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Et si nous étions à la veille de la plus grande crise de tous les temps ?

Publié par wikistrike.com sur 15 Décembre 2012, 16:56pm

Catégories : #Economie

 

 

Et si nous étions à la veille de la plus grande crise de tous les temps ?

 

Lors de la remise du prix Nobel de la paix à Oslo, lundi, François Hollande a assuré que la crise de la zone euro était « derrière nous ». Et si le président de la République faisait totalement fausse route ?

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Selon certains experts, le scénario d’une rechute violente de l’économie mondiale qui la plongerait dans une crise plus profonde encore que celle de 2008 est crédible. Crédit Reuters

Selon les analystes une nouvelle crise se prépare. Si la bulle obligataire éclate et que cet éclatement est conjugué à une stagflation, cette crise pourrait être bien pire que celle que nous sommes en train de vivre, selon eux.

Le scénario d’une rechute violente de l’économie mondiale qui la plongerait dans une crise plus profonde encore que celle de 2008 est-il crédible ?

Simone Wapler : Aujourd’hui, nous constatons que l’Europe rentre en stagnation (au mieux) ou « décroissance ». Les États-Unis sont censés renouer avec une croissance dynamique grâce notamment aux gaz et pétrole de schiste. Toutefois, pour le moment rien ne vient véritablement corroborer cette thèse. L’ECRI (Economic Cycle Research Institute) estime même que les États-Unis sont à nouveau entrés en récession. La Chine a fortement ralenti mais semble rebondir avec de bonnes ventes au détail et une hausse des investissements privés.

Mais il y a encore deux éléments que les investisseurs semblent avoir du mal à percevoir avec toutes ces statistiques : la croissance mesurée est une illusion, les années de forte croissance sont une anomalie historique.Ce qu’il est convenu d’appeler croissance est la croissance d’une activité économique mais toute activité n’est pas nécessairement rentable et ne dégage pas de bénéfices. Ainsi, les mesures classiques de PIB intègrent les dépenses publiques. Or, l’État ne se livre pas à des activités lucratives (ce n’est pas son rôle) et les dépenses publiques sont largement financées par l’emprunt.L’activité économique que nous mesurons par le biais du PIB peut très bien ne donner lieu à aucune création de richesses (qui est la seule véritable « croissance ») et donc les dettes risquent bien de ne jamais être remboursées. Les années de forte croissance que nous avons connues tiennent à deux facteurs qui s’évanouissent dans les pays développés : une démographie dynamique et une énergie abondante et peu chère.

Lorsque les investisseurs réaliseront que la croissance n’est pas au rendez-vous et que ce qu’on appelle croissance n’est pas celle de la richesse, alors, oui, la crise va s’intensifier car la conclusion à tirer est effrayante : les dettes des pays développés ne seront jamais remboursées.

 

Mathieu Mucherie : Le « double dip » était prévu par les gros naïfs pour les USA, en 2010, en 2011, en 2012. Mais la Fed a fait son job de « calinothérapie » des marchés, de l’immobilier et des anticipations des agents. Le « double dip » est par contre actuellement à l’œuvre en zone euro (et durablement), car nous avons une banque centrale indépendante des données qui craint le retour de l’inflation au milieu de la plus grave crise déflationniste depuis 80 ans.

Dieu merci, la réassurance globale apportée par la Fed est plus contagieuse que les propos lénifiants et les pratiques japonisantes de la BCE, en raison notamment de l’effet d’entrainement de la Fed sur les pays émergents (Chine en particulier, vu son régime de changes frauduleux backé sur le dollar). On voit une reprise sensible de l’immobilier US et même un début de reprise des indicateurs avancés en Asie. Pourvu que ça dure, car en zone euro notre seul espoir reste de faire du free riding honteux en surfant sur une reprise mondiale à laquelle nous ne contribuons nullement (tout en continuant à donner des leçons de gouvernance et à recevoir des prix Nobel de la paix).

Faut-il craindre l’éclatement de la bulle obligataire qu’on nous promet depuis plus de 4 ans ? En quoi consisterait-il ? A-t-il le potentiel destructeur qu’on lui attribue, notamment s’il devait être conjugué à une stagflation ?

Simone Wapler : La bulle obligataire continue à gonfler car la plupart des gens pensent que la croissance va revenir « comme avant ». Les pays émergents ont encore d’importantes réserves de change à placer. Mais si jamais ces pays arrivent à trouver une croissance autonome en se passant de leurs clients insolvables, ils arrêteront de souscrire et oui, la bulle obligataire crèvera.

