, les banques commerciales.

C’est pour cela que l’on lit souvent que la BCE va inévitablement racheter de la dette en créant l’argent pour payer, autrement dit elle va monétiser.

Il est exact que certains décideurs particulièrement en Allemagne ne veulent pas que la BCE monétise mais ils souhaitent encore moins voir l’effondrement d’une ou plusieurs grandes banques allemandes.

On peut raisonnablement imaginer que la BCE va simplement attendre que la situation soit encore plus désespérée pour que la peur de grandes faillites bancaires soit tellement forte que tout devienne acceptable pour éviter cela. Et c’est dans ce contexte que tous ces articles sur la fin imminente de l’euro prennent tout leur sens.

Quelles seront les conséquences d’une monétisation par la BCE?

Officiellement les autorités nous diront que cette monétisation se fera à petite dose, sous contrôle strict et uniquement en vue de rassurer les marchés : ils peuvent continuer à prêter aux Etats puisque la BCE veille et rachètera ce que le marché ne veut plus.

Mais il est utile de regarder précisément ce qui va alors arriver et pour cela il faut envisager deux scénarios :

Scénario 1 : la BCE monétise sur le marché secondaire (là où s’échangent des titres financiers déjà existants)

Cela veut donc dire qu’un énorme pool d’investisseurs (banques, fonds de pension, assurances, …) va se retrouver avec un gros montant de cash frais en trésorerie à la place de leurs dettes souveraines. Et que vont faire les détenteurs de ce cash frais avec ces montants?

Ici plusieurs visions s’affrontent: certains pensent que les détenteurs vont investir dans l’économie (c.à.d. prêter aux particuliers pour consommer, aux entreprises, etc) et donc “relancer” la consommation et tout redeviendra comme avant. Nous serons sauvés.

Personnellement j’estime que ceux qui pensent cela commettent deux erreurs:

- Ils sous-estiment largement le montant d’actifs défaillants camouflés par les banques et par d’autres gros détenteurs. Ceux-ci savent qu’ils doivent provisionner pour encaisser ces dépréciations inévitables et seront ravis d’accumuler ce cash providentiel. C’est exactement ce que les banques américaines font (car la FED a déjà purgé une partie des bilans bancaires des grosses banques américaines)

- Ils ne comprennent pas la logique du monde financier: une banque prête si elle est convaincue qu’elle pourra titriser le prêt, le revendre avec profit à un fonds de pension, à des Chinois ou à d’autres. Alors dans ce cas certaines banques ne sont pas toujours trop regardantes en ce qui concerne la qualité de l’emprunteur. Mais le marché des ABS étant congelé, on peut oublier la titrisation. Donc la banque sait qu’elle devra garder le prêt dans ses livres et elle est nettement plus regardante  sur la qualité de l’emprunteur dans le contexte incertain. Même gavée de cash, elle ne prêtera pas “aveuglement” (offre faible). De plus les demandeurs de crédits pour des projets industriels, immobiliers ou autres (créateurs d’emplois), face à l’avenir incertain, préfèreront reporter leur demande en crédit (demande faible).

En attendant où dormira ce fameux cash dans un contexte de grandes incertitudes?

- Dans les coffres électroniques de la BCE (sécurité maximale)

- Dans les valeurs refuges les plus sûres (or, argent, métaux précieux)

- Là où il y aura toujours une demande garantie des consommateurs: on pense principalement à la nourriture d’autant plus que toutes les lois interdisant de spéculer sur la nourriture ayant été abolies, la nourriture est considérée comme un instrument financier. On peut inévitablement s’attendre à une flambée des prix de la nourriture avec des conséquences dramatiques.

- Naturellement ce cash ira sur le marché des devises ultra spéculatif ce qui affaiblira l’euro avec un impact difficile à prédire sur le marché des swaps.

- Finalement une partie ira aussi en bourse qui devrait donc remonter provisoirement et fictivement.

Comment vont réagir les autres détenteurs de dettes souveraines qui n’ont pas pu profiter de la première vague d’action promotionnelle de rachat par la BCE ?

Dans un premier temps ce sera l’euphorie car l’idée est très répandue que cette action devrait relancer l’économie. Les taux baisseront ce qui contribuera à renforcer cette euphorie et les économistes nous diront qu’ils avaient eu raison. Puis comme l’économie ne repartira pas, la nourriture devenant plus chère, le marché des devises turbulents, … etc, les détenteurs de dettes souveraines se diront que la BCE va « remettre le couvert » car la première action n’aura pas été suffisante, une 2ème semblera bien vite nécessaire. Les taux repartiront à la hausse et tout le monde sera en attente de cette 2ème vague. Soit la BCE recommencera et on sera alors dans un cycle infernal qui se terminera très mal. Soit la BCE ne fera rien et la déception sera immense et là aussi cela se terminera très mal.

