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Etre élevé par ses deux parents favoriserait le développement cérébral... chez la souris

Publié par wikistrike.com sur 6 Mai 2013, 20:56pm

Catégories : #Science - technologie - web - recherche

Etre élevé par ses deux parents favoriserait le développement cérébral... chez la souris


 

 

souris_rat_credits_alexk100_2.jpgLes souris élevées par leurs deux parents connaissent un développement neuronal plus important que les souris élevées par leurs mères uniquement. C'est en tout cas ce que suggère une étude menée par des biologistes canadiens.

Autant le dire tout de suite, le résultat de l'étude dont il est question ici est loin d'être anodin. Et pour cause, puisqu'il suggère que, chez la souris, le fait d'être élevé par ses deux parents est corrélé à un meilleur développement neuronal que dans le cas d'une éducation prodiguée par un parent seul, en l'occurence ici par la génitrice. Pour autant, il est impératif d'adopter la plus grande prudence face à ce type d'étude. Tout d'abord parce qu'il n'existe pas véritablement de précédent à cette étude : ce résultat devra donc être reproduit par d'autres expériences avant qu'il soit validé (et notamment en utilisant une puissance statistique plus élevée).

Mais aussi parce qu'il s'agit... de souris, et non d'êtres humains. Si une grande proximité génétique et biologique existe certes entre les souris et les hommes, un tel résultat ne peut toutefois être extrapolé tel quel à l'Homme, sans études préalables.

Ceci étant posé, penchons-nous maintenant sur l'objet de cette étude. De quoi s'agit-il au juste ? Une expérience menée à l'Université de Calgary (Canada) sur 269 souris révèle que les souris élevées par leurs deux parents connaissent un développement neuronal plus important que les souris élevées par leurs mères uniquement. Un résultat troublant obtenu par quatre chercheurs canadiens, publié le 1er mai 2013 la revue en libre accès PLoS ONE au sein d'un article intitulé "Bi-Parental Care Contributes to Sexually Dimorphic Neural Cell Genesis in the Adult Mammalian Brain".

Pour parvenir à ce résultat, le biologiste Samuel Weiss (Université de Calgary, Canada) et ses collègues ont constitué plusieurs groupes de souris : certaines ont élevées jusqu'à l'âge adulte par leurs mères uniquement, alors que d'autres ont été élevées par leurs pères et leur mères.

Résultat ? Les chercheurs ont constaté que la neurogenèse (la neurogenèse est le processus qui conduit à la création de nouveaux neurones) était plus importante chez des souris élevées par leurs deux parents que chez celles qui avaient élevées seulement par leurs mères.

Autre constat intéressant : les scientifiques canadiens ont découvert que l'accentuation de ce processus de neurogenèse chez les souris élevées par leurs deux parents ne concernait pas les mêmes zones du cerveau selon que les enfants étaient des mâles ou des femelles.

Pour les mâles, l'accentuation de la production de neurones concerne plus particulièrement le gyrus denté, une zone du cerveau impliquée dans les processus d'apprentissage et de mémorisation.

En revanche, pour les femelles, cette meilleure aptitude à produire de nouveaux neurones s'est principalement matérialisée par la production plus importante de certaines cellules de la matière blanche (la substance blanche est une catégorie de tissu du système nerveux central, principalement composée de fibres nerveuses), appelées oligodendrocytes, dont les neurologues savent qu'elles jouent un rôle important dans les expériences sociales (consultez par exemple l'étude "A critical period for social experience-dependent oligodendrocyte maturation and myelination", publiée dans Science en 2012).

Enfin, il est à noter que les biologistes canadiens ont observé un fait inattendu : les souris, mâles comme femelles, ayant été élevées par une seule souris, mais dont les parents avaient chacun été élevés par leurs deux géniteurs ont également montré un accroissement de la neurogenèse. Comme si cette meilleure aptitude à produire des neurones avait « sauté » une génération…

Ces résultats sont-ils extrapolables à l'homme ? Si c'est bien évidemment la première question qui se pose à la lecture de cette étude, il est toutefois bien délicat de se prononcer à ce sujet. Tout ce que l'on peut pour l'instant déduire du troublant résultat obtenu par cette étude, est qu'il doit inciter à reproduire l'expérience sur d'autres populations de souris dans un premier temps. Et pourquoi pas, dans un second temps, sur l'Homme.

 

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