Vos lecteurs doivent bien comprendre que ce que nous vivons n’est pas une crise du capitalisme. Dans « capitalisme », il y a capital. Du capital  est prêté pour investir dans des opérations que les prêteurs (détenteurs ou dépositaires du capital) espèrent lucratives. Le capital existe préalablement, c’est en fait de l’épargne déjà constituée. Les prêteurs prennent des risques, les emprunteurs aussi et chacun fait attention à ce qu’il fait. Ceux qui sont légers sont punis par la faillite. Ainsi tourne le capitalisme. Dans le système actuel – qui est en train de mourir sous nos yeux – les choses se passent différemment.

Des banques commerciales ont reçu une patente pour prêter de l’argent qui n’existe pas encore. En effet, pour 1 de dépôt, les banques commerciales peuvent prêter 99. C’est ce qu’on appelle le système des réserves fractionnaires. Cet argent est prêté pour des dépenses privées (ce que votre conseiller financier appelle « vos projets ») ou des investissements, ou enfin des dépenses publiques.  Le capital n’existe pas (à 99 %), les prêteurs ne prennent donc pas de risque, surtout s’ils prêtent à des États, ces mêmes États qui leur ont accordé leur licence de création monétaire. Les prêteurs en mauvaise posture seront sauvés par la Banque centrale, leur État donc vous, contribuable. Ainsi tourne ce système dévoyé que nous pourrions appeler « anti-capitalisme ». En effet, il fonctionne avec de l’anti-capital, qui est au capital ce que la matière est à l’antimatière.

L’anti-capitalisme conduit à des situations grotesques de taux d’intérêt négatif. Des gens sont prêts à payer pour prêter sachant que le prêteur les remboursera avec de l’anti-monnaie (de l’argent créé par une banque centrale).

Tout ceci se terminera dans un trou noir…qui risque d’absorber même les vrais capitaux et l’épargne privée.

Mathieu Mucherie : Il n’y a pas de bulle obligataire sur les grandes dettes publiques des pays du G5 : simplement des taux (nominaux, pas réels) relativement bas sur une base historique (et pas économique, vue la croissance nominale anémique) en raison de la grève de la faim monétaire des secteurs privés depuis 5 ans (imparfaitement compensée par l’essor des bases monétaires par les banquiers centraux).

La destruction monétaire nette conduit à des taux bas : Milton Friedman l’a enseigné pendant 50 ans, je m’étonne que nos pseudo-élites n’aient pas le courage de se renseigner dans les manuels de 1er cycle sur ce sujet à 50 000 milliards d’euros. Là où se situe peut-être une bulle, c’est sur l’obligataire privé (quand Sanofi ou Danone se financent à 1%…) et surtout sur les taux immobiliers (quand de futurs chômeurs obtiennent du 3,2% à 15 ans pour de l’immobilier surcoté). La dette publique se placera très bien tant que le climat de croissance faible et d’inflation fantomatique se maintiendra.

Un krach obligataire viendrait soit d’un retour soudain (non anticipé) de la croissance du PIB nominal en zone euro (mais il y a plus de chances de voir Arnaud Montebourg créer un jour un vrai emploi dans le secteur privé), soit d’une faute majeure de pilotage par la BCE, mais ses erreurs antérieures (par exemple, les remontées de taux à contretemps de l’été 2008 et du printemps 2011) la feront probablement réfléchir un peu avant de frapper bêtement.

Existe-t-il d’autres menaces davantage préoccupantes ? Quelles conséquences pourraient-elles avoir ? Comment s’en prémunir ?

Simone Wapler : Le discrédit des élites – qui cautionnent ce système dévoyé – est une très grave menace. L’Histoire nous indique que la faillite des élites s’accompagne de la montée des extrémismes. Les derniers épisodes d’inflation – hyperinflation ont fait peu de victimes car ils touchaient des populations jeunes, en activité et des populations encore rurales. Mais ils ont conduit au rejet des élites. Les populations touchées cette fois-ci seraient urbaines et compteraient beaucoup de retraités qui sont les rentiers de leurs États-providence.

La liberté a une contrepartie qui est la responsabilité. L’assistanat indifférencié et permanent garanti par des États providence qui se financent par la dette est une période bientôt révolue. Autant s’y préparer sereinement.

 

Mathieu Mucherie : Les menaces non probabilisables (Iran…) me font plus peur que les menaces probabilisables car ces dernières sont sans doute déjà largement dans les prix. C’est un peu la distinction entre le risque et l’incertitude. Par définition, on ne sait pas bien évaluer les menaces extrêmes, ni s’en protéger, pour le particulier il faut juste respecter quelques principes de base (la diversification, la liquidité) pour ne pas se retrouver scotché au pire moment au pire endroit (avoir 90% de son patrimoine en immobilier en Ile de France n’est pas très malin en cas de crise grave et prolongée doublée d’un divorce, par exemple), le reste dépend du  profil de risque.