Retenons surtout une conséquence douloureuse : la nourriture qui devient plus chère.

Il existe un deuxième scénario, la BCE monétise sur le marché primaire ( à l’émission).

Considérons donc le cas d’un Etat qui se tourne vers la BCE pour qu’elle lui crée de l’argent en échange de sa dette souveraine. La question devient très politique puisque dans ce cas, cet Etat émetteur va recevoir le cash et lui ne va pas accumuler. Ce cash va filer dans l’économie mais et c’est mon point de vue, pas là où il sera le plus productif car l’Etat est incapable de savoir avec certitude où se trouve la véritable demande économique. Mais imaginons que j’ai tort et même si l’Etat est très habile dans ses dépenses, le risque est énorme que le marché interprète cette monétisation pour financer cet Etat comme une manière de résoudre un problème d’insolvabilité. Très clairement, in fine, la valeur d’échange de l’euro sera diluée, autrement dit on observera une inflation des prix. Bien entendu une autre conséquence sera que cet Etat sera beaucoup moins poussé à limiter son endettement. Certains Etats abuseront plus que d’autres. Donc il faudra encadrer l’usage de la monétisation sur le marché primaire au niveau européen mais certains Etats interpréteront les règles d’une manière ou d’une autre tandis que d’autres Etats seront en violation “provisoire”. ..etc

C’est d’ailleurs pour éviter toute cette complexité et dangerosité que c’est actuellement interdit par les traités.

Devant le risque d’émissions de plus en plus nombreuses, liés à la facilité avec laquelle les Etats pourront accéder à du cash frais venant de la BCE, les détenteurs de dettes souveraines seront tentés de vendre. Cela amorcera une spirale vicieuse: les détenteurs vendent ou refusent de rouler la dette, les Etats doivent donc se tourner encore plus vers la BCE, ce qui poussent les détenteurs à vendre encore plus, …etc

Dans cette hypothèse, on se dirigerait vers une hyperinflation à la Weimar/Zimbabwe avec une fuite encore plus marquée des investisseurs vers des valeurs refuges (métaux précieux et nourriture). Si les traités devaient un jour autoriser ce scénario, ce sera alors la fin de l’euro.

Ainsi la monétisation permettra aux banques de se délester d’actifs incertains ( les dettes souveraines) et de se repositionner dans des actifs de refuge (par exemple la nourriture). Elles pourront ainsi se préparer tranquillement à l’étape suivante, à savoir la conversion des monnaies moribondes ( euros, dollars, yen , livre, …etc) en une monnaie mondiale via le processus de recyclage offert par les DTS du FMI.

Existe-t-il des preuves ou des études universitaires sur le danger de la monétisation ?

Bien entendu des économistes réputés estiment qu’une monétisation légère sera très bénéfique et sans danger. Ils citent souvent l’exemple de la banque centrale japonaise. Pour tordre le cou à ce canard rappelons que cette dernière monétise relativement peu et uniquement sur le marché secondaire. Par contre le Royaume-Unis est un exemple plus intéressant : des chiffres officiels d’inflation des prix  de 5% montrent les premiers effets de la monétisation de la banque centrale anglaise. Quant à la Fed qui monétise l’actuelle monnaie de réserve mondiale ( le USD) cela se traduit par un soutien artificiel des prix ( sur la bourse américaine et sur le marché des matières premières)

Comme expliqué ci-dessus, il est illusoire de croire que la monétisation, une fois commencée peut s’arrêter.

Ces mêmes économistes avancent à juste titre, qu’il n’existe aucune preuve universitaire chiffrée pour soutenir les thèses des monétaristes. Et c’est exact. La théorie quantitative de la monnaie et ses variantes sont bien trop rudimentaires pour tenter d’être, même vaguement, appliquées dans le monde financier actuel dont la complexité empêche toute modélisation crédible.

Historiquement les exemples abondent sur les conséquences de la dilution monétaire ( cf la chute de l’empire romain rongé par l’hyperinflation, les assignats français, …etc). Mais il y a plusieurs différences fondamentales qui rendent la situation unique :

- Le monde financier est interconnecté comme jamais dans l’histoire.

- L’impact d’une monétisation sur le marché colossal des produits dérivés et plus généralement de ce que l’on qualifie de « shadow banking » est impossible à prédire car infiniment trop complexe.

