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Etats-Unis : un tiers des poissons vendus avec une étiquette frauduleuse

Publié par wikistrike.com sur 22 Février 2013, 13:07pm

Catégories : #Ecologie - conso - biodiversité - énergie

 

Etats-Unis : un tiers des poissons vendus avec une étiquette frauduleuse


 

poi.jpgAprès le scandale de la viande de cheval, celui du poisson ? C'est la question qui se pose, après la publication, jeudi 21 février, d'une étude menée par l'ONG américaine Oceana révélant une fraude de grande ampleur portant sur les produits de la mer aux Etats-Unis, où un tiers des poissons  consommés n'appartiennent pas à l'espèce que les clients avaient cru acheter.

 

Pour son enquête, menée de 2010 à 2012, l'association a procédé à une analyse ADN de 1 215 échantillons de poisson collectés dans 674 points de vente - magasins d'alimentation et restaurants - dans 21 Etats américains.

 

 LE THON ET LES VIVANEAUX, LES PLUS MAL ÉTIQUETÉS


Les résultats sont sans appel : 33 % des poissons étudiés ne correspondaient pas à l'espèce affichée et pâtissaient d'un étiquetage non conforme à la charte établie par l'Agence américaine des produits alimentaires et des médicaments(FDA).

 

Les poissons les plus pêchés, le thon et le vivaneau ("snapper"), sont aussi les plus mal étiquetés : ainsi, le vivaneau enregistre un taux d'erreur de 87 % (161 des 186 poissons vendus comme des snappers et collectés dans l'ensemble du pays n'en étaient finalement pas) tandis que le thon est mal étiqueté dans 59 % des cas (84 % des échantillons de thon blanc prélevés étaient en réalité de l'escolar, une espèce de poisson pouvant provoquer de graves troubles digestifs).

Entre 19 % et 38 % des morues, des flétans et des bars chiliens avaient aussi un étiquetage erroné, ajoute encore le rapport. Seul le saumon est mieux étiqueté, avec seulement 7 % de fraudes.

 

Cette vaste opération de substitution d'espèces prend plusieurs formes. On y retrouve des poissons d'élevage vendus comme des poissons sauvages, beaucoup plus coûteux (comme du pangasius vendu pour du mérou, de la sole ou de la morue). Des espèces surexploitées, vulnérables ou en péril vendues comme d'autres plus soutenables (par exemple du flétan de l'Atlantique à la place du flétan du Pacifique). Y figurent aussi des poissons déconseillés aux femmes enceintes et aux enfants par la FDA en raison de leur teneur élevée en mercure, comme le bar, commercialisés sous d'autres noms.

 

RESTAURANTS DE SUSHI ÉPINGLÉS


Au total, 44 % de tous les lieux de vente visités vendaient des poissons mal étiquetés. Dans le détail : les restaurants de sushi avaient le taux d'erreurs le plus élevé sur leur carte (74 %), suivi par d'autres restaurants (38 %) et les magasins d'alimentation (18 %). "Les traductions du japonais à l'anglais peuvent expliquer une partie des mauvais étiquetages trouvés dans les restaurants de sushi. Mais comme ces enseignes se développent dans le pays, les dénominations légales devraient être adoptées uniformément à l'échelle du territoire", assurent les chercheurs.

 

"Parce que notre étude se limite aux poissons vendus dans des points de vente au détail, nous ne pouvons pas dire exactement où l'activité frauduleuse s'est produite, explique le rapport. La chaîne mondiale d'approvisionnement des produits de la mer est des plus complexes et obscures. Avec une supervision et des inspections minimales du gouvernement fédéral alors que les importations augmentent, et sans tests ADN tout au long de la chaîne d'approvisionnement, il est difficile de déterminer si la fraude s'est produite sur le bateau, pendant le traitement des poisons, au niveau du gros, lors de la vente au détail ou ailleurs."


"JEU DE DEVINETTE POUR LES CONSOMMATEURS"


"Acheter du poisson est devenu un jeu de devinette pour les consommateurs américains, a commenté Beth Lowell, une responsable de Oceana, citée par l'AFP. Que vous viviez en Floride ou au Kansas, personne n'est à l'abri de fraude en achetant du poisson." Et d'ajouter, fataliste : "Il faudrait traquer les poissons du bateau de pêche jusqu'à la table du consommateur pour pouvoirêtre sûrs qu'ils sont sans danger, légaux et portent une étiquette les décrivant de façon exacte."


"Outre le fait d'être trompés, un grand nombre de consommateurs se voientnier le droit de choisir un poisson basé sur un souci de santé ou de préservation" pour des espèces menacées, déplore le Dr Kimberly Warner, un scientifique d'Oceana, le principal auteur de cette recherche.

 

Source: Le Monde

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