Femmes enceintes, les sondes d'échographie sont nettoyées qu’une fois par jour

 

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Amessi.org

Une nouvelle source d’infections nosocomiales vient d’être mise au jour. Selon une étude de médecins hygiénistes français, les sondes d’échographie sont peu ou pas désinfectées.

Pourtant, des solutions existent pour des examens propres

LES SONDES externes et internes d'échographie sont de véritables nids à bactéries

Et pour cause : elles ne sont nettoyées en profondeur qu’une fois par jour. Mieux vaut donc être le premier à passer son examen si l’on veut éviter d’attraper une infection nosocomiale ! C’est le résultat, assez inquiétant, d’une étude menée par le docteur Guillaume Kac, responsable de l’unité d’hygiène hospitalière de l’hôpital Georges-Pompidou, dévoilée hier à l’occasion des Journées françaises de radiologie.

Alexandra Echkenazi |

En France, 10 millions d’échographies sont pratiquées chaque année. Elles peuvent être externes (réalisées pour différents organes, avec une sonde que l’on fait passer sur la peau) ou internes (avec une sonde qui pénètre dans le vagin, pour les femmes enceintes, ou dans le rectum, pour les hommes qui ont des problèmes de prostate). Selon l’enquête du docteur Kac, les sondes utilisées pour faire des échographies externes sont colonisées par 7 % de bactéries pathogènes, c’est-à-dire que l’on ne trouve pas habituellement dans notre environnement.

 Un risque « acceptable »

En ce qui concerne les sondes à usage interne, beaucoup plus invasives que les précédentes, leur taux de contamination bactériologique est de 2,5 %. « Les bactéries détectées sont de toutes sortes : des plus courantes comme Escherichia coli, responsable d’infections urinaires, aux plus coriaces comme le staphylocoque doré ou Pseudomonas, responsable d’infections pulmonaires. Mais ce n’est pas tout. Il est fort probable que les sondes contiennent aussi des virus. Une étude est en cours », souligne le chercheur.

Le phénomène ayant été jusque-là peu ébruité, il n’a fait l’objet d’aucune surveillance. Il n’existe donc pas de données sur le nombre d’infections contractées suite à une échographie.

« Il y a des contaminations, c’est certain. Mais les patients, n’étant pas au courant du risque, n’attribuent pas l’origine de leur maladie à l’examen », affirme pour sa part le docteur Pierre Allouch, chef du service d’hygiène hospitalière aux hôpitaux de Versailles. « Nous dénonçons le problème depuis des années, mais rien n’est fait », déplore de son côté Alain-Michel Ceretti, président du Lien, qui lutte contre les infections nosocomiales.

 Au rang des accusés :

l’unique décontamination quotidienne pratiquée par les radiologues de ces appareils. « Pour aseptiser une sonde, il faut la passer dans une solution chimique durant trois quarts d’heure, explique Guillaume Kac. Les praticiens ne peuvent pas procéder à une telle décontamination entre deux patients. Ils se contentent donc de passer une lingette désinfectante, et d’utiliser des préservatifs à usage unique pour les sondes internes. Tout le monde sait que cela n’est pas suffisant pour tout éliminer. Mais le risque est considéré comme acceptable, car les bénéfices sont jugés plus importants. »

Sauf que les patients ne sont pas au courant de cette prise de risque. « C’est scandaleux. Qui accepterait au restaurant de manger dans une assiette qui a déjà servi ?

Jusqu’à présent, la lutte contre les infections nosocomiales s’est concentrée sur les hôpitaux et les opérations chirurgicales. Or, le risque existe aussi dans les cabinets des médecins de ville et des radiologues. Il ne faut pas affoler la population, mais sensibiliser les professionnels et faire changer les pratiques », martèle pour sa part Pierre Allouch.

source : http://www.leparisien.fr/societe/le...

 

Source: amessi.org

Tag(s) : #Santé - psychologie
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