Il n’y a donc aucun moyen de prouver, dans l’univers financier actuel, que l’empilage de nouvelles dettes sur d’anciennes mauvaises dettes n’a aucune chance de résoudre quoique ce soit. Mais ne faut-il pas tout simplement un peu de bon sens pour le comprendre ?

Pascal RousselLe 12 décembre 2011, Pascal Roussel analyste au sein du Département des Risques Financiers de la Banque Européenne d’Investissement (BEI) et Administrateur de Pegasius SA spf. Auteur du livre « Divina Insidia, le Piège Divin ». Les opinions exprimées sont celles de l’auteur et ne reflète pas nécessairement l’opinion de la BEI ou de son management. Cette lettre d’information financière est volontairement très courte et dans ce cadre il n’est pas possible d’entrer dans les détails. Afin de rester accessibles à tous, certains concepts sont exposés de manière schématique ou imagée mais ils restent néanmoins exacts

Email: pasroussel@gmail.com

 

Source

 

What if the announcement about the end of the euro was hiding a different message ?

CrackIn a climate where fear is on the rise, more and more articles announce the end of the euro.  Disappearance is obviously a possible scenario once the euro comes to an end but establishing it involved a long process so it should also take a long time to vanish. If not the resulting impact will have unpredictable consequences on the bank balance sheets and especially on their derivatives positions. It is extremely simple to ask national central banks to print their national currency instead of the euro and they will put them into their cash machines. Yet the real difficulty comes afterwards. This article does not aim to prove this but when the analysis delves somewhat deeper into the question we can see that there is a high probability of no bank being able to withstand the abrupt disappearance of the euro. Under these conditions, we may legitimately wonder whether the banks are really hoping for the end of the euro. And what if this climate of fear had been encouraged in order to establish a new policy much more profitable for banks and much more disastrous for the general population than the collapse of euro?

We are seeing widespread consensus on the following two points, with support encompassing those whose analysis of the crisis is less than that of wholehearted acceptance and who condemn the financiarisation of society. There are exceptions and I can make it clear that I share neither this consensus nor the resulting conclusions, but they do, of course, help us to understand what is really likely to happen over the next few months:

- Banks contain all the voters’ savings and offer loans to States, businesses and citizens. If there is no credit, there is no consumption, or investment.  The banks are partly responsible for the crisis so they should accept the resulting losses. However the bankruptcy of a major bank would have incalculable consequences and must be avoided at all costs. We should also point out, without going into more detail, that numerous financial institutions have always acted as stop-gaps for the power possessed by elites whose action takes place in the background and there is nothing to suggest that this elite bunch wants to do without these faithful stop-gaps.

- The central banks help the economy by attempting to regulate the interest and exchange rates and by providing “liquidity”. As far as commercial banks are concerned, they allow for the existence of currencies supported by debt and now this represents the most modern culmination of financial “arrangements”.

In addition to these “virtually universally” accepted points, we need to remind ourselves of two statements:

- it is the banks in the main which hold the sovereign debts.

- directors of major banks all over the world are perfectly aware that one bank’s survival depends on another one’s continued existence. This is an essential point that most people do not fully grasp. We imagine banks as being large, relatively independent, competing businesses. In order to evaluate their possible losses, it is sufficient just to examine the quality of their loans and the financial instruments they hold in their accounts. And in order to evaluate their degree of interdependence, it is seemingly enough to observe which bank is lending to another one. But doing this leaves out the main point which is hidden in the “off balance sheet”.  As an example we can refer to the innumerable “over the counter” operations involving swaps of interest and exchange rates and credits (CDS), …and so on. We can also mention the “rehypothecation” operations whose dangerous nature only becomes clear once a major bankruptcy occurs, such as that of MF Global: some of this broker’s customers are still unaware of where their assets went. This completely legal practice consists of a bank using securities they have received as a guarantee in order to borrow again. So bank A loans to bank B and receives securities (shares, bonds, etc.) as a guarantee from the latter. As these securities are still owned by bank B, they act as a mere guarantee. Where things take an unusual turn is if bank A then borrows from bank C, using as a guarantee the securities provided by bank B, although it is unaware of this. Bank C does likewise with bank D. And so the process continues, with each bank asking for higher or lower guarantees to cover the loan, which means that the banks can easily borrow at a rate below the one of their new loans. Bank B believes that it is actually bank A which is holding its securities but in reality a chain of risk is created and it is bank Z which possesses the securities. Without going into details not covered by this article what must be understood is that within what is qualified as “shadow banking”, interdependence is such that the bankruptcy of just one major bank will lead to a real shock wave.  The bankruptcy The bankruptcy of several major banks will inevitably lead to the entire financial sphere disintegrating all over the world. And this is the main reason behind the central major banks’ desire to save the banks as a priority.