Si vous êtes averse au risque, l’obligataire (idéalement dopé à la marge par un peu de high yield et/ou quelques dettes de pays émergents) maintiendra votre capital et même mieux que cela, et ce n’est déjà pas mal. Si vous pouvez supporter une plus grande volatilité, et si vous avez du temps devant vous, les actions ne sont pas trop chères, surtout aux US dans des secteurs comme la technologie, l’énergie et la santé. Pour le reste, si vous croyez au grand retour de l’inflation comme les partisans de l’or et comme Simone Wapler, exigez une augmentation de salaire de 15% à votre patron en mettant votre démission dans la balance, qu’on puisse rigoler un peu. Dans tous les cas, et que vous soyez europhiles ou europhobes : garder 100% de son portefeuille en zone euro, c’est implicitement accorder une confiance aux élites monétaires européennes qu’elles ne méritent pas après cinq années de politiques déflationnistes et trois années de chantages auprès desPIGS.

 

 Propos recueillis par Alexandre Devecchio  pour atlantico

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Arlette 17/12/2012 23:02


Entretien de Pierre JOVANOVIC avec le Capitaine ANDERSON au 14 DECEMBRE 2012 :


http://youtu.be/0PVDnAsoSdc

Anti-tarés 16/12/2012 21:33


Ah! alors les dettes ne s'accumulent plus ? Les gouvernements remboursent leur dettes ? Fini les déficits?


...Bandes de tarés...


La crise n'a jamais été réglé. Ils ne font que pelleter à l'avant et bientôt plus personnes ne pourra payer les intérêts de leur dettes et il va y avoir un effondrement du système monétaire
MONDIAL. Quand ça arrivera souvenez-vous que vous avez été des tarés incapable de comprendre ce qui vous arrive car trop naïfs pour envisager que l'oligarchie est composé de criminels sionistes.
Surtout ne vous préparez-pas! La race des tarés doit disparaître.

macdonaldmec 16/12/2012 19:55


N'importe quoi cet article, tout le monde peut voir qu'on est au top du top et puis si c'était vrai ils en parleraient aux infos, tf1, fr2,fr3, m6, canal+ etc.


De toute façon mon prof d'economie nous a dit que la crise ça n'existait pas en vrai et que les chinois en fait comme ils mangent des nems ils vont devenir obèse donc futur puissance n°1 dans le
monde. Sauf pour la musique et les produits de beauté et le cacao.


Quand on sait pas, on se renseigne.

Tofino 16/12/2012 16:06


M. Mucherie est économiste de marché, employé chez BNPParibas. Voilà qui introduit le biais dans son discours. Je n'ai pas vérifié mais il doit sans doute également appartenir au Cercle des
Economistes de l'inénarrable Lorenzi. 

cosmocats 16/12/2012 15:55


et si "Réformeur" avait raison 


je crois que oui

Sébastien 15/12/2012 18:55


Je ne sais pas quel est l'espèce de guingnol intérrogé dans cet article mais c'est un menteur né.


La crise ne vient pas de l'Europe, mais des Etats-Unis.


La crise ne vient pas des Etats mais des banques PRIVEES.


Ce qui va éclater, c'est sa bêtise sidérale.

réformeur 15/12/2012 18:23


Certains pays ont décidé de réprimer les sites qui annoncent la fin du monde. Il serait également bien venu d'en faire autant pour ceux qui annoncent la crise économique de tous les temps.


a bon entendeur, salut

réformeur 15/12/2012 18:17


Effectivement la crise est entrain de se terminer. Non parce qu'il y avait une crise, mais que ce qu'ils ont appelé crise n'était qu'un montage financier global qui va permettre aux élites 
de réduire les salaires des travailleurs occidentaux, c'est aussi simple que ca.


Ne croyez pas les spécialistes qui vous font des discours concernant l inflation etc,,, tout ceci n'est que du pipotage, La véritable attaque est faite contre les travailleurs et plus
particulièrement les  travailleurs peu qualifiés.


les différentes réunions tenues à Bruxelles et ce qui en ressort servent à remplir les dépêches et les journaux d'informations.


Il est temps de jouer comme eux, ils nous faut utiliser la loi comme ils l'utilisent, et eux pensent que les peuples ne sont pas capables d'utiliser la loi, et c'est bien vrai, puisque la loi est
connue par ceux qui peuvent se protéger via un avocat, un juriste... et la majorité des peuples n'a pas les moyens de se payer un avocat, pourquoi a votre avis ? Pensez vous que ceci est dû à la
difficulté du métier d'avocat ? que neni mes amis, c'est juste pour que la majorité ne puisse pas se défendre comme elle le devrait.


Alors il est temps à présent d'agir, et agir efficacement.


A bon entendeur salut.

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