What logical conclusions can we reach about the aims of those making the decisions in politics?

- Survival of the major banks is a priority.

- There is no reason to question the role of those supranational financial institutions which is to create and regulate the quantity of currency involved.

On the basis of these conclusions, which “solution” will ultimately emerge?

The various safety mechanisms proposed up to now have the following in common: they all call upon the market to obtain finance.

But this is exactly where the problem lies. We know that money is created from debts and in an environment where new credits are slowing down and the existing loans are defaulting increasingly; there is less and less money available. Consequently, proportionally, the cash still in existence is becoming more and more precious and is moving further and further away from the “at-risk” areas. Although this is rather simplified it is definitely where the core of the problem lies. In an environment where the future is uncertain, money which is easily available reduces, investors are wary of any risk and so financing is moving away from the rescue plans that politicians have devised.

That is why, in the opinion of numerous analysts, the only organisations capable of “saving” the banks are the central banks. These same analysts remind us that it is the central banks which have always worked for their shareholders who, at the end of the line, are the commercial banks.

This is why we often read that the ECB will eventually buy back the sovereign debts by creating the money to pay, in other words it will carry out monetization.

It is quite true that some decision-makers, particularly those in Germany, do not want the ECB to start monetizing but they are even less keen to see one or several German major banks collapse.

We can reasonably imagine that the ECB will simply wait for the situation to be even more desperate for the fear of major banks going bankrupt to be so strong that anything aimed at preventing it will become acceptable. It is within this context that all these articles about the imminent end of the euro acquire their full meaning.

What will be the consequences of ECB monetization?

Officially the authorities will tell us that this monetization will take place little by little, under strict control and only with a view to reassuring the markets: they can continue to loan to states since the ECB is aware of the situation and will buy back what the market no longer wants.

However it is useful to keep an eye on what is going to happen and in order to do so two different scenarios need to be envisaged:

scenario 1: the ECB will carry out monetization on the secondary market (where financial securities already in existence are exchanged)

So this means that a huge pool of investors (banks, pension funds, insurance, and so on) will received from the ECB a large amount of new cash in exchange for the sovereign debts held in their books. And what will those holding this new cash do with all this?

There are several possible hypotheses: some people think that those who hold the cash will invest in the economy (i.e. loan to individuals to use, companies, etc) and in this way they will “relaunch” consumption with everything returning to its former state. We will be saved.

Personally I feel that those who think this are making two mistakes:

- they are seriously underestimating the amount of failing assets, camouflaged by the banks and by other major investors. They know that they have to obtain the money to cover the inevitable losses and will be only too delighted to accumulate this providential cash. This is exactly what the American banks are doing (as the FED has already drained the bank balances of the major American banks)

- they do not understand how the financial world works: a bank loans if it is convinced that it can securitize the loan, resell it at a profit to a pension fund, to the Chinese or to others. So in this case some banks are still not looking at themselves sufficiently closely as far as the quality of the lender is concerned. However as the ABS market is frozen, securitisation is no longer a possibility. So the bank knows that it will have to keep the loan on its books so it is much more concerned about the quality of the lender within an uncertain context. Even when it has plenty of cash, it will not issue loans “blindly” (low offer for credit). In addition those requesting credit for industrial, property or other purposes (those who create jobs); as they are faced with an uncertain future; prefer to delay their request for credit (low demand for credit).

And while they are waiting where will this famous cash go in a climate of such uncertainty?

- Into the electronic coffers of the ECB (maximum security)

- Into the safest of all types of security (gold, silver, precious metals)

- Wherever there will always be a guaranteed demand from consumers: people are thinking first and foremost about food, and all the more so now that all the laws prohibiting speculation about food have been abolished, as food is considered to constitute a financial instrument. Inevitably the price of food is likely to explode with dramatic consequences.

- Naturally this cash will be directed to the ultra speculative currency market, and this will weaken the euro and have an impact difficult to predict on the swaps market.

- Finally part of it will also end up on the stock exchange which will, as a result, undergo a temporary and fictitious rise.

How will other holders of sovereign debts, who were unable to benefit from the initial wave of promotional action involving buy-back carried out by the ECB, react?

At first there will be euphoria as the idea that this action should relaunch the economy is very widespread. Rates will drop and this will help to reinforce this feeling of euphoria and the economists will tell us that they were right. Then, when the economy fails to recover, as food will become more expensive, the currency market will be turbulent , etc, so the holders of sovereign debts will tell each other that the ECB will “do it all again”. As the first action has not been enough, very soon a 2nd would seem needed. The rates will start rising again and everybody will be waiting for this 2nd wave. Either the ECB will begin again, thus obliging us to enter an infernal cycle which will end very badly, or the ECB will do nothing, thus creating huge disappointment and once again this will end very badly.

To summarize, let us bear in mind that there will be one very painful outcome: food will become more expensive.

There is a second scenario, where the ECB will carry out monetisation on the primary market (at issue).

So let us consider the hypothesis of a State turning to the ECB to create money in exchange for its sovereign debt. The question becomes extremely political as in this case, this issuing State will receive cash and it will not save this up. This cash will go into the economy but in my opinion not where it will be most productive as the State is not capable of knowing with any degree of certainty where the true economic demand lies. However let us imagine that I am wrong and even if the State is very well able to invest in profitable projects, the risk of the market interpreting monetisation as a way of financing this State, thus solving the problem of insolvency, is vast. So it is very clear, ultimately, that the exchange value of the euro will be diluted. In other words we will see price inflation. Obviously another consequence would be that this State would have less of an incentive to limit its debt. Some States will abuse the system more than others. So the use of monetisation on the primary market at European level should be regulated but some States will interpret the rules in their own way, other States will be in a position of “temporary” violation, etc.

That is why treaties prohibit this at the moment, because of its complexity and dangerous nature.

In the face of the risk of carrying out more and more issues, associated with the ease with which the States can access fresh cash from the ECB, those who hold sovereign debts will be tempted to sell. This will trigger a vicious circle: those who hold sovereign bonds will either sell or refuse to roll over the debt, so the States have to turn more and more towards the ECB, which will push the holders to sell even more, and so on.

Should this hypothesis occur, we would move towards hyperinflation along the lines of Weimar/Zimbabwe with an even more marked leakage of investors towards refuge investments (precious metals and food). If treaties ultimately authorise this scenario, it will be the end of the euro.

In this way monetisation will enable the banks to slough off uncertain assets (sovereign debts) and reposition themselves in refuge assets (in food, for example). In this way they will be able to make tranquil preparations for the next phase, namely the conversion of dying currencies (euro, dollars, yen, pound, etc.) into a world currency via the recycling process offered by the SDR of the IMF.

Is there any evidence or are there any university studies covering the danger of monetization?

Obviously reputed economists think that slight monetisation will be very beneficial and danger-free. They often quote the example of the Japanese central bank. To twist this chicken’s neck we should remember that the latter creates relatively little monetisation and solely on the secondary market. On the other hand theUnited Kingdomis a more interesting example: official figures on 5% price inflation reveal the first effects of monetisation performed by the British central bank, the Bank of England. Whereas the Fed which monetizes current world reserve currency (the USD) and this results in prices being supported artificially (on the American stock exchange and on the commodity market)

As explained above, it is mad to think that monetisation, once begun can simply stop.

The same economists rightly suggest that there is no university evidence with figures to support the ideas of the monetarists. And that’s correct. The quantitative theory of currency and its variants is much too rudimentary to attempt to be applied, even vaguely, to the whole of the current financial world whose complexity prevents any creditable model.

Historically examples abound on the consequences of monetary dilution (c.f. the fall of theRoman Empireconsumed by hyperinflation, the French assignats, and so on). However there are several fundamental differences making the situation unique:

- the financial world is interconnected as never before in history.

- the impact of monetisation on the colossal market of derivatives and more generally on what we call “shadow banking” is impossible to predict as it is infinitely too complex.

So there is no way of proving, in the current financial world, that piling new debts on old bad ones cannot possibly be the solution to anything. But quite simply don’t we just need a degree of common sense to understand this?

Pascal RousselArticle dated 12.12.11, Pascal Roussel, an analyst in the Department of Financial Risks at the European Investment Bank (EIB) and Director of Pegasius SA spf.  Author of the book entitled « Divina Insidia, le Piège Divin ». The opinions expressed are those of the author and do not necessarily reflect the opinions of the EIB or its management. The letter providing financial information is deliberately brief and so it has not been possible to go into any details. So that everyone is able to understand it, some concepts have been explained in a simplified way or using clear descriptions, however they are still accurate.

Email: pasroussel@gmail.com

 

Source

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Archives

Articles récents